De nom­breux dé­fis at­tendent les fa­bri­cants qué­bé­cois

Le Quotidien - - MOBILIER - SO­PHIE RICHARD sri­chard@le­quo­ti­dien.com

Le 5 juillet der­nier, le Mou­ve­ment des caisses Des­jar­dins dé­voi­lait une étude éco­no­mique por­tant sur les pers­pec­tives d’ave­nir du sec­teur du meuble au Qué­bec. Se­lon l’ana­lyse réa­li­sée par Joëlle No­reau, éco­no­miste prin­ci­pale, après 25 ans de hauts et de bas, l’in­dus­trie pro­fite en­fin d’une conjonc­ture éco­no­mique fa­vo­rable, mais fait face à des dé­fis de taille.

Si on se ré­fère à la der­nière dé­cen­nie, où les mon­tagnes à gra­vir furent nom­breuses pour les fa­bri­cants de meubles qué­bé­cois, la lu­mière semble en­fin poin­ter à l’ho­ri­zon alors que les deux der­nières an­nées se sont avé­rées pro­fi­tables pour l’in­dus­trie.

Il faut se rap­pe­ler que de 2002 à 2014, l’in­dus­trie qué­bé­coise a fait face à l’ar­ri­vée de la pro­duc­tion asia­tique à bas prix ain­si qu’à une ap­pré­cia­tion ra­pide et su­bite du dol­lar ca­na­dien qui a eu une in­ci­dence sur l’ex­por­ta­tion à des­ti­na­tion des États-Unis.

Ajou­tez à ce­la la hausse du prix du bois et l’ef­fon­dre­ment du mar­ché ré­si­den­tiel amé­ri­cain sans comp­ter la crise fi­nan­cière de 2008-2009 et tous les élé­ments étaient réunis pour me­ner la vie dure à l’in­dus­trie qué­bé­coise du meuble. Ain­si, le bi­lan po­si­tif de 2015 et 2016 a de quoi ré­jouir les fa­bri­cants. Mais à quoi ce re­gain de l’in­dus­trie qué­bé­coise du meuble est-il at­tri­buable?

«Il faut re­con­naître que la fai­blesse du dol­lar ca­na­dien ouvre des portes sur le mar­ché amé­ri­cain. Par ailleurs, la vi­gueur du mar­ché de l’ha­bi­ta­tion et de l’éco­no­mie au Ca­na­da et aux États-Unis sup­porte la de­mande pour le meuble d’ici», peut-on lire dans le do­cu­ment pu­blié au dé­but de juillet.

Il y aus­si l’ef­fet Chine qui s’es­tompe tran­quille­ment, mais au-de­là de la conjonc­ture ac­tuelle, il faut sou­li­gner les ef­forts de l’in­dus­trie qué­bé­coise du meuble.

«Si la conjonc­ture ac­tuelle mousse la vente de meubles, l’in­dus­trie qué­bé­coise tente aus­si de faire va­loir d’autres atouts. On peut men­tion­ner une offre pour le meuble de mi­lieu et de haut de gamme, une ap­proche plus per­son­na­li­sée et le sou­ci de la qua­li­té. La stra­té­gie qué­bé­coise se dé­ploie peu à peu. Au-de­là des don­nées qui s’amé­liorent, on per­çoit que l’in­dus­trie est de mieux en mieux or­ga­ni­sée et co­or­don­née.»

UNE IN­DUS­TRIE EN PLEIN CHAN­GE­MENT

Au cours des der­nières an­nées, les ha­bi­tudes de consom­ma­tion ont gran­de­ment chan­gé tout comme le mar­ché du meuble.

On peut pen­ser entre autres choses à l’ar­ri­vée d’In­ter­net et du com­merce élec­tro­nique qui trans­forme peu à peu l’in­dus­trie.

Les be­soins des consom­ma­teurs ont éga­le­ment évo­lué. Alors qu’au­pa­ra­vant la ten­dance était aux mai­sons de grandes di­men­sions, il semble qu’au­jourd’hui, elle soit da­van­tage aux plus pe­tits es­paces. Il faut donc pen­ser les meubles dif­fé­rem­ment. Il en va de même pour ac­com­mo­der une po­pu­la­tion vieillis­sante.

Les consom­ma­teurs sont éga­le­ment de plus en plus exi­geants. Ils veulent des pro­duits de qua­li­té qui se dé­marquent. «L’heure est à la per­son­na­li­sa­tion et les fa­bri­cants de meubles sont bien au fait de cette ten­dance».

Ain­si dans un ave­nir très rap­pro­ché, l’in­dus­trie du meuble de­vra s’adap­ter aux be­soins chan­geants des ache­teurs.

Au-de­là de ti­rer leur épingle du jeu par la qua­li­té de leurs pro­duits, les fa­bri­cants de­vront éga­le­ment s’af­fi­cher sur In­ter­net et amé­lio­rer leurs mé­thodes de dis­tri­bu­tion en consé­quence.

Ils de­vront aus­si trou­ver des moyens d’amé­lio­rer leur pro­duc­ti­vi­té.

Quant à la vi­si­bi­li­té des meubles qué­bé­cois au Ca­na­da et à l’étran­ger «l’aide à la com­mer­cia­li­sa­tion et l’or­ga­ni­sa­tion de mis­sions com­mer­ciales et l’ac­cueil d’ache­teurs sont par­mi les ac­tions prio­ri­taires de la stra­té­gie d’ex­por­ta­tion».

L’As­so­cia­tion des fa­bri­cants de meubles du Qué­bec tra­vaille d’ores et dé­jà à l’im­plan­ta­tion de la si­gna­ture «Meuble du Qué­bec», qu’elle de­mande aux dé­taillants d’af­fi­cher en ma­ga­sin, sur In­ter­net, dans les cir­cu­laires et dans tout autre do­cu­ment pro­mo­tion­nel.

Fi­na­le­ment, «l’in­no­va­tion de­meure au coeur du suc­cès de l’in­dus­trie du meuble. Celle-ci passe par l’éla­bo­ra­tion de nou­veaux pro­duits, mais aus­si par la mise à jour de ses modes de pro­duc­tion. La flexi­bi­li­té de l’in­dus­trie qué­bé­coise, qui fait sa re­nom­mée, doit être main­te­nue. Ce­la si­gni­fie des in­ves­tis­se­ments.»

«Les fa­bri­cants de meubles du Qué­bec ont à la fois des pers­pec­tives in­té­res­santes de­vant eux et un pro­gramme de tra­vail exi­geant», conclut l’éco­no­miste Joëlle No­reau dans son rap­port.

Pour consul­ter l’in­té­gra­li­té du do­cu­ment «Le sec­teur du meuble re­trouve de son lustre», vi­si­tez la sec­tion Études éco­no­miques au www.des­jar­dins.com

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