Des ré­sul­tats en­cou­ra­geants

Le Quotidien - - ACTUALITÉS - LOUIS TREM­BLAY

La com­pi­la­tion des ré­sul­tats des dé­rives de larves dans le pro­jet d’amé­lio­ra­tion des zones de fraie d’éper­lans arc-en-ciel au lac SaintJean confirme que les ou­vrages réa­li­sés pen­dant l’hi­ver ont été uti­li­sés par les pois­sons et donc per­mettent d’es­pé­rer que la re­pro­duc­tion an­nuelle du prin­ci­pal ali­ment de la oua­na­niche s’amé­liore au cours des pro­chaines an­nées. La bio­lo­giste res­pon­sable du pro­jet à la Chaire de re­cherche sur les es­pèces aqua­tiques ex­ploi­tées, So­nya Lé­vesque, si­gnale qu’il s’agit du pre­mier sui­vi après l’ins­tal­la­tion des struc­tures de pierre sur le fond du lac dans la zone nord-ouest à l’em­bou­chure de la ri­vière Mis­tas­si­ni. Les chiffres ob­te­nus sont in­té­res­sants et dé­montrent que ces amé­na­ge­ments ont été im­plan­tés dans la bonne zone.

« En 2013, nous avions ob­te­nu des ré­sul­tats confir­mant la pré­sence de 10 larves par 1000 mètres cubes d’eau. Cette an­née, nous at­tei­gnons 60 larves d’éper­lans pour la même quan­ti­té d’eau. Il s’agit, dans notre jar­gon, de larves A qui ont entre zé­ro et deux jours, donc qui pro­viennent d’oeufs d’éper­lans qui viennent à peine d’éclore. »

Le nombre est im­por­tant, mais ce qui at­tire l’attention de la bio­lo­giste est le lieu ou les larves ont été re­cueillies. La zone est si­tuée tout juste au sud des ou­vrages. Ce qui si­gni­fie que les oeufs ont éclos dans la zone des amé­na­ge­ments et ont dé­bu­té leur dé­rive : « Les larves ont sui­vi le pa­tron du cou­rant nor­mal du lac Saint-Jean qui est an­ti­ho­raire. »

Dans le cadre de ce sui­vi, les scien­ti­fiques avaient dé­jà l’as­su­rance de la pré­sence d’oeufs sur les struc­tures. Les cap­teurs ins­tal­lés sur cha­cun des mon­ti­cules de pierres avaient per­mis de re­cueillir 180 oeufs. Le nombre était ju­gé plus que sa­tis­fai­sant par les res­pon­sables du pro­jet. « Ça semble un pe­tit nombre, mais il faut consi­dé­rer que les cap­teurs re­pré­sentent une très pe­tite sur­face si l’on consi­dère l’en­semble de la zone nord-ouest que nous avons iden­ti­fiée pour la fraie de l’éper­lan arc-en-ciel », ex­plique So­nya Lé­vesque.

Il est aus­si pro­bable que les larves qui ont dé­ri­vé à par­tir de la zone des îlots de pierre, qui ont été re­cou­vertes cette an­née d’un à trois mètres d’eau, ne pro­viennent pas toutes d’oeufs ac­cro­chés aux struc­tures de pierre. Les oeufs d’éper­lans peuvent s’ac­cro­cher à un grain de sable et par­ve­nir tout de même à l’éclo­sion même si ce sub­strat offre une moins bonne per­for­mance.

La vaste opé­ra­tion de cha­lu­tage d’éper­lan que le mi­nis­tère des Fo­rêts, de la Faune et des Parcs réa­li­se­ra au cours des pro­chaines se­maines per­met­tra d’éclai­rer en­core plus les res­pon­sables du pro­jet sur l’im­pact des nou­velles struc­tures sur le stock d’éper­lans dans le lac Saint-Jean. Il per­met­tra de dé­ter­mi­ner si l’aug­men­ta­tion de la pré­sence de larves à la dé­rive dé­pend de la crois­sance nor­male du cycle de l’aug­men­ta­tion des stocks ou si elle est vé­ri­ta­ble­ment at­tri­buable aux amé­na­ge­ments.

Le mi­nis­tère mène ces opé­ra­tions de­puis le mi­lieu des an­nées 1990. Ils ont donc consti­tué les pa­trons de crois­sance des po­pu­la­tions d’éper­lans. Les scien­ti­fiques pour­ront ain­si com­pa­rer les ré­sul­tats de cette an­née à ceux des an­nées qui cor­res­pon­dant ap­proxi­ma­ti­ve­ment à cette étape du cycle. Les éper­lans pro­ve­nant de la fraie de cette an­née com­mencent dé­jà à en­trer dans l’ali­men­ta­tion des sau­mons.

So­nya Lé­vesque at­tire l’attention sur la créa­tion de la banque de don­nées pro­ve­nant du cha­lu­tage an­nuel de l’éper­lan : « Ça vaut de l’or », in­siste la cher­cheuse pour bien faire res­sor­tir toute l’im­por­tance d’in­ves­tir dans des opé­ra­tions qui per­mettent de bien do­cu­men­ter le mi­lieu et ain­si mieux ap­puyer les in­ter­ven­tions comme le pro­jet éper­lan en cours de­puis 2006.

— PHO­TO LE QUO­TI­DIEN, LOUIS TREM­BLAY

Le di­rec­teur gé­né­ral de la CLAP, Marc Ar­cher, échange avec le pê­cheur Serge Blouin à la 2e Chute de la ri­vière Mis­tas­si­ni et l’auxi­liaire de conser­va­tion de la faune de la CLAP, Fa­bien Ga­gné. Les pê­cheurs ont éta­bli un re­cord de prises dans les fausses de cette ri­vière de­puis le dé­but de l’an­née.

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