Es­sais de drones réus­sis

Le Quotidien - - ACTUALITÉS - DO­MI­NIQUE GO­BEIL dgo­beil@le­quo­ti­dien.com

En de­ve­nant en juin der­nier le seul lieu re­con­nu au Qué­bec pour les vols d’aé­ro­nefs té­lé­pi­lo­tés hors de por­tée vi­suelle di­recte, le Centre d’ex­cel­lence sur les drones (CED) d’Al­ma at­tire des en­tre­prises va­riées comme Mi­cro­drones, qui pro­fi­tait des ins­tal­la­tions jean­noises « rê­vées » cette se­maine. Dès 2015, le CED a pu dé­li­mi­ter des zones ré­gle­men­tées où l’es­pace aé­rien est ré­ser­vé aux drones, mais ce n’est que deux ans plus tard que Trans­port Ca­na­da a don­né l’au­to­ri­sa­tion pour que les ap­pa­reils volent hors de por­tée vi­suelle di­recte. Ils sont alors sui­vis par ima­ge­rie ra­dar et par le sys­tème de contrôle de l’opé­ra­teur. Les pro­cé­dures dé­ve­lop­pées par le centre d’ex­cel­lence sont ri­gou­reuses, as­sure le di­rec­teur gé­né­ral Marc Mof­fat. Rap­pe­lons qu’il est illé­gal pour un drone de sur­vo­ler des sec­teurs ha­bi­tés.

Après un pre­mier es­sai gou­ver­ne­men­tal à la fin juin, l’aé­ro­nef MD 4000 de Mi­cro­drones est le se­cond à être tes­té sans vi­si­bi­li­té di­recte à Al­ma. Le pro­duit de six ki­los peut avoir di­verses ap­pli­ca­tions in­dus­trielles se­lon les ap­pa­reils qui y sont in­té­grés, en agri­cul­ture ou en car­to­gra­phie par exemple. L’en­tre­prise, qui a des bu­reaux en Al­le­magne, aux États-Unis et à Vau­dreuil-Do­rion, vou­lait va­li­der une der­nière fois son drone.

« À Al­ma, c’est l’en­droit au Ca­na­da où l’on peut vo­ler sur une plus longue dis­tance et en plus haute al­ti­tude hors de por­tée vi­suelle di­recte », vante le chef pi­lote des es­sais en vol Sé­bas­tien Bor­ghi­ni, de Mi­cro­drones.

La zone uti­li­sée cette se­maine fait une de­mi-lune au­tour de l’aé­ro­port al­ma­tois, soit de Hé­bert­vil­leS­ta­tion à Saint-Gé­déon au bord du lac Saint-Jean, en pas­sant près de La­rouche. Le CED four­nit une tour de contrôle mo­bile, où Mi­cro­drones peut dé­ployer son an­tenne de té­lé­com­mu­ni­ca­tion et suivre le drone sur quatre écrans.

« Je ne veux pas dire que c’est par­fait, mais c’est rê­vé pour nous, confie l’in­gé­nieur d’es­sai Maxime La­fleur. On a du sou­tien dis­po­nible et c’est vrai­ment bien­ve­nu de pou­voir tra­vailler dans un cadre ré­gle­men­té comme ça. On a même bat­tu quelques re­cords cette se­maine, mais je ne peux pas vrai­ment en par­ler, c’est confi­den­tiel. »

Le jeune homme tra­vaille ha­bi­tuel­le­ment à Toulouse, en France, où les es­paces de vol sont plus res­treints. « Si on veut al­ler plus loin, il faut faire une de­mande des mois à l’avance, alors qu’ici ça se fait ra­pi­de­ment tout en sui­vant les pro­cé­dures », ajoute Maxime La­fleur. Sé­bas­tien Bor­ghi­ni es­père d’ailleurs pou­voir col­la­bo­rer avec le centre d’ex­cel­lence pour d’autres pro­jets. Il a dé­jà tra­vaillé un an dans les es­paces of­ferts par le CED aux com­pa­gnies, avant d’être mu­té à Vau­dreuil-Do­rion.

Les deux spé­cia­listes des drones ont of­fert une dé­mons­tra­tion aux mé­dias ven­dre­di ma­tin. Le pe­tit vé­hi­cule aé­rien non ha­bi­té a vi­re­vol­té un peu par­tout au­tour de la piste d’at­ter­ris­sage. Lors des vrais es­sais, le drone se trouve plu­tôt à des ki­lo­mètres de l’aé­ro­port. Un plan de vol est pro­gram­mé avec le lo­gi­ciel dé­ve­lop­pé par la com­pa­gnie. Il est trans­mis en­suite par l’an­tenne, aus­si une pro­duc­tion de l’en­tre­prise. Un pi­lote est tou­jours pré­sent pour su­per­vi­ser.

« Ça ouvre la porte à des drones com­man­dés au­to­ma­ti­que­ment, croit Marc Mof­fat. Ça va prendre une ré­gle­men­ta­tion en­core plus pous­sée, car le drone doit avoir un com­por­te­ment pré­vi­sible si ja­mais on perd le contact avec lui. »

L’exemple de Mi­cro­drones est im­por­tant pour le Centre d’ex­cel­lence d’Al­ma, qui tra­vaille à at­ti­rer des com­pa­gnies de par­tout dans le monde.

— PHO­TO LE PRO­GRÈS, GIMMY DESBIENS

Maxime La­fleur et Sé­bas­tien Bor­ghi­ni, de Mi­cro­drones, ont tra­vaillé cette se­maine avec le co­or­don­na­teur tech­nique du Centre d’ex­cel­lence sur les drones Alexandre Ayotte. Le rôle de ce der­nier était de s’as­su­rer que l’es­pace aé­rien reste sé­cu­ri­taire.

PRO­GRÈS, GIMMY DESBIENS — PHO­TO LE

Sé­bas­tien Bor­ghi­ni a fait vo­ler le pe­tit drone de­vant les jour­na­listes.

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