Une pas­sion agri­cole hé­ré­di­taire

Le Progres de Coaticook - - Actualités - CHARLES-AN­TOINE RON­DEAU charles-an­toine.ron­deau@tc.tc

RÉUS­SITE. Dé­mar­rée il y a plus de 40 ans, l’en­tre­prise agri­cole d’Alain Bouf­fard et Pau­line Car­rier, Bouf­fard et cie, est un bel exemple de réus­site dans la ré­gion. En plus d’avoir su se re­nou­ve­ler au fil des ans, les co­pro­prié­taires ont réus­si l’ex­ploit d’im­pli­quer une di­zaine de leurs 12 en­fants, di­rec­te­ment ou in­di­rec­te­ment, dans la ferme fa­mi­liale.

Tout a com­men­cé vers la moi­tié des an­nées 1970, alors que le couple s’est ma­rié et a ac­quis les fermes de cha­cun de leurs pa­ter­nels à quelques mois d’in­ter­valle. «Au dé­part, j’ai ache­té la ferme de mon père, à Barns­ton-Ouest, et j’ai ma­rié la voi­sine. Je dis sou­vent en blague que j’ai ache­té la terre et que la fille ve­nait avec», lance M. Bouf­fard en sou­riant.

Ce der­nier af­firme qu’au dé­part, il a craint que la pas­sion qui l’ha­bi­tait lui fasse man­quer l’en­fance de ses en­fants. «J’avais ter­ri­ble­ment d’am­bi­tion, jus­qu’à ce que les en­fants com­mencent à al­ler à l’école. Je trou­vais que la ferme pre­nait trop d’im­por­tance, mais fi­na­le­ment, ça s’est fait na­tu­rel­le­ment», ex­plique-t-il.

Mme Car­rier ren­ché­rit, fai­sant va­loir qu’au contraire, l’ar­ri­vée des en­fants a ame­né l’en­tre­prise en­core plus haut. «Ne pas les avoir eu, on au­rait ar­rê­té ça avant. Chaque fois qu’un nou­veau ar­ri­vait, Alain di­sait qu’il avait une nou­velle idée de pro­jet», dit-elle.

Ces pro­jets dont Pau­line Car­rier parle, ils ont, se­lon elle, sou­vent sau­vé l’en­tre­prise. Pro­duc­tion de boeuf sans hor­mones, de lait (au­pa­ra­vant), de foin, de bois, de cé­réales et même de si­rop d’érable à plus pe­tite échelle, ain­si que le tran­sport d’ani­maux sont quelques- uns des do­maines de la Ferme Bouf­fard et cie. «La di­ver­si­fi­ca­tion nous a tou­jours sau­vés. Quand un do­maine al­lait moins bien, un autre com­pen­sait», ob­serve-t-elle.

Des fermes ont donc été ache­tées au fil des ans un peu par­tout dans la ré­gion, ce qui a éga­le­ment per­mis d’agran­dir le nombre d’acres. Non moins de 250 000 balles de foins sont ac­tuel­le­ment pro­duites an­nuel­le­ment (sans comp­ter le foin pour les ani­maux de la ferme), alors qu’en­vi­ron 1700 têtes, dont 650 vaches, font par­tie du trou­peau.

Le couple est éga­le­ment ac­tuel­le­ment pro­prié­taire de trois bou­che­ries «Face de boeuf», si­tuées res­pec­ti­ve­ment à Ayer’s Cliff, Bromp­ton­ville et Rock Fo­rest. Un lo­cal de dé­coupe/trans­for­ma­tion pren­dra aus­si bien­tôt place à cô­té de la bou­che­rie si­tuée à Rock Fo­rest.

UNE RE­LÈVE AS­SU­RÉE

Mme Car­rier et M. Bouf­fard sont heu­reux d’avoir réus­si à trans­mettre leur pas­sion à leur fa­mille, qui compte dé­sor­mais non moins de 41 pe­tits-en­fants. «Je vou­drais bien trans­mettre ça à mes pe­tits-en­fants, et je crois qu’il y en a dé­jà plu­sieurs qui aiment ve­nir tra­vailler avec moi. Il ne faut pas prendre ça trop au sé­rieux non plus. L’agri­cul­ture a tou­jours été un plai­sir pour moi, ça a tel­le­ment pas­sé vite», té­moigne Alain Bouf­fard.

C’est jus­te­ment vers 2003, quand ils ont vu que leurs en­fants avaient aus­si de l’in­té­rêt pour la ferme, que l’en­tre­prise a com­men­cé à prendre beau­coup d’ex­pan­sion. «On a com­men­cé à ache­ter plus de ter­rains. C’est une grande fier­té de voir qu’ils ont eu aus­si le goût de l’agri­cul­ture. On dit que quand on aime notre mé­tier, on est sup­po­sé le trans­mettre», conti­nue Pau­line Car­rier.

(Pho­to TC Me­dia – Charles-An­toine Ron­deau)

Après plus de quatre dé­cen­nies de tra­vail achar­né, Pau­line Car­rier et Alain Bouf­fard

sont tou­jours aus­si pas­sion­nés par l’agri­cul­ture.

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