Au pé­ni­ten­cier à 18 ans

Un Jon­quié­rois re­çoit une peine de 24 mois pour avoir ai­dé à ta­bas­ser un in­di­vi­du

Le Quotidien - - LA UNE - STÉPHANE BÉ­GIN sbe­gin@le­quo­ti­dien.com

Le Jon­quié­rois Ma­thieu La­gas­séGa­gnon en­tre­prend sa car­rière de cri­mi­nel adulte avec une peine de 24 mois de dé­ten­tion pour avoir ai­dé à pas­ser à ta­bac un in­di­vi­du pour une sup­po­sée dette de 100 $. L’in­di­vi­du a cé­lé­bré son 18e an­ni­ver­saire de nais­sance en sep­tembre 2016. Moins de deux mois plus tard, il s’est ren­du à l’ap­par­te­ment d’une connais­sance en com­pa­gnie de com­plices afin de ré­cu­pé­rer la somme d’argent.

Me Ma­rie-Au­drey Chas­sé, pro­cu­reure de la Cou­ronne, a ré­su­mé les faits au juge Jean Hu­don, de la Cour du Qué­bec, car le client de Me Ju­lien Bou­lianne a en­re­gis­tré des plai­doyers de culpa­bi­li­té dans les 12 dos­siers ame­nés au tri­bu­nal. Les deux avo­cats ont pré­sen­té une sug­ges­tion com­mune de 24 mois de pé­ni­ten­cier.

L’ac­cu­sé a re­con­nu sa culpa­bi­li­té dans le dos­sier de voies de fait cau­sant des lé­sions et d’in­tro­duc­tion par ef­frac­tion chez la vic­time. Il a pro­fi­té de l’oc­ca­sion pour faire des aveux aux po­li­ciers pour une in­tro­duc­tion par ef­frac­tion et un vol chez les pro­prié­taires du res­tau­rant Pa­chon (il avait dé­ro­bé des bou­teilles de Por­to d’im­por­ta­tion de grande va­leur), à des bris de pro­ba­tion et à une fraude par carte de cré­dit.

ARGENT À RÉ­CU­PÉ­RER

L’évé­ne­ment prin­ci­pal est sur­ve­nu dans la nuit du 14 au 15 no­vembre 2016. Le groupe d’in­di­vi­dus dé­cide qu’il est temps de re­prendre à la vic­time ce qui leur est dû.

For­te­ment in­toxi­qués par l’al­cool et la drogue, l’ac­cu­sé et ses com­pa­gnons se sont d’ailleurs de­man­dé, che­min fai­sant, s’ils al­laient battre leur vic­time si elle se trou­vait sur place.

Ren­dus à l’ap­par­te­ment de la rue Saint-Mi­chel à Jon­quière, les in­di­vi­dus ont lan­cé une dou­zaine d’oeufs sur les murs et ont en­suite fra­cas­sé une vitre pour s’in­tro­duire par ef­frac­tion dans le lo­ge­ment.

Ils ont com­mis du mé­fait et vo­lé di­vers ob­jets, dont un té­lé­vi­seur, afin de ré­cu­pé­rer la somme qui était due.

Avant de par­tir, ils ont trou­vé leur vic­time en­dor­mie dans son lit. Celle-ci avait consom­mé des stu­pé­fiants et ne s’était ren­du compte d’ab­so­lu­ment rien.

À l’aide d’une barre de mé­tal, re­cou­verte de ru­ban gom­mé, un des co­ac­cu­sés a frap­pé l’in­di­vi­du aux jambes et au vi­sage, lui oc­ca­sion­nant des frac­tures à la mâ­choire, au nez et aux joues, sans ou­blier de nom­breuses ec­chy­moses.

L’in­di­vi­du porte en­core les affres de cette at­taque gra­tuite, car une plaque d’acier a dû lui être ins­tal­lée au vi­sage.

À son ré­veil, la vic­time ne s’est pas aper­çue qu’elle avait été bat­tue. Ce n’est que plu­sieurs heures plus tard que les choses se sont mises en place. Une plainte a été dé­po­sée à la Sé­cu­ri­té pu­blique de Sa­gue­nay pour le vol d’un té­lé­vi­seur.

Lors de l’en­quête, les agents se sont ren­du compte que la vic­time avait été sé­rieu­se­ment bat­tue et ont pu faire un lien avec la plainte de vol. Ce­la les a me­nés à La­gas­séGa­gnon et ses com­plices.

L’ac­cu­sé est dé­te­nu de­puis le dé­but du mois de dé­cembre 2016, au mo­ment où il a été ar­rê­té. Il est de­meu­ré in­car­cé­ré pour ter­mi­ner une peine dans un dos­sier jeunesse. En fé­vrier 2017, il a été en­voyé en thé­ra­pie, mais en a été ex­pul­sé trois mois plus tard. Il a re­pris le che­min de la pri­son im­mé­dia­te­ment.

« Je connais l’ac­cu­sé de­puis qu’il est pas­sé au tri­bu­nal de la jeunesse en 2014. J’es­père qu’il va em­bras­ser les ser­vices qui lui se­ront of­ferts au pé­ni­ten­cier dans l’es­poir que c’est la der­nière fois qu’on le voit ici », note Me Ma­rie-Au­drey Chas­sé, de la Cou­ronne.

En dé­fense, Me Bou­lianne croit qu’il est pos­sible de ré­cu­pé­rer son client.

« Il com­mence par la grande porte, mais je crois qu’il est pos­sible de le ré­ha­bi­li­ter, s’il vient à bout de sa pro­blé­ma­tique de consom­ma­tion », note-t-il.

Le juge Hu­don n’a pas ca­ché que la car­rière pro­fes­sion­nelle dé­bu­tait as­sez dif­fi­ci­le­ment.

« Mais les deux pro­cu­reurs semblent croire qu’il est pos­sible de vous re­pla­cer. Je ne peux que l’es­pé­rer aus­si. C’est à vous d’y voir », a conclu le ma­gis­trat.

— PHO­TO TI­RÉE DE FA­CE­BOOK

Ma­thieu Lagassé-Gagnon a en­tre­pris sa car­rière de cri­mi­nel adulte avec une peine de pé­ni­ten­cier de 24 mois dans un dos­sier de voies de fait cau­sant des lé­sions.

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