Des pro­prié­taires de bars du Pla­teau res­tent mé­fiants

Le Plateau - - NEWS - QUEN­TIN PARISIS

Les bars du Pla­teau ont tout ten­té pour convaincre le gou­ver­ne­ment du Qué­bec de re­ve­nir sur le pro­jet de loi 170, mais ce­lui-ci a fi­na­le­ment été adop­té le 12 juin der­nier.

Le point cen­tral du mé­con­ten­te­ment ré­side dans la pos­si­bi­li­té ac­cor­dée aux res­tau­ra­teurs de ser­vir de l’al­cool à une table qui ne consomme pas de nour­ri­ture.

«Qu’on m’ex­plique la dif­fé­rence entre un restaurant qui ne sert que de l’al­cool et un bar » s’in­surge le gé­rant de la rhu­me­rie Bar­ra­ca, sur l’ave­nue du Mont-Royal.

Cette nou­velle pos­si­bi­li­té est vue comme un ca­deau fait aux res­tau­ra­teurs par le gou­ver­ne­ment, face à des dé­bits de bois­son tou­jours sou­mis aux mêmes ré­gle­men­ta­tions.

« Tu veux que les gens dansent, il faut un per­mis. Tu veux une ma­chine Lo­to-Qué­bec, il faut un per­mis. Tu veux des dan­seuses, il faut un per­mis. Mais tu es un restaurant et tu veux de­ve­nir un bar, alors là c’est cor­rect » per­sifle-t-on à la rhu­me­rie.

Au Billy Kün, tou­jours sur l’ave­nue du Mont-Royal, Fa­bien La­caille n’est pas plus heu­reux.

Pour lui, l’autorisation d’ac­cueillir des pa­rents avec des en­fants mi­neurs en ter­rasse jusque 22h – une nou­veau­té pré­sente dans la Loi 170 – n’est pas un bien­fait.

«Je ne suis même pas sûr de les ac­cep­ter mal­gré la loi. Ima­gi­nez des gens qui font le par­ty, qui boivent des shoo­ters, est-ce que la pe­tite fa­mille à cô­té va trou­ver ça bien? Même mo­ra­le­ment, la place des en­fants n’est pas en ter­rasse à 22h» ex­plique l’en­tre­pre­neur.

En outre, alors que l’at­tri­bu­tion d’un per­mis d’al­cool est sou­mise à une en­quête sur les po­ten­tiels an­té­cé­dents cri­mi­nels du re­qué­rant, les règles pour les res­tau­rants sont « plus souples » et il semble peu pro­bable aux yeux de Fa­bien La­caille que les au­to­ri­tés aient le temps d’en­quê­ter pour tous les res­tau­rants.

Il a bien ten­té avec d’autres te­nan­ciers de bars d’aler­ter les pou­voirs pu­blics, no­tam­ment l’ar­ron­dis­se­ment et Pro­jet Mon­tréal, mais il as­sure ne pas avoir re­çu de sou­tien dans sa dé­marche. Des li­mites existent tou­jours

Le conseiller du Pla­teau Alex Nor­ris tem­père ce­pen­dant cette af­fir­ma­tion.

Le conseiller s’est oc­cu­pé de ce dos­sier et il a été en con­tact avec le pa­tron du Saint-Sa­cre­ment, Pierre Thi­bault, au coeur de la contes­ta­tion.

Alex Nor­ris rap­pelle que la ville de Mon­tréal a dé­po­sé un mé­moire à l’As­sem­blée na­tio­nale, dans le­quel il men­tionne cer­taines craintes au­tour des pos­sibles nui­sances sup­plé­men­taires.

Il ex­plique par ailleurs que la lé­gis­la­tion per­met de main­te­nir un cer­tain cadre.

Alex Nor­ris cite par exemple la ré­gle­men­ta­tion au­tour des heures d’ou­ver­ture pour in­ci­ter les res­tau­ra­teurs à le res­ter. Les pre­miers mois d’ap­pli­ca­tion de cette nou­velle loi per­met­tront d’en ob­ser­ver plus pré­ci­sé­ment les réelles consé­quences.

ARCHIVES

Les bars vont pou­voir ac­cueillir des fa­milles sur leurs ter­rasses jus­qu’à 22h, mais cette pos­si­bi­li­té n’ef­face pas l’hos­ti­li­té des pa­trons de bar face à la nou­velle loi.

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