Réunion de La Meute re­fu­sée à Ri­mous­ki

Le Quotidien - - ACTUALITÉS - JEAN-FRAN­ÇOIS NÉ­RON jf­ne­ron@le­so­leil.com

Le maire de Ri­mous­ki re­fuse de fa­ci­li­ter la te­nue d’évé­ne­ments aux­quels le contro­ver­sé groupe La Meute est as­so­cié. Le confé­ren­cier An­dré Pitre, dit Stu Pitt, n’a donc pu li­vrer son mes­sage mar­di soir dans un lo­cal des loi­sirs de la Ville comme ce fut le cas di­manche à Qué­bec.

Marc Pa­rent ex­plique avoir été in­ter­pel­lé par l’ar­ticle pu­blié lun­di par Le So­leil. On y ap­pre­nait que 80 sym­pa­thi­sants étaient réu­nis di­manche dans une salle du cha­let des loi­sirs Bourg-Royal pour y en­tendre M. Pitre, un com­men­ta­teur so­cio­po­li­tique po­pu­laire sur le Web, par­ler de la li­ber­té d’ex­pres­sion. Un im­por­tant ser­vice de sé­cu­ri­té d’une di­zaine de per­sonnes s’as­su­rait qu’au­cun groupe ou in­di­vi­du ne vienne per­tur­ber la ren­contre. Ces agents se don­naient aus­si le droit d’ef­fec­tuer des fouilles à l’en­trée.

La te­nue de l’évé­ne­ment dans un bâ­ti­ment de la Ville consti­tuait un vé­ri­table pied de nez au maire Ré­gis Labeaume qui avait fus­ti­gé le groupe, sou­vent iden­ti­fié à l’ex­trême droite, au len­de­main du pro­jet avor­té de ci­me­tière mu­sul­man à Saint-Apol­li­naire. Il avait par­lé d’un « genre de mi­lice po­ten­tiel­le­ment dan­ge­reuse et ex­trê­me­ment toxique » après avoir ap­pris que des membres du co­mi­té s’op­po­sant au pro­jet fai­saient aus­si par­tie de La Meute.

La Ville de Qué­bec avait ré­agi en di­sant qu’au­cune clause du contrat de lo­ca­tion n’em­pê­chait la lo­ca­tion d’une salle à un or­ga­nisme à but non lu­cra­tif ou à un ci­toyen pour qu’il y tienne des ac­ti­vi­tés.

La même chose s’est pas­sée à Ri­mous­ki, à l’ex­cep­tion que le pou­voir « po­li­tique » a fait an­nu­ler la ré­ser­va­tion après avoir été avi­sé. « Les ad­mi­nis­tra­teurs de la Cor­po­ra­tion des loi­sirs Na­za­reth étaient mal à l’aise après avoir ap­pris qui était M. Pitre et La Meute. Ils nous ont contac­tés et j’ai per­son­nel­le­ment de­man­dé d’an­nu­ler la ré­ser­va­tion », ex­plique au So­leil le maire Pa­rent.

Ce­lui-ci in­dique aus­si qu’il ne croit pas qu’une salle des loi­sirs soit un en­droit pro­pice pour te­nir une ren­contre où il y a un po­ten­tiel de « dé­bor­de­ments » en rai­son de la pos­sible pré­sence de gens ou groupes hos­tiles à l’idéo­lo­gie de La Meute.

Mar­di, An­dré Pitre men­tion­nait sur sa page Fa­ce­book que la ren­contre al­lait se te­nir à l’ex­té­rieur du bâ­ti­ment des loi­sirs. Le maire de Ri­mous­ki ne s’y op­po­sait pas, ex­pli­quant que son but était sim­ple­ment de ne pas fa­ci­li­ter la te­nue d’ac­ti­vi­tés dans des lo­caux de la Ville.

Syl­vain Brouillette, porte-pa­role de La Meute, a fait connaître son mé­con­ten­te­ment. « Il semble que le maire soit le seul juge de ce qui est ac­cep­table de par­ve­nir aux oreilles de ses ci­toyens. La Meute croit que cette dé­ci­sion, qui re­lève de la cen­sure, est une grave en­trave aux droits fon­da­men­taux des ci­toyens de Ri­mous­ki, des or­ga­ni­sa­teurs de l’évé­ne­ment et des membres de La Meute, plus par­ti­cu­liè­re­ment », a-til écrit, en se ré­fé­rant à la Charte des droits et li­ber­tés.

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