Pes­ti­cides : une ré­gle­men­ta­tion aux ef­fets né­ga­tifs

Le Quotidien - - CHRONIQUE -

À la suite du dé­voi­le­ment de la nou­velle ré­gle­men­ta­tion dé­cou­lant de la Stra­té­gie qué­bé­coise sur les pes­ti­cides, les Pro­duc­teurs de grains du Qué­bec se dé­so­lent de l’im­po­si­tion de contraintes dra­co­niennes, d’une sous-es­ti­ma­tion de leurs im­pacts réels et de l’ab­sence de com­pen­sa­tion ap­pro­priée pour le sec­teur agri­cole. En ré­su­mé, l’ap­proche de l’in­ter­dic­tion pure et simple a été privilégiée à celle de l’uti­li­sa­tion pla­ni­fiée et avec dis­cer­ne­ment des pes­ti­cides, comme c’est le cas ac­tuel­le­ment.

Les pro­duc­teurs de grains connaissent par­fai­te­ment bien l’im­por­tance de pro­té­ger l’en­vi­ron­ne­ment. Il est tout à leur avan­tage de s’as­su­rer que leurs ac­ti­vi­tés soient en har­mo­nie le plus pos­sible avec leur res­source prin­ci­pale.

Ce sont tou­te­fois des en­tre­pre­neurs qui doivent s’as­su­rer de main­te­nir leur com­pé­ti­ti­vi­té afin de contri­buer au dé­ve­lop­pe­ment éco­no­mique du Qué­bec. Les dis­po­si­tions conte­nues dans la nou­velle ré­gle­men­ta­tion aug­men­te­ront si­gni­fi­ca­ti­ve­ment les coûts de pro­duc­tion, alors que les fon­de­ments scien­ti­fiques de l’ap­proche re­te­nue par le gou­ver­ne­ment sont plus que dis­cu­tables et que les me­sures d’ac­com­pa­gne­ment pré­vues ne com­pensent qu’une frac­tion de l’im­pact né­ga­tif pour la pro­duc­tion.

Au fi­nal, cette ré­gle­men­ta­tion au­ra un ef­fet éco­no­mique né­ga­tif dé­pas­sant lar­ge­ment les avan­tages en­vi­ron­ne­men­taux es­pé­rés.

La ré­gle­men­ta­tion an­non­cée par le gou­ver­ne­ment com­prend l’in­ter­dic­tion de l’uti­li­sa­tion de plu­sieurs pes­ti­cides, dont trois néo­ni­co­ti­noïdes, sauf si un avis for­mel d’un agro­nome est émis. Un re­gistre doit par ailleurs être im­plan­té. L’étude d’im­pact dé­voi­lée par le gou­ver­ne­ment en es­time les ef­fets pour les agri­cul­teurs à 8,5 mil­lions de dol­lars par an­née.

L’étude d’im­pact ou­blie tou­te­fois de quan­ti­fier les ef­fets né­ga­tifs liés au rem­pla­ce­ment de ces pro­duits par d’autres ou­tils de ges­tion des cul­tures, que ce soit sur le plan éco­no­mique ou en­vi­ron­ne­men­tal.

L’étude ad­met ne pas avoir éva­lué l’in­ci­dence du res­pect des dis­tances sé­pa­ra­trices. Sans ou­blier que les ré­per­cus­sions né­ga­tives pour les ven­deurs de pes­ti­cides se tra­dui­ront par une hausse des prix payés par les pro­duc­teurs. C’est donc dire que cette ré­gle­men­ta­tion gé­né­re­ra des coûts au moins trois fois plus éle­vés que la va­leur de 3 mil­lions de dol­lars de

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