La chaîne de blocs, une ré­vo­lu­tion dans la sé­cu­ri­té tran­sac­tion­nelle

Le Quotidien - - ACTUALITÉS -

Vue comme une ré­vo­lu­tion dans la sé­cu­ri­té tran­sac­tion­nelle, la tech­no­lo­gie de la chaîne de blocs (blo­ck­chain) n’en est pas moins un pro­cé­dé com­plexe et fas­ti­dieux. Je vais tout de même es­sayer, du mieux que je peux, de vous vul­ga­ri­ser le tout de ma­nière à ce que vous com­pre­niez en sur­face la tech­nique.

La blo­ck­chain est en fait un re­gistre de tran­sac­tions cryp­tées et par­ta­gées sur In­ter­net par un grand nombre d’or­di­na­teurs qui as­su­re­ront ain­si la va­li­di­té des tran­sac­tions comme un livre comp­table où il est pos­sible, pour tout le monde, d’y lire des in­for­ma­tions, d’en écrire, mais, où il est im­pos­sible d’ef­fa­cer quoi que ce soit. Ce sys­tème dé­cen­tra­li­sé n’est pas ré­gi par un or­ga­nisme de contrôle tels une banque ou un gou­ver­ne­ment ce qui fait craindre le pire aux au­to­ri­tés clas­siques. La force de la blo­ck­chain est sa grande sé­cu­ri­té en rai­son du nombre éle­vé d’or­di­na­teurs qui va­lident l’in­té­gri­té des tran­sac­tions, ce qui la rend in­fal­si­fiable. Un droit de pro­prié­té pour­ra y être tran­si­gé via la blo­ck­chain en toute sé­cu­ri­té en éli­mi­nant ain­si cer­tains frais de ges­tion. Les pos­si­bi­li­tés sont vastes et nous n’en sommes qu’aux bal­bu­tie­ments d’une pro­bable ré­vo­lu­tion nu­mé­rique où le vir­tuel in­fluen­ce­ra comme ja­mais le réel.

Voi­ci quelques ap­pli­ca­tions po­ten­tielles de la blo­ck­chain : éli­mi­ne­rait par le fait même les bul­le­tins re­je­tés et per­met­trait d’ob­te­nir des ré­sul­tats en temps réel à un coût tout à fait rai­son­nable.

Un Big Bro­ther dé­cen­tra­li­sé per­met­trait d’y sto­cker chaque per­sonne avec une iden­ti­té unique. Cette iden­ti­té pour­rait être le point de ré­fé­rence de chaque blo­ck­chain. Votre per­mis de conduire, vos cartes de cré­dit et même votre dos­sier mé­di­cal pour­raient s’y ré­fé­rer. Une in­ter­ac­tion entre une mul­ti­tude de blo­ck­chains se­rait pos­sible et cor­ro­bo­rée via votre iden­ti­té unique.

Si on pousse le concept, il pour­rait même être uti­li­sé pour va­li­der des in­for­ma­tions jour­na­lis­tiques afin d’éli­mi­ner les fausses nou­velles qui cir­culent sur ré­seaux so­ciaux.

In­ter­net est ve­nu cham­bou­ler l’uni­vers des droits d’au­teurs. Plu­sieurs com­pa­gnies, dont So­ny et Dis­ney, étu­dient pré­sen­te­ment la pos­si­bi­li­té d’uti­li­ser la blo­ck­chain afin de pro­té­ger leur pro­prié­té nu­mé­rique. vous ache­tiez une voi­ture qui gère elle-même son propre droit de pro­prié­té. En ayant des ob­jets di­rec­te­ment connec­tés sur un droit de pro­prié­té, il y au­rait une di­mi­nu­tion si­gni­fi­ca­tive du vol, car l’ob­jet de­vien­drait au­to­ma­ti­que­ment in­uti­li­sable.

Le cô­té per­vers de cette tech­no­lo­gie trans­pa­rente, mais non ré­gie, est la pro­bable nais­sance d’une éco­no­mie sou­ter­raine où les uti­li­sa­teurs échan­ge­raient des biens et des de­vises de gré à gré, loin des gou­ver­ne­ments. Bien que toutes traces de tran­sac­tions se­raient aux re­gistres, il se­rait pos­sible d’être ano­nyme sans né­ces­sai­re­ment y dé­voi­ler des in­for­ma­tions per­son­nelles. Une éco­no­mie au noir à grande échelle pour­rait avoir des consé­quences ma­jeures sur l’équi­libre mon­dial. Le troc nu­mé­rique se­ra-t-il la planche de sa­lut du ca­pi­ta­lisme tra­di­tion­nel ?

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