Une vague d’amour dé­ferle sur la fa­mille de Ca­ro­line Roy

Le Progres de Coaticook - - Actualités - VINCENT CLICHE vincent.cliche@tc.tc

COA­TI­COOK. For­cés de quit­ter sa ré­si­dence au cours des der­nières se­maines en rai­son de pro­blèmes ma­jeurs de moi­sis­sure, Ca­ro­line Roy et les membres de sa fa­mille re­çoivent ces jours-ci beau­coup d’en­cou­ra­ge­ments, qui agissent un peu comme un baume sur leurs plaies.

« On re­çoit de l’amour, des mots d’en­cou­ra­ge­ment et du sou­tien, ra­conte la femme d’af­faires et pro­prié­taire de Cui­sine L’An­gé­lique, Ca­ro­line Roy, émue, une larme à l’oeil. Je sens que les gens sont der­rière nous et qu’ils veulent qu’on s’en sorte. Pour moi, ça, c’est le plus beau des ca­deaux qu’on ne peut re­ce­voir. »

De­puis un mois en­vi­ron, Mme Roy est obli­gée de vivre à l’ex­té­rieur des murs de sa propre mai­son qui a été ju­gée im­propre à être ha­bi­tée en rai­son des moi­sis­sures. « Se­lon les spé­cia­listes consul­tés, le taux de spores au mètre cube à ne pas dé­pas­ser est de 200, spé­ci­fie-t-elle. Chez nous, il se chiffre à plus de 14 000. C’est énorme, car ce sont des spores des plus no­cifs pour la san­té. »

Dif­fi­cile de mettre le doigt sur ce pro­blème, car il n’est pas vi­sible. « On a com­men­cé à se po­ser des ques­tions quand l’un de mes fils a eu des pro­blèmes de mi­graines ré­cur­rents, ra­conte la ma­man. De mon cô­té, j’ai aus­si eu des pro­blèmes pul­mo­naires, au point de craindre pour ma vie. C’est là qu’on a de­man­dé l’avis de spé­cia­listes pour trou­ver la cause de nos pro­blèmes de san­té. »

Les ana­lyses réa­li­sées et la solution au pro­blème coû­te­raient en­vi­ron 170 000 $. « C’est quand on a vu cette fac­ture qu’on s’est dit qu’on de­vait en par­ler pu­bli­que­ment, té­moigne Mme Roy. Mais, avant tout, on a re­gar­dé à savoir si c’était cou­vert par les as­su­rances. Ça ne l’est pas parce que les dom­mages sont gra­duels et non su­bits. En­suite, on s’est tour­né vers la faillite per­son­nelle. Ce scé­na­rio n’était pas en­vi­sa­geable, car il im­plique qu’on perd notre en­tre­prise [Cui­sine L’An­gé­lique]. Ç’a été le coup de grâce. Je ne pou­vais pas tout ar­rê­ter. J’ai un de­voir mo­ral pour nos 17 em­ployés ain­si qu’à tous les mil­liers de gens qu’on aide. Je ne pou­vais pas les lais­ser tom­ber. Pas pour une « bad luck ». »

Les ex­perts lé­gaux ont aus­si in­di­qué qu’ils ex­cluaient un pos­sible re­cours contre les an­ciens pro­prié­taires de la ré­si­dence, ac­quise en 2011. « Dans cette his­toire, on n’en veut à per­sonne », note-t-elle avec fran­chise.

« De­vant au­cun re­cours, je me suis mise à nue, ra­joute- t- elle. Je n’avais plus le choix. Di­sons qu’il faut que tu ra­vales ton or­gueil et que tu boives une bonne tasse d’hu­mi­li­té. Ren­due là, tu es­pères un mi­racle. »

Néan­moins, la femme d’af­faires, son conjoint et ses trois en­fants sont confiants de s’en sor­tir. Une cam­pagne de fi­nan­ce­ment, la­quelle a dé­jà amas­sé plus de 18 000 $, via le site sau­vons­no­tre­mai­son.com, a été lan­cée. Plu­sieurs per­sonnes ont même ins­crit le clan à la po­pu­laire émis­sion de Chan­tal La­croix, « On ef­face et on re­com­mence ». « Je garde la foi et l’es­poir, ra­conte la femme qui avoue avoir pleu­ré pen­dant deux mois. L’es­poir me nour­rit chaque jour. On ne peut bais­ser les bras. »

(Pho­to TC Me­dia – Vincent Cliche)

Ca­ro­line Roy, son conjoint Guy Le­tendre, et ses fils Édouard et Jé­rôme vivent au Col­lège Ri­vier de­puis la fin du mois d’août.

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.