The Brooks a le vent dans le dos

Le Quotidien - - ARTS ET SPECTACLES - DA­NIEL CÔ­TÉ dcote@le­quo­ti­dien.com

La der­nière fois que le groupe The Brooks a joué au Sa­gue­nay-LacSaint-Jean, c’était il y a deux ans, à l’Ago­ra du vil­lage por­tuaire de La Baie. Le funk qu’af­fec­tionnent ses huit membres avait at­ti­ré juste as­sez d’ama­teurs pour qu’il soit agréable de traî­ner près de la scène, mais ce n’est pas le sou­ve­nir le plus vif qu’ont re­te­nu les prin­ci­paux in­té­res­sés. «On s’en rap­pelle tous, ra­conte le bas­siste Alexandre La­pointe. C’était tel­le­ment hu­mide, tel­le­ment froid, ce soir-là. On avait de la mi­sère à se ré­chauf­fer.»

De­puis ce contact vi­ril avec l’Es­prit du fjord, un deuxième al­bum a vu le jour, le très jo­li Pain and Bliss. Sor­ti en no­vembre, il se dis­tingue du pre­mier en rai­son de la contri­bu­tion du chan­teur Alan Pra­ter qui, lors d’une soi­rée au club de jazz Dièze Onze, à Mon­tréal, a été sé­duit par les com­po­si­tions ins­tru­men­tales concoc­tées par les mu­si­ciens. Il a com­men­cé par mettre des mots sur ces pièces et voyant que ça fonc­tion­nait, ses par­te­naires ont amor­cé la créa­tion de nou­veaux titres avec lui. « L’ob­jec­tif est de­meu­ré le même, soit de faire la mu­sique qu’on avait en­vie de pro­duire, et ce, sans bar­rière, ni com­pro­mis. Ça ne nous dé­range pas si une chan­son dure six ou sept mi­nutes, par exemple. Nous te­nons à de­meu­rer in­tègres face à nous­mêmes. Nous sommes très cri­tiques par rap­port à notre es­thé­tique », a énon­cé Alexandre La­pointe mer­cre­di, lors d’une en­tre­vue té­lé­pho­nique ac­cor­dée au Pro­grès.

Cette ri­gueur dé­coule des ori­gines du groupe, for­mé de mu­si­ciens pi­gistes qui avaient le goût de tra­vailler sur un pro­jet dont ils se­raient les uniques res­pon­sables. Ils étaient quatre, il y a trois ans, puis les rangs ont gros­si, mais ja­mais gra­tui­te­ment. The Brooks est de­ve­nu l’équi­valent d’une fa­mille, en ef­fet. Les conjointes et les en­fants se voient ré­gu­liè­re­ment, y com­pris dans le so­cial. C’est pour cette rai­son qu’il n’est pas ques­tion de don­ner des spec­tacles avec des ef­fec­tifs ré­duits. On prend les huit ou on s’en passe.

SOUL, FUNK, MAIS PAS DIS­CO

De­puis la sor­tie du disque, The Brooks a sur­tout joué au Dièze Onze, où il a carte blanche tous les mer­cre­dis. L’été ve­nu, ce­pen­dant, le com­bo a amor­cé la ronde des fes­ti­vals en com­men­çant par ce­lui qui lui fait confiance de­puis le dé­but, le Fes­ti­val de jazz de Mon­tréal. D’autres évé­ne­ments ont em­boî­té le pas, dont le Fes­ti­val in­ter­na­tio­nal des Rythmes du Monde, qui l’ac­cueille­ra le 4 août à 20 h 30, au centre-ville de Chi­cou­ti­mi. Le len­de­main, il se poin­te­ra à la Fête de la bière de Saint-Gé­déon, plus spé­ci­fi­que­ment au Parc SaintAn­toine (à 21 h).

« Il y a tou­jours quelque chose qui se passe pen­dant nos spec­tacles. Alan est un front­man ex­tra­or­di­naire et cô­té mu­sique, l’ac­cent est mis sur les tex­tures, no­tam­ment grâce aux cuivres. Tout comme les per­cus­sions, ils font par­tie in­té­grante de notre son », dé­crit Alexandre La­pointe. Lui-même af­firme que la si­gna­ture du groupe est as­si­mi­lable à du vieux soul. Des ac­cents funk sont éga­le­ment per­cep­tibles, mais The Brooks se tient à dis­tance res­pec­tueuse du dis­co, son des­cen­dant di­rect. La ligne est mince, mais ja­mais tra­ver­sée.

Ce qui vient de chan­ger, c’est le poids des re­prises en spec­tacle. Le groupe en fai­sait beau­coup avant l’ar­ri­vée de Pain and Bliss, mais le ma­té­riel ori­gi­nal est suf­fi­sam­ment abon­dant pour jus­ti­fier un re­po­si­tion­ne­ment. « Nous ne vou­lons pas être per­çus comme un band de co­vers. Dé­sor­mais, nous nous li­mi­tons à deux par soir et les pièces sont choi­sies sous l’im­pul­sion du mo­ment. Des fois, on fait du Cur­tis May­field, à d’autres mo­ments du Earth Wind and Fire ou du Sly and the Fa­mi­ly Stone », rap­porte le bas­siste.

Le groupe qui se pro­dui­ra à Chi­cou­ti­mi et à Saint-Gé­déon, la se­maine pro­chaine, sent que le vent lui pousse dans le dos. Des pro­jets sont en ges­ta­tion, pos­si­ble­ment à l’ex­té­rieur du Qué­bec, et le pu­blic af­fiche de plus en plus ou­ver­te­ment son adhé­sion. « C’est plus in­tense cet été. On a un style qui est peu ex­ploi­té de­puis le dé­cès d’Amy Wi­ne­house et on constate que les gens s’en en­nuient. Il fait chaud quand on joue live . Ça danse beau­coup. Ça chante aus­si », se ré­jouit Alexandre La­pointe.

— PHO­TO COURTOISIE

Ab­sent de la ré­gion de­puis deux ans, le groupe The Brooks pro­mè­ne­ra son soul et son funk conta­gieux les 4 et 5 août, alors qu’il par­ti­ci­pe­ra au Fes­ti­val in­ter­na­tio­nal des Rythmes du Monde, ain­si qu’à la Fête de la bière de Saint-Gé­déon.

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