L’an­cien mi­li­taire évite la pri­son

Le Quotidien - - LA UNE - STÉ­PHANE BÉ­GIN sbe­gin@le­quo­ti­dien.com

Oli­vier Cô­téVa­chon re­çoit 240 heures de tra­vaux pour du tra­fic de GHB

L’ex-ca­po­ral Oli­vier Cô­té-Vachon évite l’em­pri­son­ne­ment pour avoir four­ni du GHB à des amis. Il est condam­né à 240 heures de tra­vaux com­mu­nau­taires et à ver­ser un don de 5000 $ à un or­ga­nisme de bien­fai­sance. La juge Isa­belle Boillat, de la Cour du Québec, a ren­du sa dé­ci­sion, mer­cre­di après-mi­di, au Pa­lais de jus­tice de Chi­cou­ti­mi. Elle a pro­non­cé un sur­sis de sen­tence de 36 mois. La sen­tence re­flète ce que la dé­fense ré­cla­mait, alors que la Cou­ronne de­man­dait plu­tôt deux an­nées d’em­pri­son­ne­ment.

Le 30 dé­cembre 2015, Cô­téVa­chon a in­vi­té des amis à faire la fête chez lui. Du­rant la soi­rée, cer­tains ont de­man­dé à prendre de la bois­son forte. L’ac­cu­sé a plu­tôt of­fert du GHB. Cer­tains ont com­pris qu’il s’agis­sait de gin, sur­tout qu’ils ne sa­vaient pas que le GHB pou­vait se trou­ver sous forme li­quide.

Quatre per­sonnes ont per­du conscience et deux ont dû être in­tu­bées. Cô­té-Vachon a plai­dé cou­pable à du tra­fic de stu­pé­fiants, à de la né­gli­gence cri­mi­nelle cau­sant des lé­sions et à deux bris d’en­ga­ge­ment.

Le tri­bu­nal re­tient que l’in­di­vi­du de 28 ans de Jon­quière dé­montre une ré­ha­bi­li­ta­tion convain­cante, qu’il a ad­mis ses pro­blèmes, a re­con­nu ses torts et a re­gret­té ses gestes. Ce­la per­met à la juge de dé­ro­ger à la fourchette des peines im­po­sées ha­bi­tuel­le­ment pour le tra­fic de drogue dure.

« Il a par­ti­ci­pé à plu­sieurs thé­ra­pies et les rap­ports sont tous po­si­tifs. Il n’a pas consom­mé de drogue de­puis son ar­res­ta­tion ni d’al­cool. Les té­moi­gnages de proches dé­montrent un chan­ge­ment d’at­ti­tude po­si­tif », a sou­te­nu la juge dans une dé­ci­sion de 20 pages.

« De plus, le rap­port pré­sen­ten­ciel est po­si­tif et pré­cise que l’ac­cu­sé n’est pas un in­di­vi­du aux va­leurs dé­lin­quantes et à la ca­pa­ci­té de ti­rer pro­fit de cette ex­pé­rience ju­di­ciaire », note-t-elle.

Concer­nant les bris d’en­ga­ge­ment, le tri­bu­nal croit qu’il s’agit d’un acte iso­lé et qu’ils sont ex­pli­qués. « Le tri­bu­nal s’écarte de la fourchette des peines en sem­blables ma­tières mal­gré les fac­teurs ag­gra­vants et écarte la dé­ten­tion. Une peine de dé­ten­tion ris­que­rait d’anéan­tir com­plè­te­ment tous les ef­forts de l’ac­cu­sé dans sa nou­velle vie qu’il doit re­cons­truire à la suite de sa perte d’em­ploi », écrit la juge.

À la suite de son plai­doyer de culpa­bi­li­té, Cô­té-Vachon, qui étu­die­ra pour de­ve­nir élec­tri­cien, avait été avi­sé qu’il per­drait son em­ploi des Forces ar­mées ca­na­diennes pour déshon­neur. Il a per­du un sa­laire de plus de 70 000 $ et un ré­gime de re­traite.

En plus des tra­vaux com­mu­nau­taires, l’ex-mi­li­taire de­vra ef­fec­tuer un don de 5000 $, soit 1000 $ pour cha­cun des chefs d’ac­cu­sa­tion de bris. Aus­si la juge a sai­si une somme de 1000 $ que l’ac­cu­sé avait dé­po­sé pour ga­ran­tir sa bonne conduite, ce qu’il n’a pas fait.

« Le tri­bu­nal dé­cèle un réel po­ten­tiel chez l’ac­cu­sé. Il a re­pris sa vie en main mal­gré les der­niers mois éprou­vants. Il n’en re­vient main­te­nant qu’à lui à sai­sir l’oc­ca­sion du­rant les trois pro­chaines an­nées de dé­mon­trer qu’il peut res­pec­ter ses en­ga­ge­ments au­près de la Cour et de la so­cié­té », de conclure la juge Boillat.

PHOTO LE QUO­TI­DIEN, JEANNOT LÉ­VESQUE

— PHOTO LE QUO­TI­DIEN, ROCKET LA­VOIE

Les proches de l’ex-ca­po­ral Oli­vier Cô­té-Vachon étaient émo­tifs après le ren­du de la sen­tence.

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