Un re­tour à la poé­sie après 30 ans

Le Quotidien - - ARTS ET SPECTACLES - MY­RIAM GAU­THIER mgau­thier@le­quo­ti­dien.com

Quelque 30 ans plus tard, Guy Jon­cas a réa­li­sé son rêve alors qu’il était étu­diant en lit­té­ra­ture: pu­blier un re­cueil de poé­sie.

Le Chi­cou­ti­mien, au­jourd’hui chauf­feur de taxi et qui a oeu­vré comme jour­na­liste par le pas­sé, a pu­blié au prin­temps le re­cueil Mé­moires d’arbre, sui­vi de Hé­ros­gènes, aux Édi­tions Es­poir.

M. Jon­cas avait lais­sé l’écri­ture de cô­té dans les an­nées 1980. Après avoir été lau­réat de la Plume sa­gue­néenne pour le re­cueil Mé­moires d’arbre, en 1986, et rem­por­té en 1989 le deuxième prix du mo­dule des lettres de l’UQAC pour le texte Hé­ros­gènes, pu­blié dans La Bo­nante, il es­pé­rait que la pu­bli­ca­tion de ses oeuvres se­rait en­suite fa­ci­li­tée, mais re­te­nir l’at­ten­tion des mai­sons d’édi­tion étant chose ar­due, le pro­jet est de­meu­ré sur la glace.

La vie l’ayant ame­né ailleurs, ce n’est qu’après que ses filles aient quit­té le nid fa­mille, il y a en­vi­ron deux ans, que le pro­jet a re­fait sur­face. «Je don­nais des poèmes en ca­deau à Noël, et après je me suis dit que je pou­vais es­sayer de les faire pu­blier. J’ai en­voyé le ma­nus­crit aux Édi­tions Es­poir, et j’ai été ac­cep­té», a-t-il ex­po­sé, lors d’un en­tre­tien avec Le Pro­grès.

Le re­cueil d’une soixan­taine de pages s’ins­crit dans la conti­nui­té des poèmes pu­bliés alors qu’il était étu­diant en lit­té­ra­ture à l’Uni­ver­si­té du Qué­bec à Trois-Ri­vières. Di­vi­sée en sept par­ties, la tren­taine de poèmes est re­liée et ra­conte une his­toire.

Guy Jon­cas a sou­vent eu l’ha­bi­tude d’écrire la nuit. L’obs­cu­ri­té et les tour­ments de la nuit trans­pa­raissent dans son écri­ture. La mort, la na­ture et la bes­tia­li­té des sen­ti­ments sont des thèmes qui en­ve­loppent le re­cueil. «C’est la dua­li­té entre le bien et mal, c’est un vieux thème qui re­vient constam­ment, qui at­tire les gens. Je me suis ren­du compte en écri­vant que mes poèmes étaient une conti­nui­té de ce que j’avais écrit à l’uni­ver­si­té», a ex­pli­qué ce­lui qui couche son âme sur pa­pier lors­qu’il ar­rive à at­teindre un état de grâce.

L’au­teur, qui se dé­crit lui-même comme un ori­gi­nal, se force à s’ex­tir­per de son monde ima­gi­naire en tra­vaillant à temps par­tiel comme chauf­feur de taxi. «Je n’aime pas conduire et je ne suis pas so­ciable, a-t-il lan­cé. Mais le sa­me­di soir, c’est rock ‘n’ roll. J’aime ça, ça me per­met de sor­tir de mon iso­le­ment et de voir des gens.»

M. Jon­cas compte pour­suivre sur sa lan­cée et tra­vaille ac­tuel­le­ment sur un ro­man dont la trame ins­crit le per­son­nage prin­ci­pal dans des évé­ne­ments his­to­riques, en pas­sant no­tam­ment par la Pre­mière Guerre mon­diale.

MI­CHEL TREM­BLAY — PHO­TO LE PRO­GRÈS,

L’au­teur Guy Jon­cas, à droite, pose ici avec ses trois filles, So­phie, Ariane et My­lène, ain­si que ses deux pe­tites-filles, Jus­tine et Roxane, lors du lan­ce­ment de son re­cueil de poé­sie Mé­moires d’arbre, sui­vi de Hé­ros­gènes.

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.