Raines vic­time de son temps

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MON­TRÉAL— Il n’y au­ra pas que de bons sou­ve­nirs pour les ama­teurs des Ex­pos qui se­ront bras­sés la fin de se­maine pro­chaine, à New York lors de la cé­ré­mo­nie d’in­tro­ni­sa­tion du Temple de la re­nom­mée du Ba­se­ball.

L’an­cien pro­prié­taire des Bre­wers de Mil­wau­kee et, sur­tout, an­cien com­mis­saire du ba­se­ball ma­jeur Bud Se­lig (pho­to) se­ra in­tro­ni­sé en même temps que Tim Raines.

Se­lig est connu à Mon­tréal pour avoir été com­mis­saire lors du dé­mé­na­ge­ment des Ex­pos et, 10 ans plus tôt, lors de la fa­meuse grève des joueurs de 1994, qui a bou­sillé une sai­son où l’équipe as­pi­rait à la Sé­rie mon­diale.

« [La grève de] 1994 est un sou­ve­nir dou­lou­reux pour tout le monde, a d’abord in­di­qué M. Se­lig, in­ter­ro­gé par La Presse. Je sais à quel point les Ex­pos étaient bons à l’époque. »

Pour Se­lig, Mon­tréal est un mar­ché de ba­se­ball « mer­veilleux » qui, es­père-t-il, au­ra droit à une autre équipe un jour.

« Il n’y avait ni stade ni groupe de pro­prié­taires in­té­res­sé, a-t-il plai­dé. Je me suis ren­du à Mon­tréal deux ou trois fois pour convaincre Claude Brochu de construire un stade, sans suc­cès. J’ai gar­dé l’équipe là deux ou trois ans, j’ai en­voyé Frank Ro­bin­son. En fait, il y en a dans le ba­se­ball qui m’ont re­pro­ché d’avoir gar­dé l’équipe là trop long­temps. Il n’y avait pas de stade et pas de pro­prié­taires, qu’est-ce que je pou­vais faire d’autre ? »

La cé­ré­mo­nie au­ra lieu le 30 juillet pro­chain à Cooperstown. MON­TRÉAL — Tim Raines est-il né à la mau­vaise époque ? L’an­cienne gloire des Ex­pos se­ra in­tro­ni­sée au Temple de la re­nom­mée dans un peu plus d’une se­maine. Raines a dû at­tendre à sa 10e et der­nière an­née d’ad­mis­si­bi­li­té pour re­cueillir les votes re­quis, ce qui n’au­rait peut-être pas été né­ces­saire s’il avait joué un peu plus tard, a-t-il avan­cé ven­dre­di. Raines a ter­mi­né sa car­rière dans les ligues ma­jeures en 2002, un an avant la pu­bli­ca­tion du livre Mo­ney­ball, qui al­lait bou­le­ver­ser le monde du ba­se­ball en met­tant en lu­mière les en­sei­gne­ments d’une poi­gnée de pas­sion­nés de sta­tis­tiques.

S’il avait joué un peu plus tard, Raines au­rait pro­ba­ble­ment bé­né­fi­cié gran­de­ment de l’in­té­rêt re­nou­ve­lé pour des sta­tis­tiques comme la moyenne de pré­sence sur les sen­tiers et le taux de suc­cès lors des vols de buts. En fait, la com­mu­nau­té des « sta­tis­tiques avan­cées » a eu un cer­tain rôle à jouer dans la pro­mo­tion de la can­di­da­ture de Raines, a re­con­nu ce­lui-ci.

« Quand j’étais joueur, je ne m’at­tar­dais pas vrai­ment à ces sta­tis­tiques », a ex­pli­qué Raines, ven­dre­di, lors d’une confé­rence té­lé­pho­nique avec les jour­na­listes au su­jet de son in­tro­ni­sa­tion, pré­vue di­manche, le 30 juillet.

« On n’avait pas vrai­ment ces sta­tis­tiques avan­cées à l’époque. Peut-être que si ça avait été le cas, on m’au­rait ac­cueilli au Temple plus tôt. Main­te­nant que ces sta­tis­tiques sont dis­po­nibles, je suis émer­veillé par ce que j’ai réus­si à faire à l’époque. »

LE LIEN ENTRE LES GÉ­NÉ­RA­TIONS

Tim Raines pour­rait bien être le der­nier joueur à être in­tro­ni­sé au Temple de la re­nom­mée sous les cou­leurs des Ex­pos. Il ne semble y avoir que deux autres can­di­dats po­ten­tiels, soit Lar­ry Wal­ker et Vla­di­mir Guer­re­ro, et il est loin d’être as­su­ré que l’un ou l’autre choi­si­rait de por­ter la cas­quette mont­réa­laise.

Raines af­firme ne pas vrai­ment y avoir pen­sé au mo­ment de faire son propre choix. Mais il en a pris conscience de­puis et il se ré­jouit par­ti­cu­liè­re­ment au­jourd’hui de faire le pont entre les gé­né­ra­tions. Il a en ef­fet par­ta­gé le ter­rain avec Ga­ry Car­ter et Andre Daw­son, dé­jà au Temple, et a aus­si cô­toyé Guer­re­ro lors de son bref re­tour, en 2001. « Je suis im­pres­sion­né d’avoir pu jouer avec ces gars-là », dit-il.

Il garde un sou­ve­nir par­ti­cu­liè­re­ment heu­reux de Daw­son, qu’il a qua­li­fié de grand frère et de fi­gure pa­ter­nelle dans l’équipe à l’époque.

« Je crois vrai­ment que je n’au­rais pas été élu au Temple sans lui. L’in­fluence qu’il a eue sur moi a été énorme. Il prê­chait par l’exemple. Il est l’un des rares gars que je connaisse qui soit élu au Temple bien qu’il avait du mal à se rendre au stade en rai­son de l’état de ses ge­noux. De le voir jouer tous les jours était ins­pi­rant. J’au­rais sou­hai­té qu’il soit en bonne san­té afin qu’il puisse mon­trer à tout le monde l’éten­due de son ta­lent ».

OVATIONS

Ce sont les ovations qu’il y a re­çues, par­ti­cu­liè­re­ment celle qu’on lui a ré­ser­vée lors de son re­tour en 2001, plus de 10 ans après son dé­part, qui consti­tuent son meilleur sou­ve­nir de Mon­tréal.

« C’est la plus longue ova­tion que j’aie ja­mais re­çue. Ça re­pré­sen­tait vrai­ment beau­coup pour moi de re­ve­nir et de voir que les gens m’ap­pré­ciaient en­core. »

Raines de­vrait en­core une fois sen­tir l’ap­pui des Mon­tréa­lais di­manche, puisque quatre au­to­bus de par­ti­sans doivent se rendre à la cé­ré­mo­nie dans le bucolique vil­lage de l’État de New York.

« Ça si­gni­fie beau­coup pour moi, a in­di­qué Raines quand on lui a par­lé de ces nom­breux par­ti­sans. Mon­tréal re­pré­sente la plus grande par­tie de ma car­rière. C’est là où j’ai gran­di comme joueur de ba­se­ball, où j’ai vé­cu pen­dant 12 ans. J’ai bien hâte de ren­con­trer ces par­ti­sans. »

Raines se­ra ad­mis en com­pa­gnie des joueurs Jeff Bag­well et Ivan Ro­dri­guez, ain­si que des bâ­tis­seurs John Schue­rholz et Bud Se­lig.

« Je ne di­rais pas que j’étais in­quiet, mais je m’en sou­ciais tout de même un peu, a-til ad­mis. Je crai­gnais ne pas avoir suf­fi­sam­ment de temps pour être élu, ou que les jour­na­listes dis­po­sant d’un vote res­sentent trop de pres­sion, s’ils trou­vaient que je le mé­ri­tais. Lors de la neu­vième an­née, quand mon pour­cen­tage de voix est pas­sé de 55 à 69,8 %, ça m’a ai­dé à re­laxer. Je croyais que j’avais une très bonne chance d’être ad­mis cette an­née ».

— PHOTOTHÈQUE LE SO­LEIL

Le 30 juillet, Tim Raines pour­rait bien être le der­nier joueur à être in­tro­ni­sé au Temple de la re­nom­mée sous les cou­leurs des Ex­pos.

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