Le trot­toir étroit sème la grogne

Ob­jet d’une plainte à l'om­buds­man de Mon­tréal

Le Plateau - - LA UNE - ca­the­rine.bou­chard@tc.tc

Le mi­ni- trot­toir de la rue De Bré­beuf re­pré­sente «un dan­ge­reux pré­cé­dent», se­lon un or­ga­nisme de dé­fense des droits des per­sonnes à mo­bi­li­té ré­duite, qui compte dé­po­ser une plainte à l’Om­buds­man de Mon­tréal, Jo­hanne Sa­vard, la se­maine pro­chaine.

«C’est épou­van­table. Il faut frei­ner l’hé­mo­ra­gie » , s’in­digne la pré­si­dente du Re­grou­pe­ment des ac­ti­vistes pour l’in­clu­sion au Qué­bec (RAPLIQ), Linda Gau­thier.

Le mi­ni-trot­toir ré­sulte d’une ten­ta­tive du maire De­nis Co­derre de pré­ser­ver les es­paces de sta­tion­ne­ment, sé­cu­ri­ser la piste cy­clable et conser­ver un trot­toir.

Cet amé­na­ge­ment est trop étroit pour les per­sonnes à mo­bi­li­té ré­duite, se­lon le RAPLIQ.

«On es­père que Me Sa­vard émet­tra un blâme contre l’ad­mi­nis­tra­tion Co­derre. Il ne faut pas créer un pré­cé­dent», avance Mme Gau­thier.

Ce der­nier avait af­fir­mé en confé­rence de presse, la se­maine der­nière, que les gens pou­vaient em­prun­ter le trot­toir de l’autre cô­té de la rue, la piste cy­clable pour les fau­teuils rou­lants et le sen­tier dans le parc.

«Ce trot­toir, c’est tel quel, mais si on ac­cepte ce­la, qu’est-ce qui les em­pêche de faire pa­reil sur le bord du parc La Fon­taine ou de tout autre en­droit à Mon­tréal», ques­tionne Mme Gau­thier.

Par le pas­sé, se­lon Mme Gau­thier, les plaintes à la Com­mis­sion des droits de la per­sonne ont don­né très peu de résultats.

«On réus­sit tou­jours à dé­mon­trer les fac­teurs dis­cri­mi­na­toires, mais on a dû mal à dé­mon­trer le vo­let ac­com­mo­de­ment rai­son­nable sans contraintes ex­ces­sives», éla­bore Mme Gau­thier.

Un trot­toir beau­coup trop étroit

L’or­ga­nisme de dé­fense des droits des per­sonnes à mo­bi­li­té ré­duite, Ex ae­quo, si­tué dans Le Pla­teau-Mont-Royal, ne pré­voit pas, dé­po­ser de plainte, mais in­dique qu’il ten­te­ra de sen­si­bi­li­ser les élus et l’ad­mi­nis­tra­tion à ce «non-trot­toir».

«On oeuvre de fa­çon plus sub­tile, mais on fait avan­cer nos dos­siers», sou­ligne le conseiller en ac­ces­si­bi­li­té ar­chi­tec­tu­rale et ur­baine d’Ex ae­quo, Luc For­get.

Se­lon lui, un trot­toir de 70 cen­ti­mètres ne peut être qua­li­fié de trot­toir.

«C’est beau­coup trop étroit. C’est la lar­geur d’un fau­teuil rou­lant. La lar­geur stan­dard d’un trot­toir à Mon­tréal, c’est 150 cen­ti­mètres», conti­nue M. For­get.

En ver­tu du nou­veau rè­gle­ment de l’ag­glo­mé­ra­tion de Mon­tréal, les per­sonnes en fau­teuil rou­lant peuvent se dé­pla­cer dans les pistes cy­clables. Ce­la ne règle tou­te­fois pas le pro­blème de l’en­semble des per­sonnes à mo­bi­li­té ré­duite af­firme M. For­get.

«Les per­sonnes avec un pro­blème de mo­bi­li­té am­bu­lante (avec une canne par exemple), avec un pro­blème vi­suel ou en­core même les fa­milles avec une pous­sette ne peuvent se dé­pla­cer dans la piste. C’est cer­tain que l’été pro­chain, les gens vont dé­am­bu­ler au mi­lieu de la voie cy­clable ou dans le parc, plu­tôt que sur le mi­ni- trot­toir, car il ne ré­pond pas aux be­soins», conclut M. For­get.

L’Om­buds­man de Mon­tréal, Jo­hanne Sa­vard, af­firme qu’elle étu­die­ra la plainte une fois dé­po­sée.

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