Vieillir, une ca­la­mi­té?

Le Quotidien - - SEXOLOGIE -

en plus, pro­posent tous un corps ré­pon­dant aux normes so­cié­tales sug­gé­rées par ces adultes loin du mi­tan de la vie. «My­riam, as-tu dé­jà pensé avoir l’air plus vieille que ton âge?» me di­ront quelques-uns. Non! Par contre, me voi­là conster­née de voir ce re­fus qua­si glo­bal face au vieillis­se­ment phy­sique. Pour­tant…

Les re­vues de psy­cho­lo­gie parlent de ce brouillage des âges. Comme s’il s’agis­sait d’une ca­la­mi­té, ex­po­ser les rites des an­nées semble de plus en plus in­op­por­tun, in­ap­pro­prié, ta­bou. Il de­vient ain­si à pro­pos pour plu­sieurs de se te­nir loin de la de­vi­nette « Quel âge me don­nez­vous ?». Pour­quoi?

Tel un ado­les­cent vi­vant ses chan­ge­ments phy­siques at­tri­buables à sa mé­ta­mor­phose en­fant/adulte, bien sûr que le corps se voit mo­di­fié par la force des an­nées, avec ou sans consen­te­ment. Chan­ge­ments hor­mo­naux, gé­né­tiques, ef­fets de gra­vi­té, ra­len­tis­se­ment mé­ta­bo­lique, aléas de la vie, ma­la­dies, stress… Voi­ci toutes des don­nées ex­pli­quant le vieillis­se­ment, et ce, sur les­quelles au­cun contrôle n’est pos­sible. On a beau vou­loir chan­ger le noyau de la Terre, mo­di­fier l’arbre gé­néa­lo­gique par des an­cêtres moins ri­dés, gé­rer le sys­tème en­do­cri­nien tel un dic­ta­teur, au­cune ré­sul­tante ne s’y ver­ra pos­sible, dé­so­lée!

Bien sûr que cer­tains pen­se­ront qu’à force de crèmes aux pé­pites d’or, d’en­traî­ne­ments in­ten­sifs, d’hy­dra­ta­tion au gal­lon, d’in­jec­tion ici et là, de mee­tings avec le Dr J’ar­range-tout-si-tu-payes, dis­so­nance il y au­ra. Ce­ci dit, l’ac­cep­ta­tion de la ma­tu­ra­tion phy­sique m’ap­pa­raît quand même la clé de l’épa­nouis­se­ment à long terme. S’il y a bien une jus­tice sur Terre, c’est celle de tous vieillir! Aus­si bien s’en ré­jouir, non?

En nous fai­sant croire en la jou­vence éter­nelle comme cri­tère de beau­té unique, au­tant les mé­dias de toutes sortes ain­si que la pu­bli­ci­té ont réus­si à convaincre que la prise des an­nées est sy­no­nyme de lai­deur. «Al­lo!» ai-je en­vie de m’épou­mo­ner! La beau­té est sim­ple­ment dans l’oeil de ce­lui qui re­garde. Cette lutte au vieillis­se­ment sonne comme une guerre à la pé­remp­tion, quelle tristesse. Com­bien vois-je de ces femmes re­tou­chées ayant l’air de leur âge, en ver­sion juste mo­di­fiée. Pas né­ces­sai­re­ment plus beau, ni plus sub­til!

À l’ins­tar de toutes les tranches d’âge ap­por­tant aus­si leur lot de mé­con­ten­te­ment phy­sique, ai­mez-vous tel que vous êtes en ac­cep­tant cette image que vous pro­je­tez dans le mi­roir. Bou­gez, ayez de saines ha­bi­tudes, cro­quez dans la vie, faites l’amour, jouis­sez de l’ins­tant pré­sent et ac­cep­tez d’être là où vous êtes ren­dus. La beau­té, c’est beau­coup ça.

— PHO­TO 123RF

Le corps change pas­sa­ble­ment en vieillis­sant.

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