LA GÉ­NÉ­REUSE INI­TIA­TIVE DES «CA­FÉS EN AT­TENTE»

Plu­sieurs éta­blis­se­ments adoptent le concept «ca­fés en at­tente» dans le Pla­teau-Mont-Royal. Cette ini­tia­tive per­met de pré­payer un ca­fé ou autres pro­duits pour une per­sonne qui en au­rait be­soin.

Le Plateau - - LA UNE - CHAR­LOTTE LO­PEZ char­lotte.lo­pez@tc.tc

Es­pres­so, ca­fé au lait, brioche à tête ou crois­sant : les per­sonnes avec peu de moyens peuvent pro­fi­ter de la gé­né­ro­si­té de la com­mu­nau­té du quar­tier pour se nour­rir dans cette bou­lan­ge­rie bien connue du Mile End.

Cette ini­tia­tive est à l’ori­gine une tra­di­tion de so­li­da­ri­té, pra­ti­quée dans les bars de Naples, en Ita­lie. Ce­la consiste donc à com­man­der un ca­fé et à en payer deux, un pour soi et un autre pour un client qui pour­rait en avoir be­soin plus tard.

Bien­tôt sept com­merces par­ti­ci­pants dans Le Pla­teau

Le concept a été lan­cé à Mon­tréal en 2013, mais a été lais­sé tom­ber quelque temps après, par un manque de sui­vi au­près des com­mer­çants. Un groupe de ci­toyens a de­puis re­pris le pro­jet il y a deux ans, ex­plique Va­len­tin Ber­nard, un des bé­né­voles du mou­ve­ment Ca­fés en at­tente.

« Je pense que c’est im­por­tant d’avoir ac­cès à une bois­son chaude à l’ex­té­rieur, sur­tout en hiver, mais tout le monde ne peut pas se le per­mettre, ex­plique-t-il. Ca­fés en at­tente c’est aus­si une sorte de banque de dé­pan­nage si une per­sonne ou­blie son por­te­feuille ou n’a pas le mon­tant exact pour se payer un ca­fé. »

Va­len­tin et son équipe vont à la ren­contre de com­mer­çants de Mon­tréal pour leur pro­po­ser l’ini­tia­tive. « En un an, on est pas­sé de cinq à 20 com­merces par­ti­ci­pants. Ré­cem­ment, nous avons été mis en re­la­tion avec 50 res­tau­rants ita­liens. Nous al­lons les ren­con­trer dans les mois à ve­nir pour les ajou­ter sur notre site Web et notre carte interactive, dont sept dans Le Pla­teau-Mont-Royal »,ex­plique M. Ber­nard.

« Concept à amé­lio­rer »

« C’est un très bon concept qui per­met d’ai­der les gens dans le be­soin. Les clients adorent l’idée et sont nom­breux à par­ti­ci­per de­puis que l’on a com­men­cé », lance Jo­na­than Rah­ma­ni, pro­prié­taire de Brioche à tête.

Il trouve ce­pen­dant dom­mage de voir que cer­taines per­sonnes pro­fitent de cette ini­tia­tive pour prendre un ca­fé ou une vien­noi­se­rie gra­tui­te­ment, alors que, vi­si­ble­ment, ils en ont les moyens, ex­plique-t-il.

Va­len­tin Ber­nard ex­plique que le but est d’être in­clu­sif et d’ai­der tous les hu­mains afin de créer une so­li­da­ri­té dans les quar­tiers. Se­lon lui, c’est aus­si aux com­mer­çants d’éta­blir leurs règles en men­tion­nant aux gens que ces ca­fés sont pour des per­sonnes qui en ont vrai­ment be­soin.

(PHO­TO CHAR­LOTTE LO­PEZ/TC ME­DIA)

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