AL­LÉ­GA­TIONS D’AGRES­SION SEXUELLE Un chauf­feur d’au­to­bus congé­dié

Le Quotidien - - ACTUALITÉS - PAS­CAL GI­RARD pgi­rard@le­quo­ti­dien.com

Un chauf­feur d’au­to­bus sco­laire d’ex­pé­rience a été congé­dié mer­cre­di par In­ter­car à la suite d’al­lé­ga­tions d’agres­sion sexuelle à l’en­droit d’une vic­time d’âge mi­neur. C’est ce qu’a confir­mé Hugo Gil­bert, le pré­sident du Groupe In­ter­car, lors d’un en­tre­tien té­lé­pho­nique.

« Oui, je le confirme. Nous, lors­qu’on a ap­pris qu’il avait une res­tric­tion pour qu’il ne puisse être avec des jeunes de moins de 16 ans, lors­qu’on a ap­pris tout ça, on a mis en place un pro­ces­sus d’en­quête qui a me­né au congé­die­ment ce ma­tin », a in­di­qué Hugo Gil­bert. Il tra­vaillait pour In­ter­car de­puis plus de 25 ans.

Hugo Gil­bert a ré­vé­lé que l’en­tre­prise a été in­for­mée des al­lé­ga­tions dès jeu­di pas­sé. « À ce mo­ment­là, on l’a sus­pen­du aux fins d’en­quête », a-t-il pour­sui­vi. À partir de ce mo­ment, l’em­ployé a été re­ti­ré de la cir­cu­la­tion.

Lors de l’en­quête in­terne, l’homme a avoué à son em­ployeur qu’il était sous en­quête de la part de la SQ et qu’il fai­sait l’ob­jet de soup­çons d’agres­sion sexuelle. Tou­te­fois, se­lon M. Gil­bert, les gestes n’au­raient pas été po­sés à l’in­té­rieur d’un au­to­bus ou en lien avec des ac­ti­vi­tés de l’en­tre­prise. Tou­jours d’après lui, des ac­cu­sa­tions pour­raient être por­tées bien­tôt.

En plus d’être chauf­feur d’au­to­bus, l’homme est éga­le­ment im­pli­qué à titre de bé­né­vole dans un or­ga­nisme qui oeuvre au­près des jeunes.

LA COM­MIS­SION SCO­LAIRE IN­FOR­MÉE LUNDI

Du côté de la Com­mis­sion sco­laire des Rives-du-Sa­gue­nay, la porte-pa­role Clau­die For­tin a men­tion­né que l’homme trans­por­tait les élèves de la com­mis­sion de­puis de nom­breuses an­nées. « La si­tua­tion a été por­tée à notre at­ten­tion en début de se­maine par Hugo Gil­bert qui nous a ap­pe­lés », a-t-elle in­di­qué. Elle a ré­vé­lé que l’homme ne pos­sé­dait pas d’an­té­cé­dents ju­di­ciaires, ce qui doit être men­tion­né en tout temps se­lon les termes de l’en­tente entre la com­mis­sion et le trans­por­teur. « On prend la si­tua­tion très au sé­rieux », a-t-elle as­su­ré.

Quant à la Sû­re­té du Qué­bec, comme c’est la fa­çon de faire, au­cun com­men­taire ne peut être émis pour l’ins­tant. « On ne peut pas con­fir­mer ou in­fir­mer qu’une en­quête est en cours », a dé­cla­ré la porte-pa­role Hé­lène Nep­ton, comme elle le fe­rait pour toute en­quête en cours.

AS­SEZ D’IN­FOR­MA­TIONS

Même si au­cune ac­cu­sa­tion n’a en­core été por­tée, Hugo Gil­bert a ju­gé qu’il pos­sé­dait as­sez d’in­for­ma­tions pour al­ler de l’avant. « On a consul­té aus­si notre avo­cat en droit du tra­vail pour être sûr de faire les bonnes choses parce qu’on sa­vait que c’était un dos­sier épi­neux. (...) J’avais per­du mon lien de confiance avec l’em­ployé en ques­tion. Avec ce que j’ai ap­pris par rap­port à l’en­quête in­terne, avec ce qu’on a dé­cou­vert, ça ne nous per­met­tait pas de main­te­nir cet em­ployé-là, se­lon nos va­leurs d’en­tre­prise et notre fa­çon de faire », a-t-il fait sa­voir.

Le di­ri­geant d’en­tre­prise a te­nu à être trans­pa­rent avec les médias, pour dé­mon­trer qu’il avait agi ra­pi­de­ment. « C’est l’hor­reur pour nous autres. (...) C’est la ré­pu­ta­tion de l’en­tre­prise que tu montes pen­dant des an­nées et aus­si toute la com­mu­nau­té des chauf­feurs d’au­to­bus qui sont en cause. Ce que j’ai pen­sé dès que je l’ai su, c’est de pro­té­ger mon en­tre­prise et, à partir de ce mo­ment-là, tu n’as pas beau­coup d’em­pa­thie pour l’em­ployé en ques­tion. C’est pour ça qu’on avait la mèche courte par rap­port aux me­sures dis­ci­pli­naires. On trans­porte du monde, des jeunes. On ne peut pas avoir de né­gli­gence là-des­sus. Ce n’est pas une dé­ci­sion où tu peux prendre deux ou trois se­maines pour ré­flé­chir, même s’il n’y a pas d’ac­cu­sa­tion. Et si jamais il n’y a pas d’ac­cu­sa­tion et qu’il nous pour­suit, bien je vi­vrai avec ça. La dé­ci­sion est prise et je suis al­lé de l’avant », a-t-il conclu.

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.