Les en­vi­ron­ne­men­ta­listes veulent des me­sures ra­pides

Le Quotidien - - ACTUALITÉS - FAN­NY LÉ­VESQUE fle­vesque@le­so­leil.com

La consul­ta­tion ca­na­dienne lan­cée mar­di par Ot­ta­wa pour le ré­ta­blis­se­ment de la ba­leine noire, du bé­lu­ga et de l’épau­lard a fait sour­ciller les groupes en­vi­ron­ne­men­taux, qui ré­clament des me­sures ra­pides pour pré­ser­ver ces es­pèces, mais aus­si, pour frei­ner l’épi­sode de mor­ta­li­té sans pré­cé­dent qui se­coue la ba­leine noire. Ot­ta­wa in­ter­ro­ge­ra jus­qu’au 19 septembre, les «Ca­na­diens et les in­ter­ve­nants» via son ini­tia­tive Par­lons des ba­leines, une pla­te­forme mise en ligne et qui pré­sente les conclu­sions des exa­mens des ex­perts de Pêches et Océans Ca­na­da. Les scien­ti­fiques ont ci­blé une sé­rie de me­sures pour le ré­ta­blis­se­ment de ces trois es­pèces me­na­cées.

«C’est un peu mal­adroit», es­time le di­rec­teur gé­né­ral de Na­ture Qué­bec, Ch­ris­tian Simard. «C’est un peu voi­ci les re­com­man­da­tions des scien­ti­fiques et dites-nous ce que vous en pen­ser. C’est par­ti­cu­lier. […] Quand on est au gou­ver­ne­ment, on prend acte [de ce que nous donnent nos ex­perts] et on re­voit nos dé­ci­sions», dit-il.

Ap­puyant néan­moins la no­tion de consul­ta­tion, Na­ture Qué­bec s’ex­plique mal pour­quoi Ot­ta­wa consulte sa po­pu­la­tion sur des «concepts et réa­li­tés scien­ti­fiques» plu­tôt que sur «ses dé­ci­sions po­li­tiques». Le son de cloche n’est pas tel­le­ment dif­fé­rent chez la So­cié­té pour la na­ture et les parcs du Ca­na­da, sec­tion Qué­bec (SNAP).

«Ce n’est pas mau­vais d’avoir lan­cé cette pla­te­forme-là», as­sure la co­or­don­na­trice en conser­va­tion et ana­lyse po­li­tique, Alice de Swarte. «Est-ce que c’est la meilleure fa­çon d’al­ler sai­sir les en­jeux sur les pêches? Je n’en suis pas sûre, pour­quoi pas. Es­pé­rons que l’exer­cice per­mette d’in­for­mer l’en­semble des usa­gers pour qu’on avance en­semble».

AIRES MA­RINES PRO­TÉ­GÉES

Les groupes en­vi­ron­ne­men­taux consul­tés conti­nuent de ré­cla­mer des me­sures ra­pides et struc­tu­rantes pour pré­ser­ver les mam­mi­fères ma­rins par l’ajout d’aires ma­ri­times pro­té­gées et re­fuges acous­tiques. «Il faut voir ra­pi­de­ment com­ment on peut mo­di­fier nos pra­tiques», mar­tèle Ch­ris­tian Simard de Na­ture Qué­bec.

«Il faut di­mi­nuer le tra­fic ma­ri­time ou au moins qu’il soit le moins dé­ran­geant pos­sible», pour­suit-il. De­puis juin, la mort de 10 ba­leines noires dans le Saint-Laurent in­quiète. Mer­cre­di en soi­rée, Ra­dioCa­na­da rap­por­tait qu’une nou­velle ba­leine noire au­rait été re­trou­vée morte au large du Mas­sa­chu­setts, ce qui por­te­rait le bi­lan à 11.

Pêches et Océans a mis en place une sé­rie de me­sures d’ur­gence en juillet, dans la fou­lée des tristes évé­ne­ments, comme de sus­pendre la pêche au crabe dans cer­taines zones et in­vi­ter les na­vi­ga­teurs à ra­len­tir.

RÉ­SUL­TATS EN SEPTEMBRE

Ot­ta­wa at­tend tou­jours les ré­sul­tats des six né­crop­sies pra­ti­quées sur les car­casses, qui de­vraient être connus en septembre. Une so­lu­tion sage, croit la SNAP. «C’est lo­gique d’at­tendre pour prendre des me­sures qui pour­raient avoir des im­pacts sur les pêches et les usa­gers, on ne peut pas cri­ti­quer ça.»

«Par contre, si les ré­sul­tats dé­montrent qu’ef­fec­ti­ve­ment, ce sont des col­li­sions et des em­pê­tre­ments dans les fi­lets qui sont à l’ori­gine des dé­cès, et qu’on sait qu’elles [les ba­leines noires] sont pré­sentes dans le golfe en rai­son des chan­ge­ments cli­ma­tiques, bien il fau­dra prendre des ac­tions im­mé­diates», nuance Mme de Swarte.

— AR­CHIVES PC

De­puis juin, 10 ba­leines noires ont été re­trou­vées mortes dans les eaux ou sur les rives du Saint-Laurent.

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