PAS SI FA­CILES, LES TESTS DE L’AR­MÉE Notre journaliste Dave Ains­ley se prête au jeu

Le Quotidien - - LA UNE - DAVE AINS­LEY dains­ley@le­quo­ti­dien.com

Le test phy­sique que doivent réus­sir les mi­li­taires des Forces ar­mées ca­na­diennes n’est pas de la pe­tite bière, même s’il n’est pas né­ces­sai­re­ment dif­fi­cile d’at­teindre la norme de pas­sage.

Les jour­na­listes ré­gio­naux ont été in­vi­tés à pas­ser le test mer­cre­di, à la Ré­serve na­vale, ce qui a per­mis d’avoir une très bonne idée de la forme phy­sique re­quise. Je fai­sais par­tie du qua­tuor dé­lé­gué par Le Quo­ti­dien, qui était com­plé­té par le jeu­not Jo­na­than Hu­don, Mé­lys­sa Gagnon et le vé­té­ran Nor­mand Boi­vin. Les tests étaient me­nés de main de maître par les mo­ni­teurs en condi­tion phy­sique de la base de Ba­got­ville, les ki­né­sio­logues Clau­die Des­cô­teaux et Ma­thieu Gi­rard, des em­ployés ci­vils. D’en­trée de jeu, tous les col­lègues se­raient ac­cep­tés s’ils vou­laient ré­orien­ter leur car­rière. Jo­na­than a même at­teint le ni­veau bronze, ré­ser­vé à en­vi­ron la moi­tié des membres des forces. Pour ma part, il me man­quait 17 points pour par­ve­nir à ce stan­dard. « Ce sont des exi­gences mi­ni­males pour in­di­quer si les mi­li­taires ou les as­pi­rants sont opé­ra­tion­nels, pré­cise Clau­die Des­cô­teaux. Ce n’est pas un test de per­for­mance. Ce sont des cri­tères de base pour être en me­sure de ré­pondre aux opé­ra­tions. Les quatre exer­cices ont été dé­ter­mi­nés en fonc­tion des tâches que les mi­li­taires pour­raient de­voir ac­com­plir dans des mis­sions ou des évé­ne­ments qui peuvent se pro­duire au quo­ti­dien. »

Le test Forces a été chan­gé en 2014 jus­te­ment afin de mieux re­flé­ter la réa­li­té. Il se dé­cline en quatre exer­cices des­ti­nés à éva­luer la ca­pa­ci­té opé­ra­tion­nelle des nou­velles re­crues. Les mi­li­taires dé­jà en poste doivent éga­le­ment se qua­li­fier chaque an­née. Un échec se tra­duit par un pro­gramme d’en­traî­ne­ment phy­sique spé­cia­li­sé obli­ga­toire et une pé­riode de 90 jours pour réus­sir le test, sans quoi la per­sonne se­ra li­bé­rée. Vous pou­vez vous ras­su­rer im­mé­dia­te­ment, seule­ment 0,1 % des mi­li­taires échouent, ce qui est pra­ti­que­ment le même pour­cen­tage de ceux qui font par­tie de l’élite, ap­pe­lée Pla­ti­nium. « C’est sûr que quel­qu’un qui ne fait pas d’en­traî­ne­ment phy­sique va trou­ver le test dif­fi­cile, mais va quand même se re­trou­ver dans la norme verte, qui est la norme opé­ra­tion­nelle », as­sure Clau­die Des­cô­teaux.

Pour re­ve­nir aux quatre épreuves, on re­trouve, dans un ordre pré­cis, la course pré­ci­pi­tée sur 20 mètres, le sou­le­ver des sacs de sable, la course-na­vette in­ter­mit­tente avec charge et la trac­tion des sacs de sable. Des li­mites de temps sont im­po­sées, sauf la der­nière où il faut fran­chir la dis­tance de 20 mètres, sans in­ter­rup­tion, en traî­nant la charge de près de 250 livres. Cet exer­cice re­pro­duit en quelque sorte de dé­pla­cer une per­sonne sur une cer­taine dis­tance. La course pré­ci­pi­tée, qu’il faut fran­chir en 51 se­condes, per­met d’imi­ter le mou­ve­ment de se coucher au sol. Le sou­le­ver des sacs de 20 ki­los illustre par­fai­te­ment l’échange des sacs de sable pen­dant une inon­da­tion.

Étant don­né mon poids, de près de 200 livres, les épreuves qui de­man­daient une force phy­sique étaient plus fa­ciles pour moi que pour ma col­lègue Mé­lys­sa Gagnon par exemple. Dans la vraie vie, les sacs ne sont pas moins lourds pour une fille tout comme une vic­time au sol, rap­pelle Clau­die Des­cô­teaux. « C’est sûr que la trac­tion de 120 ki­los (265 livres), pour une femme de 100 livres, ça peut être plus dif­fi­cile. Nos femmes sont pré­pa­rées pour lever ces charges. Pour les as­pi­rants, qui n’ont pas d’idée des tâches mi­li­taires, c’est dif­fé­rent, mais on est là pour les fa­mi­lia­ri­ser, mais aus­si pour les prendre en main », fait va­loir la ki­né­sio­logue.

Avant de me pré­sen­ter aux tests, j’ai eu la brillante idée de tout de même al­ler à mon en­traî­ne­ment de boxe, en com­pa­gnie de Mi­chel Des­ga­gné, du club de Chi­cou­ti­mi. Hon­nê­te­ment, je croyais les tests plus fa­ciles et sur­tout moins exigeants. Comme mon ré­ser­voir d’éner­gie n’est pas in­épui­sable, j’ai cas­sé au troi­sième exer­cice alors que je suis parti en lièvre pour ter­mi­ner en tor­tue. Pro­ba­ble­ment qu’avec une bonne per­for­mance, j’au­rais réus­si à at­teindre le fa­meux ni­veau bronze et pou­voir ain­si évi­ter les quelques blagues de mon jeune col­lègue. Clau­die Des­cô­teaux a pro­mis d’of­frir de nou­veau les tests l’an pro­chain. Je com­mence dès main­te­nant mon en­traî­ne­ment !

Les gens in­té­res­sés pour­ront éga­le­ment ten­ter leur chance, ven­dre­di et sa­me­di. Il faut tou­te­fois s’ins­crire avant de se pré­sen­ter par cour­riel au info.chi­cou­ti­mi@forces. gc.ca.

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À huit re­prises pen­dant la course pré­ci­pi­tée sur 20 mètres, il faut se coucher au sol. La ra­pi­di­té est éga­le­ment im­por­tante puisque le par­cours doit être com­plé­té en 51 se­condes.

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Ma­thieu Gi­rard a ex­pli­qué les exer­cices. Pour l’oc­ca­sion, j’étais accompagné de Jean-Ma­rie Mun­ger et Ca­the­rine Dou­cet, de Ra­dio-Ca­na­da, et de Ca­ro­lyne La­brie, d’Éner­gie et Rouge FM.

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Clau­die Des­cô­teaux pré­cise que le test de l’éva­lua­tion Forces re­pré­sente les exi­gences mi­ni­males pour de­ve­nir mi­li­taire.

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