Une for­ma­tion sur me­sure

Le Quotidien - - LA UNE - MÉLYSSA GA­GNON mga­gnon@le­quo­ti­dien.com

La Com­mis­sion sco­laire De La Jon­quière lance un tout nou­veau pro­gramme de for­ma­tion pour opé­ra­teurs de ma­chines à coudre in­dus­trielles. En plus de don­ner un sé­rieux coup de pouce à l’in­dus­trie ré­gio­nale du tex­tile, aux prises avec un be­soin criant de main-d’oeuvre, sa mise en place pour­rait mettre la table à la re­lance de Confec­tion sur me­sure et re­touches, in­ter­rom­pue il y a quelques an­nées à la de­mande du mi­nis­tère.

Une pre­mière co­horte for­mée d’une di­zaine d’élèves a don­né le coup d’en­voi au cours à la mi­sep­tembre au CFP Jon­quière. Il s’agit prin­ci­pa­le­ment d’étu­diants qui sou­hai­taient re­tour­ner sur le mar­ché du tra­vail dans un do­maine d’in­té­rêt et re­ce­lant de bonnes pers­pec­tives d’em­ploi. Le dé­ploie­ment de la for­ma­tion de 420 heures, qui culmi­ne­ra en l’ob­ten­tion d’une at­tes­ta­tion en for­ma­tion pro­fes­sion­nelle, a été ren­du pos­sible grâce à un par­te­na­riat im­pli­quant le ser­vice aux en­tre­prises de la Com­mis­sion sco­laire De La Jon­quière et le Co­mi­té sec­to­riel de maind’oeuvre (CSMO) de l’in­dus­trie du tex­tile du Qué­bec, si­tué à Drum­mond­ville. Quatre en­tre­prises ré­gio­nales sont as­so­ciées au pro­jet: Per­séides 3D, SEFAR BDH, Po­laire + et Al­ti­tude concep­tion.

Pour être sé­lec­tion­nés, les can­di­dats de­vaient sa­tis­faire aux exi­gences des en­tre­prises par­te­naires, qui paient un sa­laire aux fu­turs opé­ra­teurs de ma­chines à coudre in­dus­trielles, en plus de leur ga­ran­tir un em­ploi une fois le di­plôme dé­cro­ché.

«Quand on don­nait la for­ma­tion pro­fes­sion­nelle en Confec­tion sur me­sure et re­touches, l’in­dus­trie nous ap­pe­lait quand elle avait des be­soins de main-d’oeuvre. Mais de­puis que le mi­nis­tère a interrompu le pro­gramme pour une éven­tuelle re­fonte, parce que ce do­maine est en mu­ta­tion, on ne pou­vait plus en­voyer per­sonne. On conti­nuait d’avoir des ap­pels, ce qui nous a fait prendre conscience qu’il y avait de vé­ri­tables be­soins en ré­gion. On a fait ap­pel au CSMO et on a dé­ci­dé de s’al­lier. Tout ça est par­ti de chez nous parce que des en­tre­prises de chez nous ont son­né la cloche», met en contexte Na­tha­lie La­rouche, agente de dé­ve­lop­pe­ment au Centre de for­ma­tion pro­fes­sion­nelle Jon­quière et au Ser­vice aux en­tre­prises.

SÉDUCTION RÉ­CI­PROQUE

Na­tha­lie La­rouche ex­plique que pour être ad­mis, les étu­diants, âgés de 19 à 60 ans, de­vaient réus­sir une en­tre­vue de sé­lec­tion et se faire em­bau­cher par l’une des quatre en­tre­prises as­so­ciées au pro­jet.

Il s’agis­sait d’un exer­cice de séduction ré­ci­proque puisque les can­di­dats avaient un droit de re­gard sur le lieu de for­ma­tion et leur fu­tur em­ployeur. Étant don­né que chaque champ d’ac­ti­vi­té et en­vi­ron­ne­ment de tra­vail est dif­fé­rent, et comme deux jour­nées par se­maine de for­ma­tion se dé­roulent entre les murs de l’en­tre­prise, il fal­lait un match par­fait.

Tous les can­di­dats ont trou­vé chaus­sure à leurs pieds. Cer­tains oeuvrent à la fa­bri­ca­tion de vê­te­ments spé­cia­li­sés pour les po­li­ciers et pom­piers, tan­dis que d’autres confec­tionnent des man­teaux d’hi­ver ou des filtres in­dus­triels.

«On vou­lait des gens qui n’avaient pas d’ex­pé­rience, mais

Quand on don­nait la for­ma­tion pro­fes­sion­nelle en Confec­tion sur me­sure et re­touches, l’in­dus­trie nous ap­pe­lait quand elle avait des be­soins de main-d’oeuvre. Mais de­puis que le mi­nis­tère a interrompu le pro­gramme pour une éven­tuelle re­fonte, parce que ce do­maine est en mu­ta­tion, on ne pou­vait plus en­voyer per­sonne. — Na­tha­lie La­rouche

qui avaient le goût d’al­ler en cou­ture. Notre but était d’al­ler cher­cher des gens qui étaient un peu plus éloi­gnés du mar­ché du tra­vail. On a fait de la pu­bli­ci­té et on a uti­li­sé Fa­ce­book pour an­non­cer la for­ma­tion. On s’est aus­si tour­nés vers le Centre lo­cal d’em­ploi. On s’est ren­du compte que sur le ter­ri­toire de Jon­quière, il y avait en­vi­ron 1400 per­sonnes qui étaient aptes à l’em­ploi, mais qui ne tra­vaillaient pas. On s’est dit ‘‘ils sont où ces gens-là?’’», pour­suit Na­tha­lie La­rouche.

Pho­tos Ro­cket La­voie

Les en­sei­gnants Guy­laine Des­su­reault et Claude Bra­det en­seignent le mé­tier d’opé­ra­teur de ma­chines à coudre in­dus­trielles à une nou­velle co­horte d’étu­diants du CFP Jon­quière.

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