Vent de fraî­cheur

Le Progrès Weekend - - ÉDITORIAL -

ques­tions alors que cette réunion s’est presque te­nue dans le se­cret et que même les con­seillers pré­sents n’ont eu que 24 heures d’avis. Be­noît-Ro­bin Les­sard

Un vent de fraî­cheur souffle sur le Col­lège des mé­de­cins du Qué­bec (CMQ). Quel plai­sir de lire les pro­pos du nou­veau pré­sident de cette ins­ti­tu­tion. À peine élu, le Dr Mau­ril Gau­dreault dit vou­loir mettre l’ac­cent sur l’im­por­tance de l’as­pect col­lec­tif de la pro­fes­sion mé­di­cale. Le pro­fes­sion­na­lisme et le res­pect du contrat so­cial vont main­te­nant être au coeur des dé­bats !

Une évo­lu­tion in­évi­table, que pré­co­nise de­puis des an­nées l’As­so­cia­tion mé­di­cale du Qué­bec (AMQ). Dès 2013, notre as­so­cia­tion a dé­ci­dé de lan­cer des re­cherches et des tra­vaux en voyant mon­ter la contes­ta­tion tant en ma­tière de ré­mu­né­ra­tion des mé­de­cins que d’ac­ces­si­bi­li­té aux soins. Une ré­flexion qui a me­né à la pu­bli­ca­tion de deux rap­ports, l’un sur le contrat so­cial qui lie les mé­de­cins et la po­pu­la­tion ain­si qu’un autre sur le pro­fes­sion­na­lisme.

Pour un mé­de­cin, prendre soin de son pa­tient est une évi­dence dès sa for­ma­tion. Être pro­fes­sion­nel nous ra­mène aux com­pé­tences que nous avons ac­quises, mais il y a aus­si une autre di­men­sion : nous avons un en­ga­ge­ment col­lec­tif en­vers la so­cié­té. Si les mé­de­cins ne par­ti­cipent pas à la ges­tion des éta­blis­se­ments ain­si qu’à la dé­fi­ni­tion des ser­vices de san­té né­ces­saires aux be­soins de la po­pu­la­tion, d’autres s’en char­ge­ront et pas for­cé­ment pour le mieux des pa­tients. Lors d’une tour­née pro­vin­ciale sur le pro­fes­sion­na­lisme en 2017, l’AMQ a pu consta­ter que la grogne couve chez les mé­de­cins. À titre in­di­vi­duel, ils savent la va­leur de leur rôle, mais col­lec­ti­ve­ment, ils ont du mal à se re­con­naître dans ce qu’est de­ve­nue leur pro­fes­sion. Cette pro­blé­ma­tique n’est pas seule­ment qué­bé­coise. L’As­so­cia­tion mé­di­cale ca­na­dienne, elle aus­si, a en­tre­pris de­puis quelques an­nées des tra­vaux sur le pro­fes­sion­na­lisme.

Nous sommes à la croi­sée des che­mins. Le gou­ver­ne­ment et la pro­fes­sion mé­di­cale semblent constam­ment en conflit et pen­dant ce temps, le contrat so­cial qui lie les mé­de­cins et la po­pu­la­tion conti­nue de s’ef­fri­ter. La pro­fes­sion mé­di­cale doit prendre son rôle de lea­der­ship dans l’or­ga­ni­sa­tion et l’amé­lio­ra­tion des ser­vices de san­té à la po­pu­la­tion pour as­su­mer sa res­pon­sa­bi­li­té col­lec­tive.

Pré­cur­seur dans ce dé­bat, l’AMQ, qui contri­bue à la dif­fu­sion de pra­tiques pro­fes­sion­nelles et or­ga­ni­sa­tion­nelles in­no­vantes, ne peut qu’ap­puyer le Col­lège dans sa vo­lon­té d’une plus grande ou­ver­ture. En­semble, nous pou­vons agir pour amé­lio­rer l’or­ga­ni­sa­tion du sys­tème de san­té, re­cen­trer nos soins sur les be­soins de nos pa­tients et re­trou­ver le plai­sir de faire de la mé­de­cine per­ti­nente et ef­fi­cace. C’est l’es­sence du pro­fes­sion­na­lisme. Dr Hu­go Viens, B. Sc., M.D., FRCSC

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