Le dé­luge de San­ta Mar­ta

JO­NA­THAN CUSTEAU

Le Nouvelliste - - VOYAGES -

fau­drait faire le der­nier bout à pied.

Le chauf­feur, avec moi, a bra­vé les cordes qui tom­baient pour se bu­ter à un torrent bouillon­nant. La route, de­vant nous, était cou­pée par une ri­vière qui, de toute évi­dence, n’a pas l’ha­bi­tude de faire son lit à cet en­droit. Sur la rive op­po­sée, on aper­ce­vait la clô­ture de l’hô­tel. Il au­rait tou­te­fois été beau­coup trop pé­rilleux de ten­ter quoi que ce soit pour dor­mir dans le lit que j’avais ré­ser­vé.

Le conduc­teur de la ba­gnole jaune comme al­lié, je suis re­par­ti sur la route prin­ci­pale pour m’ar­rê­ter par­tout où le mot hô­tel avait été pla­car­dé dans l’en­trée.

Toc! Toc! Pas de ré­ponse. Ding! Dong! Pas de ré­ponse non plus.

À la cin­quième halte, au mo­ment d’ab­di­quer à nou­veau de­vant une pe­tite mai­son iden­ti­fiée comme Hos­tal El In­dio, une lu­mière s’est al­lu­mée. Un vieillard, une ser­viette au­tour de son corps presque nu, a dé­ver­rouillé. L’en­droit, qu’au­cun autre client n’avait trou­vé, n’était pas tout à fait prêt à re­ce­voir des vi­si­teurs. Vi­te­ment, l’homme a je­té des draps sur un lit en s’ex­cu­sant. Il s’est re­ti­ré pour pas­ser la nuit dans un ha­mac, sous une glo­riette si­tuée à l’ex­té­rieur.

J’étais fi­na­le­ment au sec, après avoir of­fert un gé­né­reux pour­boire au chauf­feur du taxi. Mais iro­ni­que­ment, par temps de grande pluie, cer­tains hô­tels, comme ce­lui où je me trou­vais, sont pri­vés... d’eau cou­rante.

— PHO­TO LA TRI­BUNE, JO­NA­THAN CUSTEAU

Le parc na­tio­nal de Tay­ro­na est très po­pu­laire, dans le nord de la Co­lom­bie, par­ti­cu­liè­re­ment pour ses plages.

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