Ro­ger Fe­de­rer doit at­tendre

Le Quotidien - - SPORTS - Presse ca­na­dienne

MON­TRÉAL - En 2007 sur le court cen­tral du Stade Uni­prix, Ro­ger Fe­de­rer a bais­sé pa­villon en grande fi­nale de­vant une ve­dette mon­tante du ten­nis mas­cu­lin en No­vak Djo­ko­vic. Dix ans plus tard, alors qu’il ten­tait une fois de plus d’ajou­ter la ville de Mon­tréal à son su­perbe ta­bleau de chasse, un autre jeune loup est ve­nu lui mettre des bâ­tons dans les roues. Grâce à une per­for­mance de haut ni­veau dans toutes les phases du jeu, l’Al­le­mand Alexan­der Zve­rev a rem­por­té la fi­nale du simple de la Coupe Ro­gers, 6-3, 6-4, en seule­ment 68 mi­nutes di­manche après-mi­di.

Il a rem­por­té un deuxième Mas­ters 1000 en au­tant de se­maines et cette an­née, il compte des vic­toires contre Fe­de­rer, Djo­ko­vic et le Suisse Sta­nis­las Wa­wrin­ka. Mais il a re­je­té toutes com­pa­rai­sons avec le « Big Four ».

« Je ne fais pas par­tie de ce groupe parce qu’ils ont ga­gné beau­coup trop de matchs et de tour­nois du Grand Che­lem dans l’his­toire du ten­nis. Je suis 7e au monde, je pense. Je grimpe au classement et le fait de ga­gner deux Mas­ters 1000 la même an­née est re­mar­quable. J’es­père pou­voir ga­gner au­tant de tour­nois qu’eux un jour. »

Pour Fe­de­rer, c’est un cin­quième échec en au­tant de vi­sites en terre qué­bé­coise, un deuxième en match ul­time. Ses triomphes au Ca­na­da sont ve­nus à To­ron­to, en 2004 et en 2006.

« Il fau­dra que tu me dé­crives la sen­sa­tion de ga­gner à Mon­tréal ! », a d’ailleurs lan­cé Fe­de­rer à son ta­len­tueux ad­ver­saire de 20 ans, en an­glais, lors de la pré­sen­ta­tion des tro­phées.

S’il avait pu ve­nir à bout de Zve­rev, Fe­de­rer au­rait mé­ri­té un sixième titre cette sai­son en seule­ment huit tour­nois, et un 94e en car­rière. Il au­rait aus­si fran­chi des ja­lons im­por­tants dans la course au pre­mier éche­lon du classement de l’ATP, un ob­jec­tif po­ten­tiel­le­ment réa­li­sable di­manche pro­chain à Cincinnati, bien qu’il ait lais­sé pla­ner un cer­tain doute sur sa par­ti­ci­pa­tion.

« Je vais voya­ger à Cincinnati ce soir, je vais voir com­ment je me sens et je pren­drai une dé­ci­sion au cours des pro­chains jours à sa­voir si je suis prêt à jouer à Cincinnati ou non. Je me suis bien sen­ti toute la se­maine, mais j’ai res­sen­ti quelques dou­leurs mus­cu­laires parce que l’on était de re­tour sur les sur­faces dures. Après les va­cances et l’en­traî­ne­ment, c’est tou­jours un choc pour le corps. On ver­ra com­ment je me sens au cours des pro­chains jours. »

Mal­gré ces oc­ca­sions ra­tées, et une pre­mière dé­faite après une sé­quence de 16 vic­toires, Fe­de­rer s’est dit sa­tis­fait de sa se­maine.

« C’est un bi­lan positif pour fi­nir, quand même, parce que c’était une fi­nale un peu in­at­ten­due. Re­faire une fi­nale, c’est une bonne chose. For­cé­ment, il y a dé­cep­tion au­jourd’hui parce que j’au­rais sou­hai­té mieux faire, pou­voir me battre un peu plus, rendre le match un peu plus ser­ré parce que j’avais des oc­ca­sions.

« Mais ‘Alex’ a vrai­ment bien joué toute la se­maine. Comme à Wa­shing­ton, il lui a fal­lu un match très ser­ré pour, en­suite, dé­rou­ler der­rière. Je le fé­li­cite, il mé­rite la vic­toire au­jourd’hui. Il a été mieux que moi », a en­chaî­né Fe­de­rer.

Tom­beur de De­nis Sha­po­va­lov en de­mi-fi­nale sa­me­di, Zve­rev a si­gné une dixième vic­toire consé­cu­tive et compte main­te­nant cinq titres en 2017, le même nombre que Fe­de­rer.

L’Al­le­mand n’a per­du qu’un match en fi­nale en 2017, contre Fe­de­rer lors de l’Om­nium de Halle, le 25 juin. Fe­de­rer l’avait em­por­té 6-1, 6-3 en 53 mi­nutes. Mais cette fois, c’est Zve­rev qui a été do­mi­nant et ex­pé­di­tif contre un Fe­de­rer beau­coup moins in­ci­sif au ser­vice qu’il ne l’avait été la veille contre le Néer­lan­dais Ro­bin Haase.

On a pu le consta­ter dès les pre­miers ins­tants de l’af­fron­te­ment, quand Zve­rev s’est don­né une balle de bris au deuxième jeu, et une autre au qua­trième.

Il a su ex­ploi­ter la seconde en for­çant son cé­lèbre ad­ver­saire à pous­ser un re­vers loin à l’ex­té­rieur des lignes de cô­té, ce qui lui pro­cu­rait une avance de 3-1.

Zve­rev a main­te­nu son em­prise sur le match pen­dant la deuxième manche, tout par­ti­cu­liè­re­ment à son ser­vice. La seule ex­cep­tion est ve­nue au deuxième jeu lors du­quel il a fait face à trois balles de bris, les seules contre lui du­rant tout le duel. Il a ré­pon­du avec deux de ses six as du match, pri­vant le Suisse de sa seule vraie chance de per­cer la mu­raille de son ad­ver­saire.

Avec une avance de 5-4 et au ser­vice, Zve­rev a ins­crit les quatre points re­quis sans en don­ner un seul pour clore le match en 68 mi­nutes.

« Ça n’a pas été ma meilleure per­for­mance au ser­vice en car­rière, mais il n’y a pas de doute que j’ai très bien ser­vi. Beau­coup mieux que lors des matchs pré­cé­dents. »

En dé­but d’après-mi­di, les Fran­çais Pierre-Hugues Her­bert et Ni­co­las Mahut ont rem­por­té la fi­nale du double mas­cu­lin. Ils ont vain­cu le duo com­po­sé de l’In­dien Ro­han Bopanna et du Croate Ivan Dodig, clas­sés sep­tièmes, 6-4, 3-6, 10-6 en 1 h 21 mi­nutes.

—PHO­TO PC, PAUL CHIAS­SON

Alexan­der Zve­rev a eu droit à une pluie de confet­tis après avoir re­çu le tro­phée ré­ser­vé au cham­pion de la Coupe Ro­gers à Mon­tréal.

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