Der­nier sa­lut à Mau­rice Fi­lion

Le Quotidien - - SPORTS - GUILLAUME PIEDBOEUF gpied­boeuf@le­so­leil.com

Ils étaient plu­sieurs grands noms de l’his­toire du ho­ckey qué­bé­cois, ven­dre­di ma­tin, dans Char­les­bourg, pour les fu­né­railles de Mau­rice Fi­lion. Du nombre, Guy La­fleur, ve­nu sa­luer une der­nière fois son an­cien en­traî­neur chez les Rem­parts et « l’un des fon­da­teurs qui ont fait que le ho­ckey est main­te­nant si po­pu­laire à Qué­bec. » De Mi­chel Ber­ge­ron à Pa­trick Roy, en pas­sant par Alain Cô­té, Ma­rian Stast­ny, Pau­lin Bor­de­leau, Dave Pi­chette et Phi­lippe Bou­cher, les fu­né­railles de ven­dre­di ma­tin à l’église Sainte-Cé­cile ne man­quaient pas de vi­sages connus du monde du ho­ckey.

Se li­vrant pour la pre­mière fois aux mé­dias de­puis le dé­cès du di­rec­teur gé­né­ral de longue date des Nor­diques, Guy La­fleur, qui a rem­por­té la Coupe Me­mo­rial 1971 sous les ordres de Mau­rice Fil­lion, s’est re­mé­mo­ré un en­traî­neur proche de ses joueurs.

« C’était un homme droit, un homme de coeur. Il était dur, mais juste avec tout le monde. Il al­lait cher­cher le maxi­mum de cha­cun et s’ef­fa­çait pour lais­ser toute la gloire aux joueurs. Il a été im­por­tant dans ma car­rière de ho­ckey ju­nior », a ex­pli­qué l’an­cien ca­pi­taine des Rem­parts, qui avait d’abord af­fron­té Fi­lion avec les As ju­niors lorsque ce der­nier di­ri­geait les Ran­gers de Drum­mond­ville.

« Il y avait une grosse ri­va­li­té entre les deux équipes. Après, quand il est ve­nu à Qué­bec di­ri­ger les Rem­parts, ça a été pour moi et l’équipe une im­mense source de mo­ti­va­tion », a ex­pli­qué la lé­gende du Ca­na­dien, qui est res­té en contact avec son en­traî­neur tout le reste de sa vie, y com­pris dans les belles an­nées de la ri­va­li­té Ca­na­dien-Nor­diques.

PAS DE PASSE-DROIT

Même à un joueur d’ex­cep­tion comme La­fleur, Mau­rice Fi­lion n’ac­cor­dait pas de passe-droit et im­po­sait son au­to­ri­té, s’est rap­pe­lé le prin­ci­pal in­té­res­sé.

« Je me sou­viens, à l’époque, un 23 dé­cembre où l’on jouait à Ver­dun. Je de­vais al­ler pas­ser Noël dans ma fa­mille à Thur­so. Mau­rice m’a dit que si l’on ga­gnait le match, je pou­vais y al­ler. Si l’on per­dait, je de­vais re­ve­nir à Qué­bec et l’on avait une pra­tique le 24. On a per­du, mais je lui ai dit que je des­cen­dais chez nous. Il m’a dit qu’il vou­lait me voir sur la glace à 10 h le len­de­main ma­tin. Ren­du chez mes pa­rents, j’ai com­men­cé à ré­flé­chir à ma dé­ci­sion, et j’ai fi­ni par re­par­tir à Qué­bec dans la nuit. À 10 h j’étais sur la glace. Mau­rice n’a pas dit un mot, il m’a juste re­gar­dé avec un sou­rire. »

C’était un homme droit, un homme de coeur. Il était dur, mais juste avec tout le monde.

— PHO­TOS LE SO­LEIL, CA­RO­LINE GRÉ­GOIRE

Dave Pi­chette, Phi­lippe Bou­cher, Vincent Ber­nier et Pau­lin Bor­de­leau ont échan­gé quelques sou­ve­nirs à la suite de la cé­lé­bra­tion des fu­né­railles de Mau­rice Fi­lion.

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