Ce fut une belle aven­ture

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La pe­tite séduction qui a fait dé­cou­vrir un Qué­bec ru­ral flam­boyant et une fran­co­pho­nie éton­nam­ment vi­vante au Ca­na­da an­glais joue­ra de ses charmes une der­nière fois, le 23 août pro­chain, à Saint-Mar­tinde-Beauce. Cette idée d’ex­plo­rer l’his­toire et les ca­rac­té­ris­tiques d’un village gé­né­ra­le­ment mé­con­nu au­tour d’une ve­dette de notre com­mu­nau­té ar­tis­tique ou par­fois de l’uni­vers spor­tif a connu un suc­cès in­es­pé­ré... tout comme La Fa­bu­leuse d’ailleurs. DA­NY TURCOTTE

La mer­veilleuse aven­ture prend fin après 12 ans. Elle ne de­vait vivre que deux ans, mais son rayon­ne­ment lu­mi­neux a mo­di­fié la vi­sion de Ra­dio-Ca­na­da. Le Jon­quié­rois d’ori­gine et di­plô­mé du Cé­gep de Jon­quière, Da­ny Turcotte, au­ra dé­ployé, du­rant les 235 émis­sions, des fa­cettes in­ex­ploi­tées jus­qu’à main­te­nant de son im­mense ta­lent. Le co­mé­dien s’est ré­vé­lé pro­gres­si­ve­ment der­rière l’hu­mo­riste. Des réa­li­sa­teurs doivent sû­re­ment mi­jo­ter des rôles ajus­tés aux pos­si­bi­li­tés de ce po­pu­laire fou du roi de Tout le monde en parle.

La pe­tite séduction au­ra dé­bu­té très mo­des­te­ment. À l’émis­sion pi­lote, « on est par­tis avec une ca­mé­ra dans un village, on ne sa­vait pas trop où on s’en al­lait. Notre concept était très mince », ra­conte Da­ny Turcotte au confrère Ri­chard Ther­rien du So­leil. Le bud­get de­vait être as­sez mince, car même si le gou­ver­ne­ment Tru­deau a ajou­té 675 mil­lions $ sur cinq ans à la sub­ven­tion an­nuelle d’un mil­liard $ qu’il verse à Ra­dio-Ca­na­da, l’équipe na­tio­nale du ré­seau fran­çais ne quitte guère l’ag­glo­mé­ra­tion mé­tro­po­li­taine et la ca­pi­tale na­tio­nale.

« Quand on voit des images des ré­gions, c’est sou­vent lors­qu’il y a des tra­gé­dies, fait ob­ser­ver l’ani­ma­teur Da­ny Turcotte dans une en­tre­vue au So­leil. Nous, on mon­trait comment vi­vaient les gens. » Les re­por­tages sur les ré­gions dif­fu­sés au ré­seau na­tio­nal sont ra­ris­simes. « ICI Ra­dio-Ca­na­da ? Non ! ICI Ra­dioMon­tréal ! » ti­trait Mar­jo­rie Ped­neault dans une lettre ou­verte. Cette jour­na­liste ori­gi­naire de notre ré­gion par­lait en connais­sance de cause puis­qu’elle fut à l’em­ploi du ser­vice d’in­for­ma­tion de Ra­dio-Ca­na­da Aca­die du­rant cinq ans. SAINTE-ROSE-DU-NORD

Le grand mé­rite de La pe­tite séduction c’est d’avoir, sans les im­menses res­sources de Ra­dioCa­na­da, pré­sen­té pen­dant plus d’une dé­cen­nie, de la té­lé-réa­li­té ré­gio­nale sym­pa­thique sans tom­ber dans la qué­tai­ne­rie. Plu­sieurs mu­ni­ci­pa­li­tés de notre ré­gion ont dé­fi­lé dans ce dia­po­ra­ma d’une beau­té in­ouïe de la cam­pagne qué­bé­coise.

Il ne man­quait plus que Sain­teRose-du-Nord, le plus pit­to­resque de nos vil­lages, à cette sé­rie té­lé­vi­sée bien par­ti­cu­lière. Les né­go­cia­tions avec les au­to­ri­tés n’ont ja­mais abou­ti. Le maire Laurent Thi­beault ne com­prend tou­jours pas pour­quoi Ra­dioCa­na­da exi­geait en ser­vices l’équi­valent d’une contri­bu­tion de quelque 35 000 $ à un village dont la po­pu­la­tion ne dé­passe pas les 500 ha­bi­tants pour mé­ri­ter La pe­tite séduction.

« Heu­reu­se­ment, se ré­jouit-il, Sainte-Rose n’en a pas souf­fert. Les tou­ristes eu­ro­péens sont friands de notre coin de pays. » Il a bien rai­son, cet his­to­rien pro­mu chef du son pa­te­lin. Je l’ai vé­ri­fié, sa­me­di, en cas­sant la croûte au res­tau­rant Mi­na qu’il ex­ploite avec son épouse. Du­rant tout le temps du re­pas, je n’ai vu dé­fi­ler à leur table que des vi­si­teurs d’outre-At­lan­tique ap­par­te­nant en ma­jo­ri­té à la classe moyenne su­pé­rieure ve­nus sa­vou­rer notre na­ture et ses grands es­paces. Se di­sant en­chan­tés de leur dé­cou­verte d’un Qué­bec qu’ils connais­saient mal, ils pro­jettent de re­ve­nir ex­plo­rer notre hi­ver et sa neige abon­dante.

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