Pas d’im­pact à Qué­bec

Le Quotidien - - TRIBUNE - PA­TRI­CIA CLOUTIER

Le phé­no­mène de hausse des de­mandes d’asile ne de­vrait pas avoir d’im­pact ailleurs qu’à Mon­tréal, étant don­né que toutes les res­sources qui s’oc­cupent des im­mi­grants illé­gaux sont concen­trées dans la métropole.

Dans la ca­pi­tale, les Ha­bi­ta­tions du Centre mul­tieth­nique de Qué­bec n’ont pas été contac­tées pour hé­ber­ger tem­po­rai­re­ment une par­tie des de­man­deurs d’asile qui af­fluent, en pro­ve­nance des États-Unis. « On verra ce que le mi­nis­tère de l’Im­mi­gra­tion dé­ci­de­ra par rap­port à ça, si ja­mais ils sont trop dé­bor­dés. Mais je vous di­rais que nor­ma­le­ment, on ne re­çoit pas d’im­mi­grants illé­gaux. On n’est pas dé­diés à cette clien­tèle », com­mente San­drine Viel, di­rec­trice des Ha­bi­ta­tions.

Le Centre mul­tieth­nique de Qué­bec est plu­tôt équi­pé pour re­ce­voir des im­mi­grants ou des ré­fu­giés qui ont dé­jà ob­te­nu leur sta­tut de ré­sident per­ma­nent alors qu’ils étaient à l’étran­ger. Mme Viel ex­plique que les de­man­deurs d’asile doivent en­tre­prendre de nom­breuses dé­marches avant de re­ce­voir — peut-être — leurs pa­piers, et se pré­sen­ter à plu­sieurs ren­dez-vous dans des bu­reaux si­tués à Mon­tréal. Si bien qu’il est plus fa­cile qu’ils soient hé­ber­gés tem­po­rai­re­ment dans la métropole.

Le Centre in­té­gré uni­ver­si­taire de san­té et de ser­vices so­ciaux (CIUSSS) du Centre-Ouest-del’Île-de-Mon­tréal confirme qu’il concentre ses re­cherches d’hé­ber­ge­ment à Mon­tréal, afin d’évi­ter d’avoir re­cours à des na­vettes. AR­RI­VÉES «ANEC­DO­TIQUES»

Ces der­niers jours, les de­man­deurs d’asile se sont presque tous pré­sen­tés près du poste fron­ta­lier de Saint-Ber­nard-de-La­colle, dans le rang Rox­ham. Les autres postes fron­ta­liers n’ont pas eu à vivre le même scé­na­rio.

Que ce soit à Arm­strong et à Saint-Just-de-Bre­te­nières, en Chau­dière-Ap­pa­laches, ou à Stans­tead, en Es­trie, les de­man­deurs d’asile sont plu­tôt rares. « Il peut y en avoir, mais c’est vrai­ment anec­do­tique. La si­tua­tion est très dif­fé­rente de ce qui se passe près de La­colle », in­dique Ju­dith Gad­bois-St-Cyr, conseillère en com­mu­ni­ca­tion pour l’Agence des ser­vices fron­ta­liers du Ca­na­da.

L’Agence ne pu­blie d’ailleurs pas de sta­tis­tiques sur les de­mandes d’asile qui sont faites dans ces postes fron­ta­liers, étant don­né que les chiffres sont mi­nimes. « Ça ren­drait l’iden­ti­fi­ca­tion de ces per­sonnes trop fa­cile, ce qu’on ne sou­haite pas », jus­ti­fie Mme Gad­bois-St-Cyr.

Le jour­nal La Voix du Sud rap­por­tait en avril der­nier qu’une fa­mille de cinq per­sonnes avait illé­ga­le­ment tra­ver­sé la fron­tière près du poste de Saint-Just-de-Bre­te­nières, mais ces cas ne sont pas lé­gion.

Le rang Rox­ham au­rait d’ailleurs des ca­rac­té­ris­tiques géo­gra­phiques qui fa­ci­litent le pas­sage des im­mi­grants illé­gaux. « C’est un che­min na­tu­rel. Ils n’ont pas de boi­sé, de clô­ture, de lac ou d’autres obs­tacles à tra­ver­ser, comme ça peut être le cas ailleurs », ex­plique Mme Gad­bois-St-Cyr.

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