La fron­tière pour­rait-elle seule­ment être ac­ces­sible le jour à East He­re­ford?

Le Progres de Coaticook - - Actualités - VINCENT CLICHE vcliche@le­progres.net

DOUANES. Les Chambres de com­merce des deux cô­tés de la fron­tière ca­na­do-amé­ri­caine craignent que les douanes de Bee­cher Falls, du cô­té du Ver­mont, ne soient ou­vertes que le jour, et que le Ca­na­da fasse de même.

L’or­ga­nisme « Uni­ted States Cus­toms and Bor­der Pro­tec­tion », l’équi­valent amé­ri­cain de l’Agence des ser­vices trans­fron­ta­liers du Ca­na­da, ne confirme ni n’in­firme ces in­for­ma­tions. « Nous ré­vi­sons ré­gu­liè­re­ment toutes nos opé­ra­tions dans tous nos ports d’en­trées. Ce­pen­dant, à l’heure ac­tuelle, il n’est pas pré­vu de ré­duire nos heures d’opé­ra­tion du cô­té de Bee­cher Falls », écrit par cour­riel l’of­fi­cier des af­faires pu­bliques de l’or­ga­nisme amé­ri­cain pour la ré­gion de la Nou­velle- An­gle­terre, Ste­pha­nie Ma­lin.

Du cô­té de l’Agence des ser­vices trans­fron­ta­liers du Ca­na­da, on af­firme que les douanes d’East He­re­ford se­ront en­core ac­ces­sibles 24 heures sur 24. Mais qu’ar­ri­ve­rait-il si les États-Unis dé­ci­de­raient de fer­mer leur fron­tière la nuit ? Le Ca­na­da fe­rait-il de même ? Après tout, lorsque les États-Unis ont la grippe, le Ca­na­da tousse, se­lon un vieil adage.

« Ce n’est pas né­ces­sai­re­ment tou­jours le cas, pré­cise la conseillère en com­mu­ni­ca­tions de l’Agence des ser­vices trans­fron­ta­liers du Ca­na­da pour la ré­gion du Qué­bec, Vé­ro­nique La­lime. Chaque en­droit est dif­fé­rent. Il y a beau­coup d’élé­ments à prendre en consi­dé­ra­tion. Par exemple, il est ar­ri­vé ré­cem­ment que les Amé­ri­cains mettent une bar­rière lorsque leurs douanes étaient fer­mées la nuit, mais, du cô­té ca­na­dien, on a tout de même pour­sui­vi nos opé­ra­tions. Et l’in­verse peut être tout aus­si vrai. »

LA CHAMBRE DE COM­MERCE IN­QUIÈTE

Bien au fait de la si­tua­tion, la Chambre de com­merce et d’in­dus­trie de la ré­gion de Coa­ti­cook se dit in­quiète, prin­ci­pa­le­ment pour les en­tre­prises qui ex­portent, comme JM Cham­peau, et qui passent par ce poste fron­ta­lier. Se­lon le di­rec­teur gé­né­ral de l’or­ga­nisme éco­no­mique, Ro­ger Gar­ceau, le scé­na­rio étu­dié se­rait ce­lui d’une fer­me­ture de 20 h le soir à 8 h le ma­tin. « Ils en­lè­ve­raient un quart de tra­vail. Mais, en agis­sant ain­si, ils fer­me­raient la route », pré­cise-t-il.

« Pour nos en­tre­prises, il s’agit d’un mo­ment im­por­tant, puisque c’est tôt le ma­tin que les ca­mions partent. Si le scé­na­rio est adop­té, un dé­tour d’au moins une heure et de­mie se­ra im­po­sé, par les douanes de Nor­ton. En plus, là-bas, ce sont des pe­tits che­mins si­nueux. Ce n’est pas l’idéal lorsque tu as de gros vé­hi­cules char­gés », avance la pré­si­dente de la Chambre de com­merce et d’in­dus­trie de la ré­gion de Coa­ti­cook, Ca­ro­line Thi­beault.

L’or­ga­nisme coa­ti­coo­kois dit être membre de la Fé­dé­ra­tion des chambres de com­merce du Qué­bec, qui est en dis­cus­sion avec le gou­ver­ne­ment amé­ri­cain. « On va mettre bien des ef­forts afin d’ap­por­ter notre ap­pui dans ce dos­sier », ré­sume Mme Thi­beault.

EN­JEU DE SÉ­CU­RI­TÉ

Si le scé­na­rio d’une fer­me­ture du cô­té amé­ri­cain la nuit est adop­té, qu’ar­ri­ve­ra-t-il de la col­la­bo­ra­tion du Ser­vice in­cen­die de Ca­naan, qui des­sert cer­taines mu­ni­ci­pa­li­tés fron­ta­lières de la ré­gion, comme East He­re­ford et Saint-Ma­lo ?

Le ca­mion pour­ra-t-il tou­jours tra­ver­ser la fron­tière sans pas­ser être ins­pec­té à son re­tour ? Il en va d’un en­jeu de sé­cu­ri­té im­por­tant.

Tou­te­fois, l’Agence des ser­vices trans­fron­ta­liers du Ca­na­da et le « Uni­ted States Cus­toms and Bor­der Pro­tec­tion » n’ont pas com­men­té ces ques­tions, pré­tex­tant que leurs ports d’en­trée sont tou­jours ou­verts 24 heures sur 24.

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