Prière de s’abs­te­nir

Le Quotidien - - CHRONIQUE -

Un 4e dé­cès de cy­cliste en trois mois à Mon­tréal, pou­vait-on lire dans les jour­naux la se­maine der­nière. Clé­ment Oui­met, un jeune cy­cliste de haut ni­veau — qui plus est — a suc­com­bé à ses bles­sures suite à l’im­pact d’un au­to­mo­bi­liste qui au­rait fait une ma­noeuvre illé­gale en ef­fec­tuant un vi­rage en U sur le che­min Ca­mil­lienHoude à Mon­tréal, près du mont Royal. Ce tron­çon de la rue avait été ju­gé dan­ge­reux par plu­sieurs. Des de­mandes ont été adres­sées à Mon­tréal pour sé­cu­ri­ser les lieux, mais rien n’a été fait. Et voi­là qu’un évé­ne­ment tra­gique s’y pro­duit. Du temps où je de­meu­rais à Mon­tréal dans les an­nées 90, il n’y avait pas au­tant de pistes cy­clables qu’au­jourd’hui et le dan­ger était en­core plus pal­pable pour les cy­clistes. De toute fa­çon, Mon­tréal n’a ja­mais été sé­cu­ri­taire pour eux. Pour ma part, j’ai ces­sé de rou­ler à Mon­tréal en 1995, ju­geant tout sim­ple­ment que ma vie y était en dan­ger. Et je ne re­tour­ne­rai pas faire du vé­lo à Mon­tréal avant un bail. Pas avant que Mon­tréal se dote de pistes plus sé­cu­ri­taires et que la co­ha­bi­ta­tion au­to-vé­lo soit re­pen­sée avec des règles plus strictes pour les au­to­mo­bi­listes.

Même si on est un cy­cliste conscien­cieux, qui res­pecte les règles, en rou­lant à Mon­tréal, on s’ex­pose au dan­ger po­ten­tiel d’un im­pact au­to­mo­bile. Je rends donc hom­mage ici au cy­cliste émé­rite Clé­ment Oui­met qui avait un brillant ave­nir spor­tif de­vant lui à n’en pas dou­ter. Yvan Gi­guère Sa­gue­nay

Je suis un peu beau­coup en re­tard sur l’ac­tua­li­té, mais bon, je me di­sais que comme tout le monde sem­blait parti pour ajou­ter son grain de sel à ce su­jet, quel­qu’un fi­ni­rait par en par­ler, mais non.

Alors hop, alors que le grand ma­ra­thon de l’opi­nion à pro­pos du mys­té­rieux ac­cord entre le gou­ver­ne­ment ca­na­dien et Net­flix est fi­ni de­puis belle lu­rette et que plus per­sonne n’at­tend qui que ce soit au fil d’ar­ri­vée, me voi­là donc, ar­ri­vant d’un pas lent et même pas es­souf­flé.

Mais c’est quoi au juste ce truc dont je m’at­ten­dais à ce que quel­qu’un fi­nisse par en par­ler ?

Eh ben, c’est en lien avec la langue fran­çaise.

Mais bon, avant d’al­ler plus loin, je veux être cer­tain qu’on se com­prenne bien.

Tout d’abord, je suis nul avec les chiffres. En fait, bien que je n’aie au­cune connais­sance en ce qui a trait au can­ton­nais écrit, je suis cer­tain que ça se­rait quand même moins du chi­nois pour moi que des co­lonnes de chiffres. Alors met­tons ici de cô­té tous ces trucs de pour­cen­tages et de taxes qui au­raient pu être per­çues. De toute fa­çon, le Qué­bec ne jure plus que par mon col­lègue Pierre-Yves McS­ween à cet ef­fet.

Main­te­nant que c’est dit, concen­trons-nous plu­tôt sur un point qui ne semble pas avoir été abor­dé lors de l’en­tente entre le gou­ver­ne­ment ca­na­dien et Net­flix.

Certes, la mi­nistre Mé­la­nie Jo­ly était bien heu­reuse d’an­non­cer qu’une par­tie de l’ar­gent in­ves­ti par Net­flix au Ca­na­da se­rait ré­ser­vée aux pro­duc­tions qué­bé­coises. Or, je dis juste ça comme ça, mais pro­duire des émis­sions et des films, ça peut coû­ter très cher.

Ain­si, même si Net­flix in­ves­tis­sait quelques mil­lions de dol­lars par an­née dans des pro­duc­tions qué­bé­coises, je me per­mets de me po­ser la ques­tion à sa­voir dans quelle me­sure ce­la nous se­rait pro­fi­table. Et là, je dis ça en pen­sant à toutes ces nom­breuses pro­duc­tions qui sont dé­jà fi­nan­cées par nos propres or­ga­nismes.

Et si à la place de vou­loir pro­duire à tout prix des trucs afin de ren­ta­bi­li­ser cette somme d’ar­gent, nous la ré­ser­vions plu­tôt au fi­nan­ce­ment de sous-titres et/ou de dou­blages qui se­raient alors dis­po­nibles pour les clients ca­na­diens et fran­co­phones de Net­flix ?

Parce que oui, un ca­ta­logue Net­flix ac­ces­sible dans la langue de Mo­lière (du moins, par l’en­tre­mise de sous­titres si né­ces­saire), c’est pos­sible. On n’a qu’à pen­ser au ca­ta­logue de la France où la presque to­ta­li­té des pro­duc­tions sont of­fertes avec une piste fran­çaise et si­non, avec des sous-titres fran­çais.

Évi­dem­ment, comme je vous di­sais, je vous lance ça tel un au­then­tique gé­rant d’es­trade qui ne connaît rien à rien. Or, il me semble que si on concen­trait cette somme d’ar­gent dans la post­pro­duc­tion, on maxi­mi­se­rait ces dol­lars et en plus d’en faire pro­fi­ter à da­van­tage d’ar­ti­sans du mi­lieu, Net­flix en ti­re­rait cer­tai­ne­ment pro­fit, car elle agran­di­rait consi­dé­ra­ble­ment son bas­sin d’abon­nés po­ten­tiels qui re­fusent d’adhé­rer au ser­vice en rai­son d’une pré­sence trop faible de titres en fran­çais.

Peut-être aus­si que je vous ra­conte tout ça et qu’en fait, ce fut un su­jet au coeur des dis­cus­sions entre la mi­nistre et Net­flix. Et en toute hon­nê­te­té, j’en se­rais ra­vi, car ce­la si­gni­fie­rait que le gou­ver­ne­ment ca­na­dien est sou­cieux de la place du fran­çais dans notre pays.

Mais bon, mis à part faire un Ga­briel Na­deau-Du­bois de soi et an­nu­ler son abon­ne­ment à Net­flix en leur si­gni­fiant notre point de vue sur leur fa­çon de faire, tout ce qu’il nous reste comme choix, c’est d’écou­ter le con­seil de la mi­nistre Jo­ly et ain­si, de fer­mer dou­ce­ment les yeux en at­ten­dant de connaître toutes ces belles choses in­con­nues qui sont sup­po­sées sur­ve­nir dans les pro­chains mois, suite à son en­tente avec la com­pa­gnie amé­ri­caine.

En tout cas, si ja­mais cette his­toire fi­nit par coû­ter à Mé­la­nie Jo­ly son poste de mi­nistre, avec des belles an­nonces vagues comme elle sait si bien les faire, elle pour­ra très bien se re­cy­cler en fée des étoiles.

Ça, c’est une bonne nou­velle pour elle.

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