ENTRE QUÉ­BEC ET HA­WAÏ

Le Quotidien - - TOIT & MOI - MI­CHÈLE LAFERRIÈRE mla­fer­riere@le­so­leil.com

Bri­gitte Thé­riault «ca­pote» sur la beau­té. Elle la pro­page grâce à ses pho­tos, la dé­tecte sur les gens et dans la na­ture, et la cultive au­tour des mai­sons qu’elle ha­bite, l’une à Qué­bec, l’autre à Ha­waï.

Ceux qui la suivent sur Fa­ce­book et sur Ins­ta­gram se disent : mais quelle belle vie! Trois en­fants blonds de 17, 14 et 12 ans qui s’épi­vardent sur la plage. Une na­ture sau­vage et luxu­riante. Une culture au­toch­tone belle et bien ex­ploi­tée. Toute la beau­té du monde s’offre à la pho­to­graphe Bri­gitte Thé­riault lors­qu’elle s’ins­talle pour quelques mois sur l’île-jar­din de Kauai, la plus iso­lée et la moins achalandée d’Ha­waï. «C’est très hip­py comme men­ta­li­té», confie-t-elle.

Les al­lers-re­tours de la fa­mille entre Qué­bec et l’ar­chi­pel amé­ri­cain ont dé­bu­té en août 2013. Le ma­ri de Bri­gitte, Marc Gen­dron, ayant la ci­toyen­ne­té amé­ri­caine, le couple a vou­lu of­frir le même pri­vi­lège à ses trois en­fants. Les pa­rents ont donc pris une an­née sab­ba­tique et se sont ins­tal­lés dans le vil­lage de Ki­lauea, où ils ont ins­crit leur fille et leurs deux gar­çons à l’école pu­blique. «Ils ont tous réus­si leur an­née», men­tionne la ma­man de 43 ans.

Ils avaient be­soin d’une adresse fixe aux États-Unis pen­dant le pro­ces­sus d’im­mi­gra­tion. Marc a par­rai­né toute la fa­mille. Les en­fants ont ob­te­nu leur ci­toyen­ne­té amé­ri­caine après deux ans de procédures, ce qui de­vait être fait avant qu’ils aient 18 ans.

Le couple a gar­dé sa mai­son de Qué­bec, qu’il loue pen­dant ses sé­jours plus ou moins pro­lon­gés sur l’île de Kauai, et qu’il ré­cu­père quand il re­vient en ville.

«ZÉ­RO MATÉRIALISTE»

«C’est tel­le­ment fa­cile», ré­pond Bri­gitte quand les gens s’ex­ta­sient sur son cou­rage ou sur son au­dace. «Je suis ou­verte aux chan­ge­ments, laisse-t-elle tom­ber. Je trouve la vie belle à voir. J’es­saie de ne pas m’in­crus­ter dans une rou­tine trop confor­table.» Elle se dé­crit comme «zé­ro matérialiste» et dit qu’elle ne pos­sède rien de cher. Sa ri­chesse, ce sont ses en­fants, sa fa­mille et les sou­ve­nirs qu’ils sont en train de col­lec­tion­ner grâce à ce mode de vie dif­fé­rent, donc en­ri­chis­sant. «On vou­lait mon­trer à nos jeunes que c’est pos­sible de vivre au­tre­ment.»

Celle qui a tel­le­ment tri­pé sur Le la­gon bleu («le sum­mum»), ha­bite main­te­nant sur une île aux pay­sages aus­si pa­ra­di­siaques que ceux du film.

Les Qué­bé­cois ont beau avoir comme «voi­sins» l’ac­teur Chuck Nor­ris et le fon­da­teur de Fa­ce­book Mark Zu­cker­berg, ils louent une mai­son qui, ici, se­rait consi­dé­rée comme un «cha­let». Elle n’est pas au bord de la mer et n’est pas équi­pée d’un lave-vais­selle. D’une su­per­fi­cie d’en­vi­ron 600 pieds car­rés, elle est com­po­sée de deux chambres et d’une pe­tite cui­sine.

Mais la mer et la plage sont à 10 mi­nutes de voi­ture, et les avo­cats, les ba­nanes et les mangues, à por­tée de la main.

«Il y a tel­le­ment peu de lo­ge­ments à Ha­waï, qu’on a dû ‘‘faire pi­tié’’ pour avoir cette mai­son», re­late Bri­gitte.

Elle dé­tient la «carte verte» qui lui per­met de tra­vailler aux États-Unis. Elle a ain­si pho­to­gra­phié les clients de l’hô­tel St. Ré­gis pour la firme Pa­ci­fic Dream. Et elle est ac­tuel­le­ment por­trai­tiste pour l’agence Fly­to­gra­pher, de Van­cou­ver. Elle em­mène les gens à Ha­na­lei Bay, «le spot pour les pho­tos à Ha­waï», qui lui fait pen­ser à Ju­ras­sic Park.

Na­tive de la ville de Qué­bec, Bri­gitte Thé­riault fait de la pho­to de­puis 1994. Elle a rou­lé sa bosse aux Ca­raïbes, au Cos­ta Ri­ca, en Amé­rique cen­trale, au Pé­rou et un peu par­tout aux États-Unis.

Elle a la chance de pou­voir exer­cer son mé­tier où qu’elle soit dans le monde. Quand elle est re­ve­nue à Qué­bec, en juin, elle a «im­pro­vi­sé», chez elle, une ex­po­si­tion de ses oeuvres des an­nées 2007 à 2015. Elle en a ven­du plu­sieurs, mais il en res­tait quelques-unes quand Le So­leil est pas­sé. Elles ré­vèlent tout le ta­lent de cette femme, tant dans sa pro­fes­sion que dans sa fa­çon de dis­til­ler la beau­té au­tour d’elle.

AN­CIENNE TERRE DE PA­TATES

Il n’y a rien d’os­ten­ta­toire dans la mai­son que Bri­gitte et Marc ont bâ­tie, en 2003, «sur une an­cienne terre de pa­tates» du bou­le­vard Louis XIV. Ils ont amé­na­gé leur vaste ter­rain «pierre par pierre». Ils l’ont fleu­ri, en­ri­chi d’un po­ta­ger et d’une haie de cèdres. Ils ont ajou­té une grande ter­rasse à la mai­son. Puis, il y a cinq ans, Bri­gitte s’est bri­co­lé un stu­dio ex­té­rieur, au fond de la cour, qui est en réa­li­té une plate-forme do­tée d’un toit et d’une pa­roi ré­ver­sible. C’est là qu’elle réa­lise ses por­traits du­rant la belle sai­son. Elle y contrôle par­fai­te­ment la lu­mière.

Bri­gitte et sa fa­mille re­par­ti­ront pour leur pa­ra­dis du Pa­ci­fique dans quelques jours. Les en­fants pour­sui­vront leurs études. Les adultes tra­vaille­ront. Ils ne font pas par­tie des gens qui re­gret­te­ront de ne pas être al­lés au bout de leurs rêves.

— PHO­TOS BRI­GITTE THÉ­RIAULT — PHO­TO LE SO­LEIL, ERICK LAB­BÉ — PHO­TO LE SO­LEIL, ERICK LAB­BÉ — PHO­TO LE SO­LEIL, ERICK LAB­BÉ

1 L’ate­lier de Bri­gitte Thé­riault à Qué­bec 2 Le jar­din de la mai­son de Qué­bec a été amé­na­gé pierre par pierre. 3 L’école pu­blique de Ha­na­lei est dans un cadre épous­tou­flant. 4 Vi­vante, la salle à man­ger té­moigne de l’amour que la mai­son­née porte aux voyages et à la pho­to. 5 Plu­sieurs oeuvres de la pho­to­graphe sont ex­po­sées dans le sa­lon de sa ré­si­dence de Qué­bec. 6 Le sa­lon de la mai­son de Kauai est mo­deste et confor­table. 7 Bri­gitte Thé­riault est ou­verte aux chan­ge­ments. Elle a la chance d’exer­cer son mé­tier où qu’elle soit dans le monde.

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