TER­MI­NÉ LA GRA­TUI­TÉ

Les plai­san­ciers doivent main­te­nant payer pour avoir ac­cès aux lacs à Fa­lar­deau

Le Quotidien - - LA UNE - LOUIS TREMBLAY ltrem­blay@le­quo­ti­dien.com

Les gens du vil­lage ne peuvent plus en pro­fi­ter sans avoir à payer. Ce n’est pas nor­mal que les gens du vil­lage ne puissent pas avoir ac­cès aux lacs qui ap­par­tiennent à tout le monde. — Luc Gra­vel

Le der­nier ac­cès gra­tuit à un plan d’eau est de­ve­nu payant, à Saint-Da­vid-de-Fa­lar­deau, qui compte plu­sieurs lacs à proxi­mi­té. Cette dé­ci­sion a été prise pour des rai­sons de sé­cu­ri­té et, d’une cer­taine fa­çon, sans qu’il s’agisse d’une rai­son of­fi­cielle, pour li­mi­ter le nombre d’em­bar­ca­tions de toutes sortes, dont les mo­tos ma­rines qui font un bruit as­sour­dis­sant.

C’est un couple ins­tal­lé de­puis quelques an­nées dans le rang 4 à proxi­mi­té du lac Sé­bas­tien qui a in­for­mé Le Quo­ti­dien de cette si­tua­tion. Ils ont ap­pris avec sur­prise qu’ils al­laient main­te­nant de­voir payer 30 $ par jour pour uti­li­ser la rampe de mise à l’eau de la com­pa­gnie d’hy­dra­vion Air Sa­gue­nay qui avait tou­jours ac­cep­té que les plai­san­ciers uti­lisent ces ins­tal­la­tions gra­tui­te­ment.

« Ils ont tout sim­ple­ment kid­nap­pé le lac Sé­bas­tien. C’est ce qu’ils ont fait. C’est as­sez cher, 30 $ par jour et il faut que le ba­teau soit sor­ti pour 18 h », in­siste Luc Gra­vel. Lui et sa conjointe, Grace La­pierre, ont même fait l’ac­qui­si­tion d’un ba­teau pour pro­fi­ter du plan d’eau et n’ont d’autre choix au­jourd’hui que de dé­bour­ser 30 $ pour être en me­sure de mettre leur ba­teau à l’eau.

Le couple es­pé­rait que le pro­jet de construc­tion d’un ter­rain de cam­ping à proxi­mi­té de leur ré­si­dence prin­ci­pale se réa­lise. Ils au­raient de cette fa­çon pu comp­ter sur un ac­cès pu­blic au lac Sé­bas­tien, mais la mu­ni­ci­pa­li­té n’au­rait pas été en me­sure de s’en­tendre avec le pro­prié­taire du Zoo de Fa­lar­deau, Da­niel Gagnon, qui sou­hai­tait agir à titre de pro­mo­teur pour dé­ve­lop­per cette in­fra­struc­ture sur la ces­sion ou la lo­ca­tion des ter­rains.

Le site du cam­ping est au­jourd’hui à l’aban­don et il ne reste que les fon­da­tions des bâ­ti­ments qui ont abri­té le centre de re­cherche sur la tor­deuse du bour­geon de l’épi­nette du doc­teur Smir­noff. Des gens ont de­puis long­temps fait brû­ler ces bâ­ti­ments.

« L’été, à Saint-Da­vid-de-Fa­lar­deau, il y a des plans d’eau. Mais les gens du vil­lage ne peuvent plus en pro­fi­ter sans avoir à payer. Ce n’est pas nor­mal que les gens du vil­lage ne puissent pas avoir ac­cès aux lacs qui ap­par­tiennent à tout le monde », re­prend Luc Gra­vel.

Ce der­nier ne nie pas le droit au pro­prié­taire d’Air Sa­gue­nay de mettre des condi­tions pour

l’uti­li­sa­tion de sa rampe de mise à l’eau. Il doute tou­te­fois que l’ac­tion soit uni­que­ment com­man­dée pour des rai­sons de sé­cu­ri­té avec les hy­dra­vions. Il est per­sua­dé qu’il y a une en­tente ta­cite avec les membres de l’as­so­cia­tion pour res­treindre vo­lon­tai­re­ment l’ac­cès au lac Sé­bas­tien.

PLAGE SUR LES TER­RAINS DE RÉ­SO­LU

Le couple avait aus­si l’ha­bi­tude de fré­quen­ter un autre sec­teur du lac Sé­bas­tien. Il s’agit d’une pe­tite plage si­tuée sur les ter­rains de la pa­pe­tière Ré­so­lu qui ex­ploite les cen­trales d’Adam-Cun­nin­gham et de Chute-aux-ga­lets. La plage n’est main­te­nant plus ac­ces­sible. Des pa­trouilleurs de la firme de sé­cu­ri­té pri­vée Gar­da se rendent ré­gu­liè­re­ment dans le sec­teur pour sur­veiller les ou­vrages et n’hé­sitent pas à or­don­ner aux per­sonnes qui uti­lisent la plage de quit­ter les lieux puis­qu’il s’agit d’un ter­rain pri­vé.

Le couple a eu une autre sur­prise quand il a vou­lu bran­cher une rou­lotte sur les ins­tal­la­tions septiques d’un ga­rage si­tué sur le ter­rain de leur pro­prié­té. « On a ins­tal­lé la rou­lotte pour re­ce­voir notre fille et ses en­fants pen­dant l’été. On a re­çu une lettre de la mu­ni­ci­pa­li­té qui sti­pu­lait qu’il était in­ter­dit de bran­cher notre rou­lotte à la fosse sep­tique du ga­rage et aus­si qu’il était in­ter­dit de connec­ter l’eau de la ré­si­dence et l’élec­tri­ci­té à la rou­lotte. Ça com­mence à faire beau­coup de res­tric­tions », tranche Grace La­pierre qui n’écarte pas la pos­si­bi­li­té d’al­ler s’ins­tal­ler dans un autre sec­teur com­pa­rable.

— PHO­TO LE QUO­TI­DIEN, LOUIS TREMBLAY

L’en­tre­prise Air Sa­gue­nay n’in­ter­dit pas l’ac­cès au lac Sé­bas­tien. Le di­rec­teur Jean Tremblay af­firme que la me­sure adop­tée a pour but de contrô­ler l’ac­cès à la mise à l’eau uti­li­sée pour les hy­dra­vions et aus­si contrô­ler d’une cer­taine fa­çon le com­por­te­ment des plai­san­ciers qui par­tagent le plan d’eau avec les hy­dra­vions.

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