JOËL ÉMDAITROTERLIALISTE

Le Quotidien - - CHRONIQUE -

Les ha­bi­tués de cette chro­nique en savent quelque chose : je ne suis pas une ré­fé­rence en ma­tière de sports. Mais alors que je n’avais pra­ti­que­ment jamais por­té at­ten­tion aux Jeux olym­piques, voi­là que cette an­née, je pour­rais presque par­ti­ci­per à une dis­cus­sion d’une mi­nute ou deux à pro­pos des per­for­mances de nos ath­lètes.

Le truc, c’est qu’à la dif­fé­rence des an­nées pré­cé­dentes, j’ai main­te­nant un bon­homme de sept ans à la mai­son, et sans qu’il soit de­ve­nu un fou des Olym­piques, di­sons-le, l’évé­ne­ment sus­cite gran­de­ment son in­té­rêt.

D’ailleurs, il est chanceux d’avoir sa mère, car elle est vraiment plus au fait du su­jet que l’au­teur de ces lignes. Pour vous don­ner une pe­tite idée, je suis tel­le­ment dé­con­nec­té de l’ac­tua­li­té en ma­tière de sports qu’il y a quelques jours, je n’en re­ve­nais tout sim­ple­ment pas que la ré­gion soit au­tant re­pré­sen­tée, no­tam­ment en ce qui concerne le pa­ti­nage de vi­tesse, et ce, bien mal­gré le fait que 99,9 % de la po­pu­la­tion en était bien cons­ciente de­puis un sa­cré bout de temps. Alors hop, de temps en temps, on se réunit en fa­mille dans le sa­lon, et sou­vent par ha­sard, on dé­cide de re­gar­der une épreuve en­semble. Et en toute hon­nê­te­té, je se­rais de très mau­vaise foi si je vous di­sais qu’as­sis­ter à ces per­for­mances n’a rien d’ex­ci­tant. Alors que dix mi­nutes au­pa­ra­vant, vous connais­siez à peine les dé­tails en­tou­rant une cer­taine épreuve olym­pique, vous êtes là à vous faire du mau­vais sang pour un ath­lète dont vous igno­riez com­plè­te­ment l’exis­tence il y a deux mi­nutes.

Mais bon, sans vou­loir m’ac­cor­der du mé­rite, j’ai quand même une toute pe­tite part de res­pon­sa­bi­li­té dans cet in­té­rêt quant aux Jeux olym­piques chez mon fils.

C’est que, voyez-vous, il y a plu­sieurs mois de ce­la, je lui avais fait dé­cou­vrir un film in­ti­tu­lé Eddie l’aigle. Le film en ques­tion est à pro­pos d’un Bri­tan­nique nom­mé Mi­chael Ed­wards qui avait mar­qué les Jeux olym­piques de Cal­ga­ry en 1988 en par­ti­ci­pant aux épreuves de saut à ski.

Main­te­nant, si Ed­wards a lais­sé sa trace dans l’his­toire des Jeux, ce n’est pas en rai­son d’un po­dium ou d’une per­for­mance re­mar­quable, mais bien grâce à sa dé­ter­mi­na­tion.

Gros­so mo­do, bien qu’Ed­wards n’était pas par­ti­cu­liè­re­ment pré­des­ti­né à une car­rière olym­pique, ce­lui-ci était ha­bi­té par le rêve d’y par­ti­ci­per en tant qu’ath­lète. Ed­wards avait donc eu la brillante idée de s’ini­tier au saut à ski, étant don­né qu’au­cune dé­lé­ga­tion bri­tan­nique n’exis­tait pour cette épreuve.

Ain­si, Ed­wards a ap­pris son sport à la dure, et ce, plu­tôt tar­di­ve­ment, mais sa dé­ter­mi­na­tion in­croyable l’au­ra fi­na­le­ment me­né jus­qu’à son ob­jec­tif. Évi­dem­ment, l’his­toire d’Ed­wards au­ra fait le bon­heur des médias aux Jeux de Cal­ga­ry, et iro­ni­que­ment, il est de­ve­nu l’un des sau­teurs à ski les plus cé­lèbres de son époque. Mais ce qui frappe le plus dans l’his­toire de Mi­chael Ed­wards, c’est qu’elle re­flète une fa­cette des Olym­piques qui a été com­plè­te­ment ab­sor­bée par ces sys­tèmes que nous avons éri­gés dans chaque pays afin de nous as­su­rer de ra­me­ner le plus de mé­dailles pos­sible.

De fait, nos ath­lètes sont gé­né­ra­le­ment for­més dès le plus jeune âge, et rien n’est lais­sé au ha­sard. Certes, ce­la permet de pro­duire des fi­gures qui ins­pi­re­ront à leur tour les pro­chaines gé­né­ra­tions d’ath­lètes, mais di­sons-le, le rêve olym­pique ap­par­tient de­puis long­temps à une élite et les contes de fées n’ont gé­né­ra­le­ment rien à voir.

Et là, qu’on se com­prenne, je ne suis pas du tout en train de cra­cher dans la soupe en vous di­sant ça. Il n’y a rien de mal à vou­loir ti­rer son épingle du jeu. C’est juste que bon, si un drôle d’oi­seau comme Ed­wards s’était mis dans la tête de par­ti­ci­per à un concours de chant, ça au­rait certainement moins dé­ton­né que lors des Olym­piques, où tout un cha­cun agit en consé­quence d’une ma­chine bien hui­lée, et sur­tout, bien or­ches­trée.

Bref, les Olym­piques, ce sont des per­for­mances qui marquent l’his­toire, mais les his­toires der­rière ces per­for­mances mé­ritent par­fois, elles aus­si, une place sur po­dium. Et qui sait, tout peut en­core ar­ri­ver d’ici la fin des Jeux !

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