LE RAT DE NOR­VÈGE Al­lié et ennemi du sys­tème d’égout

Le Quotidien - - LES ÉTOILES DE PICOTTE -

Au Qué­bec, ce ne sont pas des Tor­tues Nin­ja qui vivent dans le monde mer­veilleux des égouts, mais plu­tôt des bêtes ha­biles et ru­sées qu’on ap­pelle les rats de Nor­vège. Ces rats n’hé­si­te­ront pas à trou­ver les failles pou­vant les conduire dans un nid plus douillet, tel qu’une mai­son. Sur le ter­ri­toire du Sa­gue­nayLac-Saint-Jean, Des­jar­dins En­vi­ron­ne­ment re­çoit en­vi­ron une ving­taine d’ap­pels par an­née concer­nant des rats qui entrent dans les mai­sons par le sys­tème d’égout. « C’est sou­vent lorsque le cla­pet, à l’en­trée des égouts de la ville, est dé­fec­tueux que ce genre d’in­ci­dent ar­rive », ex­plique Jonathan Des­jar­dins, de l’en­tre­prise Des­jar­dins En­vi­ron­ne­ment. Le rat peut en­suite suivre les conduits de plom­be­rie et se rendre jus­qu’à la toi­lette. Ha­bile grim­peur, il peut mon­ter plu­sieurs étages par la tuyau­te­rie. « À Mon­tréal et à Qué­bec, c’est plus fré­quent, car il y a plus de monde, et le ré­seau d’égout est plus âgé », pour­suit M. Des­jar­dins.

Ce pe­tit cha­ro­gnard a tout de même son rôle à jouer dans les égouts puis­qu’il fait le mé­nage des lieux et dé­bouche les conduits en man­geant des ex­cré­ments et même du pa­pier de toi­lette. « À New York, si on éli­mi­nait com­plè­te­ment les rats, les égouts bou­che­raient ins­tan­ta­né­ment », pré­cise le di­rec­teur des opé­ra­tions chez Des­jar­dins En­vi­ron­ne­ment.

Si vous ten­tez de pié­ger un rat et qu’il re­con­naît le dan­ger, il se­ra im­pos­sible de le pié­ger une deuxième fois. « Le rat a deux fa­çons de ré­agir face au dan­ger. Soit qu’il fait le mort ou qu’il se sauve. Un de mes col­lèges s’est dé­jà fait ar­ra­cher un bout de cuir après ses bottes ca­pées en tou­chant, avec sa botte, à un rat qui fai­sait le mort », se re­mé­more Jonathan Des­jar­dins.

Une fois dans la mai­son, le rat res­te­ra bien sage le jour et re­pren­dra ses ac­ti­vi­tés la nuit afin de se nour­rir. Sa­chez qu’il risque de dé­ro­ber ra­pi­de­ment le sac de pa­tates, car il adore ça! Outre l’odeur de son urine et de ses ex­cré­ments, cet ex­cellent ron­geur peut faire beau­coup de ra­vages et créer des portes d’en­trée pour d’autres ver­mines. Il est aus­si por­teur de ma­la­dies et de pa­ra­sites.

Le chat peut être un bon al­lié pour chas­ser les rats, mais en­core faut-il qu’il soit un au­da­cieux chas­seur. En plus d’être as­sez im­po­sant et agres­sif, le rat se fau­file ra­pi­de­ment dans des en­droits sou­vent in­ac­ces­sibles pour le chat. Un chat ar­ri­ve­ra à contrô­ler la po­pu­la­tion de ver­mines, mais il ne pour­ra ja­mais col­ma­ter la porte d’en­trée. PRÉ­VEN­TION

Si vous avez des odeurs per­sis­tantes et re­mar­quez la pré­sence de mouches à drain – pe­tite mouche noire res­sem­blant à la mouche à fruits – dans votre com­merce ou votre mai­son, vous pou­vez sus­pec­ter un pro­blème de tuyau­te­rie.

Les ex­ter­mi­na­teurs re­com­mandent de tra­vailler en pré­ven­tion avant que les pro­blèmes, comme la pré­sence de rats, s’ag­gravent. Les ex­ter­mi­na­teurs vont d’abord confir­mer ce trouble avec un test de fu­mée. Si la bou­cane entre dans la bâ­tisse, c’est qu’il y a une fuite.

Une fois la pro­blé­ma­tique ci­blée, il existe des moyens ef­fi­caces pour dé­ra­ti­ser les lieux ou pré­ve­nir la pré­sence des rats. Tous les ans, à titre pré­ven­tif, Sa­gue­nay uti­lise un poi­son (ro­den­ti­cide), non pas pour dé­ra­ti­ser ses conduits d’égout, mais pour gé­rer la po­pu­la­tion de rats. Évi­dem­ment, plus les conduits sont désuets, plus les risques d’in­fil­tra­tion de rats dans les plom­be­ries ré­si­den­tielles, in­dus­trielles et com­mer­ciales sont éle­vés. PROPRETÉ

Ce n’est pas une ques­tion d’in­sa­lu­bri­té qui pousse le rat à s’ins­tal­ler dans un en­droit. « Le rat n’entre pas dans une bâ­tisse parce qu’elle est sale », re­marque Jonathan Des­jar­dins. Il y entre sim­ple­ment parce qu’il en a la chance.

Soit parce qu’il y a de la nour­ri­ture à proxi­mi­té, une dé­fec­tuo­si­té dans la tuyau­te­rie, un ré­seau d’égout désuet ou une simple ou­ver­ture. Un rat a été cap­tu­ré dans le gre­nier d’une mai­son ré­cente de Sa­gue­nay, dont l’évent de toit avait été mal ins­tal­lé.

Comme le rat cap­tu­ré était le pre­mier spé­ci­men à vi­si­ter les lieux et que le client a pré­ve­nu ra­pi­de­ment les ex­ter­mi­na­teurs, le pro­blème a été ra­pi­de­ment ré­glé. Jonathan Des­jar­dins a fait na­tu­ra­li­ser l’ani­mal pour dé­mys­ti­fier la gros­seur de cette bête. UN PEU PLUS SUR LE RAT DE NOR­VÈGE

À l’état sau­vage, le rat de Nor­vège, aus­si sur­nom­mé rat sur­mu­lot, rat gris ou rat d’égout, a une du­rée de vie moyenne de 12 mois. Il me­sure en moyenne 46 cen­ti­mètres du bout du mu­seau au bout de la queue. La fe­melle at­teint sa ma­tu­ri­té sexuelle à trois mois, et le temps de ges­ta­tion est de trois se­maines. Elle peut avoir trois à cinq por­tées de six à 12 bé­bés par an­née, mais seule­ment une ving­taine d’entre eux sur­vi­vront.

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