En­semble, vers une vé­ri­table ré­con­cia­lia­tion

Le Quotidien - - SPIRITUALITÉ -

Kwei, kwei, pour les Ati­ka­mekw. Bon­jour, pour les al­loch­tones (les non-au­toch­tones). Pour­quoi cette sa­lu­ta­tion bi­lingue? Parce que dans la fou­lée de la pu­bli­ca­tion du rap­port de la Com­mis­sion Vé­ri­té et Ré­con­ci­lia­tion en dé­cembre 2015, nous sommes no­tam­ment in­vi­tés à rendre vi­sible la pré­sence des per­sonnes et des com­mu­nau­tés au­toch­tones. L’ac­tua­li­té des der­nières an­nées nous té­moigne la triste réalité des peuples des Pre­mières Na­tions. Ne ci­tons que les drames in­hu­mains qu’ont vé­cus de nom­breuses femmes au­toch­tones dis­pa­rues ou as­sas­si­nées ain­si que leurs fa­milles. Il est bou­le­ver­sant d’en­tendre tant de té­moi­gnages trou­blants, qui nous rap­pellent com­ment les Na­tions que l’on de­vait et de­vrait consi­dé­rer « pre­mières », sont su­bi­te­ment igno­rées. On nous a long­temps ca­ché, à nous, al­loch­tones, l’autre ver­sant de l’his­toire. On l’a ma­quillée, ro­man­cée et amé­lio­rée. mil­liers de femmes et d’hommes au­toch­tones dans les pen­sion­nats, pour fi­na­le­ment me sen­tir concer­née, sen­tir que j’ai une res­pon­sa­bi­li­té à l’in­té­rieur du pro­ces­sus qui veut faire la vé­ri­té et ini­tier un mou­ve­ment de ré­con­ci­lia­tion. En mars der­nier, dans le cadre de mon tra­vail à L’Ins­ti­tut de for­ma­tion théo­lo­gique et pas­to­rale, je me suis ren­due à Opit­ci­wan (Obed­ji­wan, en fran­çais) pour don­ner de la for­ma­tion. Il s’agis­sait aus­si d’une mo­ti­va­tion per­son­nelle : al­ler à la ren­contre de ces hommes, femmes et en­fants ati­ka­mekw, que je connais trop peu. Je porte le dé­sir d’y re­tour­ner, parce que ra­pi­de­ment, des liens se sont créés et le dé­sir de se connaître plus, de part et d’autre, était pal­pable.

C’est bien peu comme ex­pé­rience me di­rez-vous, mais juste as­sez pour faire une pre­mière prise de conscience sur notre his­toire, sur leurs his­toires, pour avoir la convic­tion qu’il est né­ces­saire de s’en­ga­ger, comme al­loch­tones, à le­ver le voile sur la vé­ri­té et à avan­cer, côte à côte, avec les peuples des Pre­mières Na­tions, vers une vé­ri­table ré­con­ci­lia­tion. agir en vue de la ré­con­ci­lia­tion. De ces ini­tia­tives, trop peu sont connues, elles passent sou­vent sous si­lence ou sont igno­rées des mé­dias. Il est de la res­pon­sa­bi­li­té de tous et toutes de s’in­for­mer, de ré­flé­chir et d’agir. L’Ins­ti­tut de for­ma­tion théo­lo­gique et pas­to­rale porte la pré­oc­cu­pa­tion d’ini­tier et de par­ti­ci­per ac­ti­ve­ment aux ré­flexions et d’en­ga­ger des ac­tions sur les pro­blé­ma­tiques qui concernent au­jourd’hui notre vivre-en­semble avec les peuples au­toch­tones. Loin de vou­loir je­ter la pierre aux gé­né­ra­tions pré­cé­dentes, nous vou­lons sim­ple­ment agir sur ce qui est à notre por­tée, c’est-à-dire, notre au­jourd’hui.

C’est pour­quoi, comme vous pour­rez le lire en bas de page, il nous fait plai­sir d’ac­cueillir M. Ch­ris­tian Coo­coo, ori­gi­naire de la com­mu­nau­té ati­ka­mekw de We­mo­ta­ci, qui vien­dra of­frir un ate­lier­con­fé­rence adap­té sur l’his­toire et la culture ati­ka­mekw.

Que chaque op­por­tu­ni­té de mieux connaître les peuples des Pre­mières Na­tions, chaque ou­ver­ture aux cultures au­toch­tones, chaque geste d’ac­cueil et chaque vé­ri­té af­fir­mée, puissent contri­buer à une du­rable et vé­ri­table ré­con­ci­lia­tion! France For­tin Pro­fes­seure à L’Ins­ti­tut de for­ma­tion théo­lo­gique et pas­to­rale

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.