La Miss Gâ­teaux de Saint-Prime

Le Quotidien - - LA UNE - RO­GER BLACKBURN rblack­burn@le­quo­ti­dien.com

Ré­cem­ment lors d’une ren­contre de presse, les maires de vil­lage y par­ti­ci­pant de­vaient ap­por­ter avec eux un pro­duit ty­pique de leur ter­roir. Le maire de Saint-Prime, Lu­cien Boi­vin, est ar­ri­vé avec une boîte de cup­cakes. Un peu sur­pre­nant quand même. J’au­rais pen­sé qu’il au­rait mis du fro­mage Per­ron dans sa be­sace, un nom as­so­cié à ce vil­lage de­puis de nom­breuses an­nées.

Le maire Boi­vin m’a re­mis la carte d’af­faires de Miss Gâ­teaux en me di­sant « si tu as une chance pro­chai­ne­ment, ar­rête à cette pâ­tis­se­rie, les gâ­teaux sont as­sez ex­cep­tion­nels, tu sau­ras me le dire ».

PEINE D’AMOUR D’EM­PLOI

« J’ai ou­vert cette pâ­tis­se­rie parce que j’ai per­du mon em­ploi. Je tra­vaillais à l’Échap­pée bleue, un gîte tou­ris­tique à l’époque, un en­droit que j’ai­mais beau­coup. J’étais en peine d’amour de job, mon cher mon­sieur », ra­conte au chro­ni­queur le plus sé­rieu­se­ment du monde Na­tha­lie Pa­ré, Miss Gâ­teaux elle-même.

« La tris­tesse de cette perte d’em­ploi a fait que je me suis mis à faire des gâ­teaux pour pas­ser mon en­nui et ré­flé­chir à mon ave­nir. Il faut dire que ma mère était pâ­tis­sière et que chez nous, nous avons été éle­vés aux des­serts. C’est après cette pé­riode de ré­flexion que j’ai dé­ci­dé de lan­cer mon com­merce », de ra­con­ter la jeune pâ­tis­sière qui m’ac­cor­dait une en­tre­vue der­rière son comp­toir.

Elle a choi­si la mai­son cen­te­naire de ses beaux-pa­rents le long de la route ré­gio­nale à Saint-Prime pour ins­tal­ler sa pâ­tis­se­rie et son comp­toir de pré­sen­ta­tion.

12 MOIS PAR AN­NÉE

« C’est une mai­son cen­te­naire, voi­sine de notre ré­si­dence et il y a eu plu­sieurs com­merces ici avant ; alors nous n’avons pas cher­ché mi­di à 14 h, nous nous sommes ins­tal­lés ici et je suis bien contente du ré­sul­tat », dit-elle.

L’été, les tou­ristes s’ar­rêtent par cen­taines à la pâ­tis­se­rie Miss Gâ­teaux qu’on peut trou­ver pas loin en bas de la grande côte en en­trant dans le vil­lage pas­sé Ro­ber­val. « Il se fait beau­coup de bouche à oreille sur­tout sur les ré­seaux so­ciaux. Les gâ­teaux, c’est co­lo­ré, ça fait de belles pho­tos à par­ta­ger, les gens lèchent leur écran et ça leur donne le goût d’ar­rê­ter quand ils passent dans le coin », image Miss Gâ­teaux avec un pe­tit sou­rire sur le vi­sage.

G­TEAUX DU TER­ROIR

La pâ­tis­se­rie est ou­verte de­puis cinq ans et la pâ­tis­sière a l’in­ten­tion de cui­si­ner long­temps pour la clien­tèle. « Je vou­drais mar­quer l’ima­gi­naire des gens et du vil­lage pour qu’ils disent un jour que ça fait 40 ans qu’il se fait des gâ­teaux ici », sou­haite la femme d’af­faires qui compte trois em­ployés.

«Pour faire de la pâ­tis­se­rie, ça prend des com­pé­tences, des connais­sances et de l’ex­pé­rience. Je ne peux pas em­bau­cher des étu­diants pour un em­ploi d’été, je me tourne vers des em­ployés à temps com­plet qui doivent tra­vailler très fort et que je suis presque en train de brû­ler d’ailleurs, tel­le­ment nous avons peine à suf­fire à la tâche », ex­pli­quet-elle de­vant le suc­cès de son en­tre­prise qui vit très bien avec une po­pu­la­tion de moins de 3000 ha­bi­tants.

« En en­trant dans la pâ­tis­se­rie, les gens res­pirent pro­fon­dé­ment, comme dans les bou­lan­ge­ries, l’odeur sé­duit. Ici, nos gâ­teaux sont faits mai­son, ça de­mande beau­coup de tra­vail avec des oeufs d’ici, cas­sés un à un, avec du beurre de la Lai­te­rie de La Baie et du lait Nu­tri­nor, nos gâ­teaux goûtent la ré­gion » dit-elle fiè­re­ment.

On pour­rait dire que les pâ­tis­se­ries de Miss Gâ­teaux sont des gâ­te­ries du ter­roir. Na­tha­lie Pa­ré compte sur une clien­tèle fi­dèle et dis­tri­bue ses pro­duits dans quelques com­merces des en­vi­rons.

Ré­glons quelque chose tout de suite, ce sont les meilleurs cup­cakes que je n’ai ja­mais man­gés. Dé­so­lé pour tous ceux qui en font à la mai­son, ceux de Miss Gâ­teaux sont hors concours et elle ne lé­sine pas sur le cré­mage.

La pâ­tis­sière fait aus­si des com­mandes spé­ciales pour les an­ni­ver­saires et les oc­ca­sions spé­ciales. « Les gens aiment les sur­prises et me disent sim­ple­ment que c’est pour la fête de leur conjoint et qu’il aime la pêche ou et c’est pour sa fille et qu’elle aime les chiens et me disent : ‘‘Fais ce que tu veux’.’ Alors c’est une sur­prise pour ce­lui qui l’achète et pour ce­lui qui le re­çoit », ex­plique celle qui veut dé­ve­lop­per sa marque à long terme comme les fro­mages Per­ron ou le cho­co­lat des Pères Trap­pistes.

Ar­rê­tez en pas­sant, pre­nez-vous une dou­zaine de cup­cakes et vous m’en re­par­le­rez. Rien ne vous em­pêche de lé­cher votre écran en dé­cou­vrant le ta­lent de la pâ­tis­sière sur son site in­ter­net.

BLACKBURN — PHO­TO LE PRO­GRÈS, RO­GER

Miss Gâ­teaux, Na­tha­lie Pa­ré, de Saint-Prime, es­père que ses gâ­teaux fe­ront par­tie un jour du pa­tri­moine ali­men­taire de la ré­gion.

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