Un homme violent se re­prend en main

Le Quotidien - - ACTUALITÉS - STÉ­PHANE BÉ­GIN sbe­gin@le­quo­ti­dien.com

Ce que Marc Gau­dreault a fait à son ex-conjointe n’a rien, mais ab­so­lu­ment rien de chic. Mais comme il s’est re­pris en main, qu’il a ob­te­nu des cer­ti­fi­cats d’hon­neur de sa mai­son de thé­ra­pie, il pour­rait évi­ter la pri­son ferme.

L’in­di­vi­du de 28 ans de la rue Bé­gin, à Chi­cou­ti­mi, a plai­dé cou­pable, lun­di ma­tin, à des ac­cu­sa­tions de voies de fait cau­sant des lé­sions, de me­naces, de voies de fait, mais aus­si de pos­ses­sion de 0,65 gramme de can­na­bis et 1,44 gramme de ha­schisch. Gau­dreault n’a pas réa­li­sé ses 200 heures de tra­vaux com­mu­nau­taires et avait omis de faire son chan­ge­ment d’adresse.

Pour faire une his­toire courte, le couple a vé­cu en­semble du­rant en­vi­ron trois ans. Si, la pre­mière an­née, tout s’est dé­rou­lé as­sez ron­de­ment, les choses ont com­men­cé à mal tour­ner par la suite. La re­la­tion a été qua­li­fiée de tu­mul­tueuse. La consom­ma­tion de stu­pé­fiants, de la part des deux per­sonnes, n’a pas ai­dé à amé­lio­rer la si­tua­tion.

« L’ac­cu­sé s’est sou­vent chi­ca­né avec sa conjointe, lui a lan­cé toutes sortes d’in­sultes et a fait en sorte de l’abais­ser de fa­çon ré­gu­lière », ex­plique Me Sa­bri­na Trem­blay, du bu­reau du Di­rec­teur des pour­suites cri­mi­nelles et pé­nales (DPCP).

Les prin­ci­paux faits re­pro­chés au client de Me Oli­vier Théo­rêt, de l’Aide ju­ri­dique, re­montent au 24 fé­vrier 2017. À la suite d’une chi­cane de couple, la vic­time s’est re­cro­que­villée en pe­tite boule dans un coin de l’ap­par­te­ment.

« Elle s’est re­trou­vée re­pliée sur elle-même dans un coin et il s’est mis à la frap­per avec ses pieds et ses poings jus­qu’à lui frac­tu­rer le bras. À l’hô­pi­tal, on a dû lui in­sé­rer une tige de mé­tal », a pour­sui­vi Me Trem­blay.

« Au­pa­ra­vant, il lui avait fer­mé une porte sur la main et lui avait aus­si cas­sé le pouce, alors que ma­dame vou­lait le ré­con­for­ter lors d’une crise », a pré­ci­sé la pro­cu­reure de la Cou­ronne.

Pour sa part, Me Théo­rêt a re­con­nu que les gestes po­sés par son client ne sont pas ba­nals, bien au contraire.

« Les gestes sont graves. Mais mon client a sui­vi une thé­ra­pie fer­mée de six mois à Bé­can­cour et il a de­man­dé lui-même à pour­suivre du­rant deux mois. Tout a bien été », a no­té Me Théo­rêt.

D’ailleurs, le suc­cès de cette thé­ra­pie a ame­né les deux avo­cats à avoir de bons mots à l’en­droit de Gau­dreault.

« C’est la pre­mière fois que je vois un rap­port aus­si bon. Le rap­port est ex­cellent. L’ac­cu­sé a adop­té une at­ti­tude re­mar­quable en thé­ra­pie et la ré­ha­bi­li­ta­tion semble faite », a ajou­té Me Trem­blay.

Le juge Ri­chard P. Daoust, de la Cour du Qué­bec, a re­con­nu aus­si les ef­forts me­nés par l’ac­cu­sé. Il a qua­li­fié le tout de po­si­tif.

« Votre thé­ra­pie tire à sa fin et vous sa­vez que c’est par la suite que le vé­ri­table test com­mence. Vous n’au­rez plus l’en­ca­dre­ment que vous aviez », a in­di­qué le ma­gis­trat.

Ques­tion­né sur sa consom­ma­tion de stu­pé­fiants, Marc Gau­dreault a été ca­té­go­rique.

« C’est fi­ni la consom­ma­tion et je suis bien content d’être sor­ti de là », de dire l’ac­cu­sé.

Un rap­port pré­sen­ten­ciel a été de­man­dé, le temps de bien éva­luer l’in­di­vi­du avant que les re­pré­sen­ta­tions sur sen­tence ne soient faites le 19 fé­vrier.

Il reste à sa­voir si sa re­prise en main lui per­met­tra d’évi­ter la dé­ten­tion ferme.

— AR­CHIVES LE QUO­TI­DIEN, JEAN­NOT LÉ­VESQUE

« L’ac­cu­sé s’est sou­vent chi­ca­né avec sa conjointe, lui a lan­cé toutes sortes d’in­sultes et a fait en sorte de l’abais­ser de fa­çon ré­gu­lière », ex­plique Me Sa­bri­na Trem­blay, du bu­reau du Di­rec­teur des pour­suites cri­mi­nelles et pé­nales.

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