TOUT MI­SER SUR LE VÉ­GÉ-P­TÉ

Le Progrès Weekend - - RÉGAL ET RESTOS - KA­RINE TREM­BLAY

pour­raient do­ré­na­vant trou­ver le sa­vou­reux pro­duit.

«Pe­tit à pe­tit, pour ré­pondre à cette de­mande, j’ai dé­ve­lop­pé la com­mer­cia­li­sa­tion du vé­gé­pâ­té Bio-Bon», ré­sume l’en­tre­pre­neure, qui a aus­si te­nu les rênes d’une bou­lan­ge­rie à Comp­ton pen­dant de nom­breuses an­nées, jus­qu’à ce que le rythme de­vienne in­te­nable.

«Je me le­vais la nuit pour faire le pain, je tra­vaillais le jour. C’était trop.»

En 2012, elle a choi­si de fer­mer bou­lange et de tout mi­ser sur son pâ­té vé­gé­tal en em­mé­na­geant dans de nou­veaux lo­caux, à Coa­ti­cook.

«Au dé­but, on a pris deux des quatre lo­caux du Mo­tel agroa­li­men­taire. On se de­man­dait com­ment on fe­rait pour oc­cu­per l’es­pace. Au­jourd’hui, on se dé­ploie dans les quatre pièces. Et on manque de place!»

PAS QUE POUR LES VÉGÉS

Chaque se­maine, c’est en­vi­ron 10 000 vé­gé-pâ­tés qui sortent des fours de Bio-Bon. Le pro­duit à base de lé­gumes et de graines de tour­ne­sol est ven­du dans les ma­ga­sins d’ali­ments na­tu­rels au­tant que dans les grandes ban­nières d’ali­men­ta­tion. Et il ne plaît pas qu’aux vé­gé­ta­riens.

«Les gens sont sou­vent éton­nés quand je leur dis que moi, per­son­nel­le­ment, je ne suis pas vé­gé­ta­rienne. Au dé­part, je ne voyais d’ailleurs pas mon vé­gé-pâ­té comme un pro­duit vé­gé. J’ai dé­ve­lop­pé ma re­cette en vou­lant qu’elle soit aus­si sa­tis­fai­sante pour ceux qui mangent de la viande que pour ceux qui n’en consomment pas.»

La par­tie n’était pas ga­gnée d’avance. Parce que les sa­veurs étaient au ren­dez-vous, mais les consom­ma­teurs étaient par­fois fri­leux.

«J’ai beau­coup tra­vaillé en dé­gus­ta­tion pour faire dé­cou­vrir le vé­gé-pâ­té, se sou­vient Pas­quale. Avec l’in­té­rêt gran­dis­sant des gens pour le vé­gé­ta­risme et le vé­gé­ta­lisme, ces der­nières an­nées, il y a moins de pré­ju­gés, mais pen­dant long­temps, plu­sieurs étaient ré­ti­cents à prendre une bou­chée dès lors qu’on pro­non­çait le mot vé­gé.»

Les temps changent. Le terme ne fait plus peur à grand monde. Et les tests de goût suf­fisent à convaincre même les plus ré­frac­taires.

«On fait un pro­duit haut de gamme, sans ja­mais lé­si­ner sur la qualité des in­gré­dients qu’on uti­lise, sans faire de com­pro­mis. J’ai un grand res­pect pour les pro­duc­teurs agri­coles, je connais per­son­nel­le­ment mes four­nis­seurs. On a aus­si la cer­ti­fi­ca­tion Eco-Cert, on a ce sou­ci d’être une en­tre­prise éco­res­pon­sable.»

Of­fert en ver­sion «tra­di­tion­nelle» et sans glu­ten, le pro­duit ve­dette de la com­pa­gnie conti­nue de faire de nou­veaux adeptes.

«Les wraps végés de la chaine Van Houtte sont pré­pa­rés avec notre vé­gé-pâ­té. On peut comp­ter sur un bon ré­seau de dis­tri­bu­tion dans l’en­semble du Qué­bec, on a même un point de vente à To­ron­to. Le mar­ché d’ici n’est pas sa­tu­ré, on a en­core du ter­rain pour faire gran­dir l’en­tre­prise avant de vi­ser le ter­ri­toire ca­na­dien, ce qui vien­dra peut-être.»

Pour pour­suivre sa crois­sance, l’en­tre­prise de­vra tou­te­fois dé­mé­na­ger à nou­veau.

«Le pro­chain dé­fi qui nous at­tend, c’est ce­lui de pas­ser d’un mode ar­ti­sa­nal à un mode in­dus­triel afin de pou­voir ré­pondre à la de­mande. C’est un gros vi­rage, mais mon but et ma mis­sion d’en­tre­prise ne chan­ge­ront pas. Je suis très exi­geante à ce cha­pitre parce que de­puis le tout dé­but, ce que je sou­haite avec mon en­tre­prise, c’est nour­rir les gens avec des ali­ments sains et bons au goût.»

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