La Main illu­mi­née pour 3 ans

Le Plateau - - LA UNE - Catherine.bouchard@tc.tc

Des or­ga­nismes com­mu­nau­taires du Pla­teau-Mont-Royal, ac­com­pa­gnés de la dé­pu­tée Fran­çoise Da­vid, dé­noncent le res­ser­re­ment des règles du Pro­gramme d’aide et d’ac­com­pa­gne­ment so­cial (PAAS), par le gou­ver­ne­ment pro­vin­cial.

Se­lon eux, le mi­nistre de la So­li­da­ri­té so­ciale, Sam Ha­mad, au­rait dé­ci­dé d’orien­ter le pro­gramme vers la ré­in­ser­tion à l’em­ploi plu­tôt que sur la ré­in­ser­tion so­ciale.

Le PAAS est un pro­gramme d’aide aux per­sonnes éloi­gnées du mar­ché du tra­vail, s’adres­sant aux gens avec des pro­blèmes phy­siques ou psy­cho­lo­giques. Les bé­né­fi­ciaires voient leur pres­ta­tion d’aide so­ciale bo­ni­fiée de 130$ par mois, en échange de 20 heures par se­maine à oeu­vrer dans un or­ga­nisme com­mu­nau­taire. Il vi­sait ini­tia­le­ment la ré­in­ser­tion so­ciale, de prime à bord, se­lon les or­ga­nismes com­mu­nau­taires et Qué­bec so­li­daire. Se­lon plu­sieurs re­grou­pe­ments d’or­ga­nismes oeu­vrant en san­té men­tale à Mon­tréal, le pro­gramme est pas­sé de 3627 par­ti­ci­pants en juillet 2013 à 2617 en juillet 2015, une baisse de 28%, alors que les be­soins ne cessent de croître.

«Il n’y a pas eu de chan­ge­ments dans les cri­tères, mais nous avons ef­fec­ti­ve­ment de­man­dé à ce que l’ap­pli­ca­tion de ceux-ci soit res­ser­rée. C’est un pro­gramme de pré­em­ploya­bi­li­té et non de ré­in­ser­tion so­ciale. Nous dis­cu­tons tou­te­fois ac­tuel­le­ment avec le mi­nis­tère des Ser­vices so­ciaux pour trou­ver des so­lu­tions pour les per­sonnes qui ne cadrent pas avec ce pro­gramme et qui ont be­soin de ré­in­ser­tion so­ciale», in­dique l’at­ta­chée du mi­nistre Ha­mad, Cyn­thia Saint-Hi­laire. Se­lon elle, d’autres fa­çons de faire sont ac­tuel­le­ment étu­diées.

Inad­mis­sible

Pour Mme Da­vid, il est inad­mis­sible de mo­di­fier les règles d’un pro­gramme qui fonc­tion­nait bien.

«Il y a des places dis­po­nibles dans les or­ga­nismes qui ne sont pas com­blées. Ça ap­pau­vrit da­van­tage ces per­sonnes vul­né­rables et ça ap­pau­vrit les or­ga­nismes. Je donne la note de 0% au mi­nistre!», s’est ex­cla­mée la dé­pu­tée de Gouin, en confé­rence de presse, le 15 oc­tobre.

L’or­ga­nisme Le Dé­click, au li­mite des ar­ron­dis­se­ments Ville-Ma­rie et Pla­teau-Mont-Royal, qui offre aux per­sonnes vi­vant des troubles psy­chia­triques sé­vères de l’ap­pui et des for­ma­tions pour l’at­teinte de leurs ob­jec­tifs so­ciaux et pro­fes­sion­nels, perd des postes du PAAS.

«On avait 53 postes du PAAS et on est ren­du à 46 places, mais les cri­tères sont ren­dus tel­le­ment sé­vères qu’on a seule­ment 32 per­sonnes qui oeuvrent avec nous. On ne par­vient plus à com­bler les places dis­po­nibles et le Centre lo­cal d’em­ploi ne nous en ré­fère plus», ex­plique Étienne Émond du Dé­click.

Même son de cloche du cô­té de Dî­ners Saint-Louis, où les postes sont pas­sés de quatre à zé­ro en dé­cembre 2014.

«Une de nos par­ti­ci­pantes est par­tie en pleu­rant lors­qu’elle a ap­pris qu’on nous sup­pri­mait les postes. Ils ont per­du un mi­lieu de vie! Ça per­met­tait aus­si aux or­ga­nismes de com­bler des be­soins en per­son­nel. C’était ga­gnant­ga­gnant», af­firme Mi­chelle Du­chesne, de Dî­ners Saint-Louis.

Le manque de par­ti­ci­pants a aus­si pour consé­quence de di­mi­nuer le nombre d’in­ter­ve­nants dans les or­ga­nismes.

«C’est très dur d’in­té­grer des nou­veaux par­ti­ci­pants. On a dû sup­pri­mer un poste d’in­ter­ve­nant, parce qu’on est pas­sé de 16 à 12 par­ti­ci­pants», in­dique Re­né Ca­ron, de Main forte, dans Ro­se­mont–La Pe­tite-Pa­trie.

(Pho­to TC Me­dia – Catherine Bouchard)

Plu­sieurs groupes com­mu­nau­taires, ac­com­pa­gnés par la dé­pu­tée de Qué­bec so­li­daire, Fran­çoise Da­vid, ont dé­non­cé le res­ser­re­ment des règles du Pro­gramme d’aide et d’ac­com­pa­gne­ment so­cial du mi­nis­tère de la So­li­da­ri­té so­ciale.

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.