Une ci­toyenne de Ville­ray amasse des dons pour les plus dé­mu­nis

Une ré­si­dente du quar­tier Ville­ray a dé­ci­dé de contrer le gas­pillage et d’ai­der son pro­chain en re­dis­tri­buant vê­te­ments, nour­ri­tures et autres aux gens dans le be­soin.

Le Progrès Villeray - - NEWS - VA­NES­SA Hé­BERT va­nes­sa.he­bert@tc.tc

Tout ça a com­men­cé avec la bi­blio­thèque com­mu­nau­taire qu’elle a éri­gée sur son per­ron, il y a trois ans.

Puis, en jan­vier 2017, elle a dé­ci­dé d’ajou­ter le fri­go com­mu­nau­taire, alors qu’elle ma­ga­si­nait pour son propre ré­fri­gé­ra­teur.

« Ça m’est ve­nu sur un coup de tête. J’ai ache­té mon fri­go, mais j’en ai aus­si ache­té deux autres, en plus d’un congé­la­teur », ex­plique Jo­hanne Bé­lan­ger, men­tion­nant qu’il n’y a pas beau­coup de fri­gos com­mu­nau­taires à Mon­tréal, et qu’elle ai­mait l’idée.

Fi­na­le­ment, de­puis sep­tembre, elle a ajou­té le vo­let vê­te­ments et ob­jets, clas­sés par types de vê­te­ments (tailles plus, vê­te­ments d’hi­ver, etc.). Ceux-ci oc­cupent l’en­tiè­re­té de son sous-sol, alors que la nour­ri­ture oc­cupe une bonne por­tion du pre­mier étage.

Or­ga­ni­sa­tion

« Il faut que je sois très or­ga­ni­sée, mais je n’ai pas de dif­fi­cul­té à gé­rer tout ça », confie ma­dame Bé­lan­ger. Elle es­saie tou­jours que le nombre de gens qui viennent cher­cher soit sem­blable au nombre de gens qui viennent don­ner, afin d’avoir un équi­libre.

Elle ac­cepte tous les dons, al­lant de la nour­ri­ture aux vê­te­ments en pas­sant par les livres, la vais­selle et les pro­duits d’hy­giène. La seule chose qu’elle n’ac­cepte pas, ce sont les gros meubles, par manque d’es­pace.

Pour les gens qui viennent cher­cher, tout est com­plè­te­ment gra­tuit, la seule ex­cep­tion étant le fri­go com­mu­nau­taire.

« Je de­mande une contri­bu­tion d’un dol­lar. Cet ar­gent me sert en­suite à al­ler ache­ter cer­tains items à l’épi­ce­rie, comme du beurre d’ara­chides ou de la sauce à spa­ghet­ti », dit-elle.

En plus des contri­bu­tions des ci­toyens, Jo­hanne Bé­lan­ger peut aus­si comp­ter sur l’aide de dif­fé­rentes bou­lan­ge­ries et frui­te­ries qui lui donnent ce qu’ils jet­te­raient nor­ma­le­ment à la fin de la

« J’ai tou­jours eu ça en moi, ça fait par­tie de ma na­ture. J’ai aus­si tra­vaillé dans le mi­lieu com­mu­nau­taire. C’est gra­ti­fiant. Je me couche le soir et je suis contente. » Jo­hanne Bé­lan­ger

jour­née, mais qui est tou­jours bon.

« Cer­tains d’entre eux ont en­ten­du par­ler de moi par des gens qui viennent cher­cher des dons. »

Grand be­soin

Elle ex­plique que l’acha­lan­dage dé­pend des se­maines, mais que gros­so mo­do, il doit y avoir une di­zaine de per­sonnes par se­maine. « La pre­mière se­maine, il doit y avoir en­vi­ron 300 mor­ceaux de linge qui sont par­tis. »

Au­tant pour les vê­te­ments que la nour­ri­ture, elle sou­ligne qu’elle ne fait pas de dis­cri­mi­na­tion, car le vi­sage de la pau­vre­té a beau­coup chan­gé. Et même si elle est si­tuée dans Ville­ray, son ini­tia­tive est ou­verte à tout Mon­tréal.

Au fil du temps, elle connaît de plus en plus les gens qui viennent la vi­si­ter. Plu­sieurs viennent pour la toute pre­mière fois, mais cer­tains sont plus ré­gu­liers. « Ça m’amène un cô­té so­cial qui me man­quait, de­puis que je ne peux plus tra­vailler », confie-t-elle.

Pour­quoi avoir dé­ci­dé de don­ner aux autres?

Ma­dame Bé­lan­ger ex­plique que ce sont les va­leurs avec les­quelles elle a été éle­vée.

Pour le fri­go com­mu­nau­taire, il faut contac­ter Jo­hanne Bé­lan­ger sur le groupe Fa­ce­book « Fri­go com­mu­nau­taire La Mie de Jarry ». Pour les vê­te­ments, c’est sur le groupe « Dis­tri­buDons »

(PHO­TO VA­NES­SA Hé­BERT/Mé­TRO ME­DIA)

Jo­hanne Bé­lan­ger dé­die son temps et son do­mi­cile au sto­ckage de dons qu’elle re­dis­tri­bue à ceux qui en ont be­soin.

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