Pro­to­cole de­man­dé

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La Com­mis­sion sco­laire Mar­gue­rite-Bour­geoys (CSMB) laisse, quant à elle, aux di­rec­tions de ses 97 écoles le choix d’in­ter­dire ou pas des ali­ments al­ler­gènes. Dans les faits, la ma­jo­ri­té de ses éta­blis­se­ments pri­maires ne to­lèrent pas la pré­sence d’ara­chides et de noix dans les boîtes à lunch des élèves. «Ce n’est pas un grand com­pro­mis pour les pa­rents, ré­sume la porte-pa­role Gi­na Guille­mette. Ceux qui n’ont pas d’en­fants al­ler­giques com­prennent qu’il y en a d’autres au­tour qui le sont. On pense donc que c’est la res­pon­sa­bi­li­té de tous et on fait de la pré­ven­tion. Mais on conti­nue quand même avec une pos­si­bi­li­té d’in­ter­dic­tion.»

Des me­sures sont ain­si mises en place pour pa­rer à d’éven­tuels in­ci­dents. «Le per­son­nel est for­mé pour pou­voir in­ter­ve­nir, il y a le la­vage des mains avant et après les re­pas et le la­vage des tables entre deux ser­vices de dî­ner», pour­suit-elle.

La sé­cu­ri­té d’abord

Du cô­té d’Al­ler­gies Qué­bec, on es­time que le choix des écoles de ban­nir ou non des al­ler­gènes im­porte moins que la mise en place, dans tous les cas, de me­sures ga­ran­tis­sant la sé­cu­ri­té des en­fants al­ler­giques.

«Hon­nê­te­ment, après plu­sieurs con­ver­sa­tions avec la CSDM, je pense qu’ils font vrai­ment un ef­fort de ges­tion des al­ler­gies, es­time Do­mi­nique Sei­gneur, di­rec­trice des com­mu­ni­ca­tions. Ils nous ont même de­man­dé de re­gar­der notre pro­jet-pi­lote sur cette ques­tion.»

La propre fille de Do­mi­nique Sei­gneur a d’ailleurs dé­jà fait un choc ana­phy­lac­tique après avoir re­çu, à la gar­de­rie, un verre de lait sur la peau. «Mal­gré ce qui est ar­ri­vé à mon en­fant, je ne pense pas que le re­trait des al­ler­gènes soit une so­lu­tion à long terme. Il y en a tel­le­ment que ça de­vient un casse-tête. Et pour les en­fants al­ler­giques, ça peut être une fausse me­sure de sé­cu­ri­té si elle n’est pas ap­pli­quée à la lettre.»

Des avis par­ta­gés chez les pa­rents

Si les fa­çons de gé­rer les al­ler­gies ali­men­taires dif­fèrent d’une com­mis­sion à l’autre, les avis sont éga­le­ment par­ta­gés du cô­té des pa­rents d’en­fants al­ler­giques. TC Me­dia a son­dé quelques ma­mans de la ré­gion mont­réa­laise.

Bien que son en­fant de sept ans qui fré­quente une école de la CSDM sur le Pla­teau-Mont-Royal soit al­ler­gique aux noix, Na­ta­lia Acu­na est à l’aise avec le fait que l’éta­blis­se­ment ne ga­ran­tisse pas un en­vi­ron­ne­ment sans al­ler­gène. «Mon fils est très sen­si­bi­li­sé. Il a fait un choc ana­phy­lac­tique à l’âge de six ans, donc il est trau­ma­ti­sé par cet épi­sode et prend plus de pré­cau­tions de lui-même», af­firme Mme Acu­na, qui croit que la ges­tion des al­ler­gies de son en­fant re­lève da­van­tage de sa res­pon­sa­bi­li­té.

Un point de vue par­ta­gé par Ju­lie Bra­dette, dont le fils de 10 ans, al­ler­gique aux ara­chides et aux noi­settes, est sco­la­ri­sé à la Com­mis­sion sco­laire des Af­fluents, dans La­nau­dière. Alors que son école ne to­lère pas les noix et les ara­chides dans les boîtes à lunch, cette ma­man sou­tient que tout doit com­men­cer à la mai­son, par exemple «en ex­pli­quant aux en­fants leur condi­tion mé­di­cale pour qu’ils puissent bien fonc­tion­ner en­suite en so­cié­té».

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