Fin de l’ex­plo­ra­tion pé­tro­lière à An­ti­cos­ti

Le Quotidien - - AFFAIRES -

Le gou­ver­ne­ment du Qué­bec a confir­mé ven­dre­di qu’il sous­trait dé­fi­ni­ti­ve­ment le ter­ri­toire de l’île d’An­ti­cos­ti à l’ex­plo­ra­tion pé­tro­lière et ga­zière. « Il était clair que, pour nous, c’était très dif­fi­cile à la fois d’ex­ploi­ter les hy­dro­car­bures et en même temps faire une de­mande à l’UNES­CO pour qu’An­ti­cos­ti de­vienne (un joyau du) pa­tri­moine mon­dial », a dé­cla­ré le mi­nistre des Res­sources na­tu­relles, Pierre Ar­cand, alors qu’il se trou­vait sur le site du grand prix de For­mule E, à Mon­tréal, ven­dre­di.

Afin de pou­voir réa­li­ser cet ob­jec­tif, le gou­ver­ne­ment a pris la dé­ci­sion de né­go­cier l’aban­don des droits de re­cherche avec les entre- prises concer­nées.

À ce jour, des en­tentes ont été conclues avec les com­pa­gnies Ju­nex, Cor­ri­dor et Mau­rel & Prom en contre­par­tie d’une com­pen­sa- tion glo­bale de 41,4 mil­lions $. Les discussions se pour­suivent avec les en­tre­prises Pé­tro­lia et Trans Ame­ri­can.

« Dans les cir­cons­tances, on a rem­bour­sé aux en­tre­prises une grande par­tie des dé­penses qu’elles avaient en­cou­rues. Pour nous, c’est un rè­gle­ment qui est sa­tis­fai­sant », a dit le mi­nistre Ar­cand.

Qué­bec af­firme que sa dé­ci­sion per­met­tra de pro­té­ger et de conser­ver le ca­rac­tère na­tu­rel ex­cep­tion­nel de l’île d’An­ti­cos­ti et d’en as­su­rer la pé­ren­ni­té pour tous les Qué­bé­cois.

En jan­vier der­nier, le gou­ver­ne­ment avait ap­puyé la can­di­da­ture de la mu­ni­ci­pa­li­té d’An­ti­cos­ti comme site du pa­tri­moine mon­dial de l’UNES­CO, re­con­nais­sant au pas­sage que l’ob­ten­tion d’un tel titre ne ca­dre­rait pas avec l’ex­ploi­ta­tion pé­tro­lière.

Le maire de la mu­ni­ci­pa­li­té de L’Île-d’An­ti­cos­ti, John Pi­neault, qui s’était fait élire en avril der­nier en fai­sant cam­pagne contre l’in­dus­trie pé­tro­lière, s’est dit sou­la­gé d’avoir en­fin ob­te­nu gain de cause.

« On est plus qu’heu­reux. C’est une tonne de briques qui vient de s’en­le­ver sur mes épaules », a-t-il confié à La Presse ca­na­dienne.

M. Pi­neault a te­nu à re­mer­cier tous les groupes - Pre­mières Na­tions, éco­lo­gistes, syn­di­ca­listes - qui ont sou­te­nu ses ef­forts ain­si que le pre­mier mi­nistre Phi­lippe Couillard, à qui il ré­ser­vait une ex­pres­sion bien de chez nous : « pour une fois que les bot­tines suivent les ba­bines ».

Le maire at­tend main­te­nant la suite de cette dé­ci­sion sur le ter­rain, soit la ré­ha­bi­li­ta­tion des sites où des tra­vaux pré­pa­ra­tifs à l’ex­plo­ra­tion avaient été amor­cés par les com­pa­gnies pé­tro­lières. « Qu’ils net­toient leurs sites pour qu’on mette ça der­rière nous », a-t-il lan­cé.

EM­PLOI ET LU­NETTES ROSES

Se­lon lui, les quelques per­sonnes qui avaient dé­jà ma­ni­fes­té un ap­pui au pro­jet dans l’es­poir d’y re­trou­ver des em­plois avaient eu le temps de chan­ger d’idée.

« Les gens n’étaient pas pour le pétrole, ils étaient pour des jobs et ils ont vu qu’ils avaient mis des lu­nettes roses », a ra­con­té le maire Pi­neault, sou­li­gnant qu’ » il n’y a per­sonne sur l’île qui est géo­phy­si­cien de for­ma­tion ou fo­reur de mé­tier : les jobs se­raient al­lées à des gens de l’ex­té­rieur ».

«

Il était clair que, pour nous, c’était très dif­fi­cile à la fois d’ex­ploi­ter les hy­dro­car­bures et en même temps faire une de­mande à l’UNES­CO pour qu’An­ti­cos­ti de­vienne (un joyau » du) pa­tri­moine mon­dial. — Pierre Ar­cand

— AR­CHIVES LA PRESSE

Qué­bec es­time que sa dé­ci­sion per­met­tra de pro­té­ger et de conser­ver le ca­rac­tère na­tu­rel ex­cep­tion­nel de l’île d’An­ti­cos­ti.

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