La ja­lou­sie: une im­passe sans is­sue?

Le Quotidien - - SPIRITUALITÉ -

La ja­lou­sie est-elle un état pa­tho­lo­gique in­gué­ris­sable, un « can­cer de l’âme » ? Est-ce une fa­ta­li­té? Pierre-Luc, on l’a consta­té la se­maine der­nière dans cette chronique, en était gran­de­ment at­teint. Fi­ni­ra-t-il un jour par s’en li­bé­rer?

Nous l’avons sui­vi dans sa dé­marche thé­ra­peu­tique, dans ses ef­forts à mettre des mots sur ses peurs, ses souf­frances, ses mé­ca­nismes de dé­fense, ses en­fer­me­ments nar­cis­siques. Nous l’avons quit­té là où il com­men­çait à dé­ve­lop­per sa ca­pa­ci­té à nouer de meilleurs liens de confiance avec sa conjointe Ma­rie-Ève et à res­pec­ter sa li­ber­té et son au­to­no­mie. Re­trou­vons-le main­te­nant dans son quo­ti­dien. Que fait-il con­crè­te­ment pour se main­te­nir dans son pro­ces­sus de chan­ge­ment?

Pierre-Luc a conti­nué à tra­vailler sur lui-même en s’ob­ser­vant avec bien­veillance, en s’ac­cueillant dans ses vul­né­ra­bi­li­tés. Quelques re­culs et des doutes, mais aus­si des avan­cées, des prises de conscience et de l’es­poir. Il a com­men­cé à évo­luer pour le mieux quand il a en­fin réa­li­sé qu’il n’avait plus à se battre contre sa ja­lou­sie, en com­pre­nant que tout chan­ge­ment per­son­nel n’est pos­sible que dans un pro­ces­sus d’ac­cep­ta­tion et de lâ­cher­prise. Ain­si, il a choi­si de s’en­ga­ger plus con­crè­te­ment sur ce qu’il a ap­pe­lé son au­to­route à quatre voies.

C’est si simple et pour­tant si dif­fi­cile à ad­mettre. Ce­la de­mande beau­coup d’ef­forts au quo­ti­dien pour faire face à ces vieilles peurs de perdre ses privilèges, de ne pas avoir les égards qu’on pense mé­ri­ter, de ne pas être ap­prou­vé, pire en­core la peur d’être sans va­leur aux yeux des autres. Ce fut son pre­mier dé­fi réel de de­voir quit­ter son pe­tit pié­des­tal qui me­na­çait sans cesse de s’écrou­ler. Avec hu­mour, il fi­nit par s’avouer : « Comment ai-je pu me prendre pour le so­leil au­tour du­quel tout de­vait gra­vi­ter ? »

Dé­cen­tré de sa « pe­tite per­sonne », Pierre-Luc a pu com­men­cer à s’in­té­res­ser aux gens de son en­tou­rage et à les ap­pré­cier pour leurs qua­li­tés, à se li­bé­rer pro­gres­si­ve­ment de ses vieux pré­ju­gés, à ne plus les per­ce­voir ni pires, ni meilleurs, mais sim­ple­ment uniques et dif­fé­rents. Il s’est ha­bi­tué à sou­rire, à être plus cor­dial et à rendre de pe­tits ser­vices. Il a agran­di son cercle d’amis en fai­sant da­van­tage confiance pour s’ou­vrir et par­ta­ger un peu de son in­ti­mi­té. Il a même en­tre­pris de faire du bé­né­vo­lat pour ré­pondre à son be­soin d’ap­par­te­nance tel­le­ment né­gli­gé par le pas­sé. « En m’ou­vrant, j’ai vite réa­li­sé qu’on m’ap­pré­ciait pour ce que je suis ».

Tout re­mettre en pers­pec­tive : un autre dé­fi im­por­tant pour Pierre-Luc. Il s’est aper­çu que son uni­vers de pen­sées res­sem­blait à un vrai ca­phar­naüm. Comment ne pas étouf­fer? Un bon mé­nage s’im­po­sait. Qu’estce

En m’ou­vrant, j’ai vite réa­li­sé qu’on m’ap­pré­ciait pour ce que je suis.

PHO­TO 123RF

— Pierre-Luc

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