Une ac­trice por­no me­nace de par­ler

Stor­my Da­niels au­rait eu une re­la­tion avec Do­nald Trump en 2006

Le Quotidien - - ACTUALITÉS - DANIEL WOOLLS Agence France-Presse

L’ac­trice por­no­gra­phique soup­çon­née d’avoir eu une re­la­tion sexuelle avec Do­nald Trump en 2006 a me­na­cé mer­cre­di de faire des ré­vé­la­tions à la presse, es­ti­mant que l’avo­cat du pré­sident amé­ri­cain l’avait de fac­to dé­liée d’un ac­cord de confi­den­tia­li­té. Une re­pré­sen­tante de Stor­my Da­niels a fait sa­voir à plu­sieurs pu­bli­ca­tions que sa cliente ne se sen­tait plus contrainte par un tel ac­cord, puisque l’exis­tence de ce­lui-ci a été confir­mée par le con­seil du pré­sident, Mi­chael Co­hen. « Stor­my va ra­con­ter son his­toire », a-t-elle af­fir­mé.

Tout avait com­men­cé le 12 jan­vier, lorsque le Wall Street Jour­nal avait af­fir­mé Ste­pha­nie Clif­ford, 38 ans et connue sous le nom de Stor­my Da­niels dans l’in­dus­trie por­no­gra­phique, avait été payée pour gar­der le si­lence sur une re­la­tion sexuelle avec M. Trump alors qu’il était ma­rié à l’ac­tuelle Pre­mière dame, Me­la­nia. Cette re­la­tion au­rait eu lieu en 2006, quatre mois après la nais­sance de leur fils Bar­ron.

La Mai­son-Blanche avait dé­men­ti ces af­fir­ma­tions, qua­li­fiées de « vieilles in­for­ma­tions re­cy­clées, qui ont été pu­bliées et dé­men­ties avec vé­hé­mence avant l’élec­tion ».

L’af­faire sem­blait être pas­sée au se­cond plan lors­qu’à la sur­prise gé­né­rale l’avo­cat per­son­nel de Do­nald Trump a confir­mé mer­cre­di soir qu’un ac­cord avec l’ac­trice avait bien été conclu, mais qu’il l’avait ho­no­ré de ses propres de­niers.

« Lors d’une tran­sac­tion privée en 2016, j’ai uti­li­sé mes fonds per­son­nels pour fa­ci­li­ter un paie­ment de 130 000 dol­lars à Mme Ste­pha­nie Clif­ford », a dé­cla­ré Mi­chael Co­hen dans un com­mu­ni­qué pu­blié mar­di par le New York Times.

« Ni l’Or­ga­ni­sa­tion Trump, ni la cam­pagne de Trump n’était par­tie dans cette tran­sac­tion avec Mme Clif­ford, et ni l’une, ni l’autre ne m’ont rem­bour­sé ce ver­se­ment, di­rec­te­ment ou in­di­rec­te­ment », a af­fir­mé l’avo­cat.

FI­NAN­CE­MENT ÉLEC­TO­RAL

Mi­chael Co­hen ré­pon­dait à une plainte dé­po­sée par Com­mon Cause, une as­so­cia­tion de sur­veillance des bonnes pra­tiques élec­to­rales, es­ti­mant que M. Trump pour­rait avoir vio­lé la loi sur le fi­nan­ce­ment de cam­pagne.

La somme, ver­sée un mois avant l’élec­tion pré­si­den­tielle de 2016, au­rait dû être in­té­grée dans les comptes de cam­pagne du can­di­dat ré­pu­bli­cain « car les fonds ont été uti­li­sés dans le but d’in­fluen­cer » le scru­tin, se­lon Com­mon Cause.

Le paie­ment à Mme Clif­ford « n’était pas une contri­bu­tion à la cam­pagne (de Trump) ou une dé­pense de cam­pagne de qui­conque », a-t-il sou­li­gné, sans pré­ci­ser les rai­sons de ce ver­se­ment d’ar­gent.

Mais l’ex­pli­ca­tion n’a pas sa­tis­fait Com­mon Cause. « La date et les cir­cons­tances » du paie­ment « donnent l’ap­pa­rence que l’ar­gent a été ver­sé à Mme Da­niels dans une ten­ta­tive d’in­fluen­cer l’élec­tion », a ré­af­fir­mé dans un com­mu­ni­qué Paul Ryan, un res­pon­sable de l’as­so­cia­tion.

« Les ques­tions sur ce paie­ment et les cir­cons­tances qui sont der­rières doivent avoir des ré­ponses, et sous serment », a-t-il ajou­té, de­man­dant à la Com­mis­sion élec­to­rale fé­dé­rale et au mi­nis­tère de la Jus­tice d’en­quê­ter.

Mi­chael Co­hen avait au­pa­ra­vant es­ti­mé que la plainte de Com­mon Cause n’avait « pas de base ju­ri­dique » et qu’il avait ré­pon­du à la Com­mis­sion.

De­puis les ré­vé­la­tions du Wall Street Jour­nal, Stor­my Da­niels est res­tée très éva­sive sur la réa­li­té d’une re­la­tion avec Do­nald Trump. Mais elle avait don­né sa ver­sion de l’his­toire dans une in­ter­view au ma­ga­zine In Touch pu­bliée seule­ment en jan­vier, mais réa­li­sée en 2011.

Se­lon le Wall Street Jour­nal, elle a confié en pri­vé avoir eu des rap­ports sexuels avec Do­nald Trump en juillet 2006, en marge d’un tour­noi hup­pé de golf près du lac Ta­hoe, une ré­gion tou­ris­tique à che­val entre la Ca­li­for­nie et le Ne­va­da.

Lors de la course à la Mai­sonB­lanche et de­puis qu’il est pré­sident, M. Trump a été ac­cu­sé par plu­sieurs femmes de har­cè­le­ment ou d’at­tou­che­ments sexuels re­mon­tant à des an­nées, des faits qu’il a niés en bloc.

Tou­te­fois, les faits pré­su­més concer­nant l’ac­trice por­no ne com­portent pas d’élé­ment de contrainte.

Du­rant la cam­pagne pré­si­den­tielle en 2016 avait été pu­bliée une vi­déo de 2005 dans la­quelle Do­nald Trump se van­tait de pou­voir « at­tra­per » les femmes « par la chatte » grâce à sa cé­lé­bri­té. Mais cet en­re­gis­tre­ment ex­plo­sif n’avait pas eu l’im­pact politique es­comp­té par de nom­breux ana­lystes, et le mil­liar­daire avait été élu quelques se­maines plus tard.

AR­CHIVES AFP

Le 12 jan­vier, le Wall Street Jour­nal avait af­fir­mé que Stor­my Da­niels avait été payée pour gar­der le si­lence sur une re­la­tion sexuelle avec Do­nald Trump alors qu’il était ma­rié à l’ac­tuelle Pre­mière dame, Me­la­nia.—

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