Le maire de Baie-Tri­ni­té dé­mis­sionne

Le Quotidien - - ACTUALITÉS - STEEVE PA­RA­DIS Le So­leil

BAIE-CO­MEAU — De­nis Lejeune a fi­na­le­ment choi­si la voie de la dé­mis­sion. Le maire de Baie-Tri­ni­té, tou­jours à la tête du con­seil mu­ni­ci­pal mal­gré le fait qu’il ait été re­con­nu cou­pable d’agression sexuelle, quitte donc avec trois mois à faire à son man­dat plu­tôt que de faire face à une éven­tuelle pro­cé­dure de des­ti­tu­tion. Le dé­sor­mais ex-maire de Baie-Tri­ni­té avait jus­qu’au dé­but de cette se­maine pour de­man­der à la Cour su­prême de sta­tuer sur le re­fus de la Cour d’ap­pel d’en­tendre sa re­quête, ce qu’il n’a pas fait. La Com­mis­sion mu­ni­ci­pale du Qué­bec pou­vait donc amor­cer une pro­cé­dure de des­ti­tu­tion à son en­droit.

M. Lejeune ne s’est pas pré­sen­té à la séance du con­seil mu­ni­ci­pal de mar­di soir, ré­di­geant plu­tôt une lettre qui a été lue par un conseiller mu­ni­ci­pal. Au bu­reau mu­ni­ci­pal de Baie-Tri­ni­té, on re­fu­sait de don­ner co­pie de cette mis­sive

Pour du style, de l’élé­gance et du con­fort

aux mé­dias, mais on confirme qu’elle trai­tait bien de la dé­mis­sion du maire, in­vi­sible dans les ins­tances ré­gio­nales de­puis plus de deux ans.

Rap­pe­lons que De­nis Lejeune a été ac­cu­sé en juillet 2013 d’agression sexuelle à l’en­droit de Ca­ro­line La­marre, une em­ployée mu­ni­ci­pale. Il lui a no­tam­ment pris les seins. Ces ac­cu­sa­tions ne l’ont pas em­pê­ché d’être ré­élu quelques mois plus tard à la mai­rie du vil­lage de 450 âmes.

En 2015, Lejeune a été re­con­nu cou­pable d’un chef d’ac­cu­sa­tion, mais avait bé­né­fi­cié d’un sur­sis de NOU­VEAU­TÉS AU­TOMNE/ HI­VER JUS­QU’À sen­tence, éco­pant de 120 heures de tra­vaux com­mu­nau­taires et d’une pro­ba­tion de deux ans. Il pou­vait tou­te­fois res­ter en poste en rai­son des dis­po­si­tions de la loi d’alors, qui di­sait qu’un élu pou­vait conti­nuer à sié­ger s’il éco­pait d’une peine d’em­pri­son­ne­ment de moins de 30 jours.

La Loi sur les élec­tions et les ré­fé­ren­dums dans les mu­ni­ci­pa­li­tés a tou­te­fois a été mo­di­fiée avec l’adop­tion de la loi 83, en 2016, et de­puis cette date, tous les élus cou­pables d’une in­frac­tion au Code cri­mi­nel sont au­to­ma­ti­que­ment des­ti­tués, qu’ils aient ou non re­çu une peine de pri­son. La sen­tence de Lejeune re­mon­tait ce­pen­dant avant cette mo­di­fi­ca­tion à la lé­gis­la­tion.

EN­TENTE CONFI­DEN­TIELLE

Le mois der­nier, Ca­ro­line La­marre et la mu­ni­ci­pa­li­té ont conclu une en­tente confi­den­tielle en ver­tu de la­quelle la mère de cinq en­fants ces­sait ses dé­marches pour re­trou­ver son em­ploi, qu’elle n’a plus de­puis 2013, en re­tour d’une com­pen­sa­tion fi­nan­cière.

« Les em­ployés de la mu­ni­ci­pa­li­té ne tra­vaille­ront plus sous la gou­verne d’un maire qui a été re­con­nu cou­pable d’un geste cri­mi­nel », a été la pre­mière ré­ac­tion de la re­pré­sen­tante ré­gio­nale du Syn­di­cat ca­na­dien de la fonc­tion pu­blique (SCFP), Char­laine Si­rois.

Mme Si­rois re­fuse de se dire sou­la­gée pour Mme La­marre, dé­fen­due par le SCFP dans ses dé­marches pour ré­cu­pé­rer son bou­lot, en rai­son des nom­breuses an­nées qui se sont écou­lées avant la fin de cette sa­ga qui a car­ré­ment di­vi­sé le vil­lage en deux. « Je dis plu­tôt en­fin, car Ca­ro­line a dé­non­cé son agression en 2013 et c’est seule­ment en 2017 qu’il [Lejeune] dé­mis­sionne », a-t-elle fait va­loir.

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