Be­noît La­voie, luthier d’ex­cel­lence

Le Quotidien - - ENCORE PLUS - MY­RIAM AR­SE­NAULT mar­se­nault@le­quo­ti­dien.com

Pas­sion­né par la mu­sique de­puis son plus jeune âge, Be­noît La­voie, de Pe­titSa­gue­nay, est main­te­nant un luthier d’ex­cel­lence qui crée des gui­tares se­lon les be­soins de ses clients. Son se­cret? Il s’est as­so­cié avec un doc­teur en acous­tique et, en­semble, ils étu­dient la fa­çon dont le son se pro­page dans la gui­tare afin qu’elle sonne le mieux pos­sible.

Lors­qu’il était ado­les­cent, Be­noît La­voie avait des pas­sions hors du com­mun. Pas­sion­né par la sculp­ture, et mu­si­cien à ses heures, l’homme ré­pa­rait pour son plai­sir de vieux ins­tru­ments de mu­sique qu’il ra­me­nait chez lui. « Le tra­vail du bois m’a tou­jours in­ter­pel­lé. C’est Da­vid Gau­dreault, for­ge­ron pour les Ate­liers Bois de fer, qui m’a fait pen­ser à la lu­the­rie », a-t-il ra­con­té en en­tre­vue. De­puis ce temps, la pas­sion de la lu­the­rie ha­bite le coeur du Sa­gue­nois de souche. Afin de de­ve­nir réel­le­ment luthier, Be­noît a dé­ci­dé de ne pas prendre le che­min conven­tion­nel. Au lieu d’al­ler suivre des cours dans une école, il est de­ve­nu ap­pren­ti au­près d’Yvon Ro­bert, luthier bien connu de Saguenay.

Au dé­but des an­nées 2000, il a ren­con­tré Alex Bou­dreau, doc­teur en acous­tique. Grâce aux connaisses de M. Bou­dreau sur la science du son, le luthier pou­vait cor­ri­ger l’acous­tique de ses gui­tares. « On est tom­bés dans les re­cherches et on a tra­vaillé long­temps avec l’ima­ge­rie acous­tique », a ex­pli­qué le luthier.

Ils ont fait plu­sieurs tests pour dé­ve­lop­per la meilleure gui­tare acous­tique du mar­ché. Grâce à leurs tra­vaux, ils ont com­pris qu’ils de­vaient dé­pla­cer l’ou­ver­ture de la gui­tare, ha­bi­tuel­le­ment au centre. Sur le cô­té, ce nou­vel em­pla­ce­ment per­met­trait de créer plus de basses fré­quences à la source, et en plus, les mu­si­ciens les en­tendent mieux. « La lu­the­rie, c’est une équa­tion avec plu­sieurs pa­ra­mètres, et s’il y a un pa­ra­mètre dans le lot qui n’est pas le bon, le ré­sul­tat fi­nal ne se­ra pas là », sou­ligne le créa­teur.

DES GUI­TARES RÉFLÉCHIES

M. La­voie a par­ti­ci­pé à son pre­mier sa­lon de lu­the­rie, en 2012, afin de pré­sen­ter ses der­nières gui­tares à des ama­teurs. « La lu­the­rie, c’est un pe­tit monde. Sou­vent, les gens ont étu­dié en­semble et se connaissent tous. Moi, je suis ar­ri­vé de nulle part, comme un pe­tit nou­veau, avec des gui­tares qui son­naient très bien, grâce à toutes nos re­cherches en acous­tique », a re­la­té le père de fa­mille.

Sept de ses gui­tares ont été ven­dues lors de cette pre­mière dé­mons­tra­tion, alors que l’ar­tiste en fait seule­ment 12 par an­née. Ce fut un vé­ri­table suc­cès. Ses gui­tares sont simples, élé­gantes et per­for­mantes, le luthier por­tant tout au­tant d’at­ten­tion au son. L’acous­tique de l’ins­tru­ment est ana­ly­sée tout au long du pro­ces­sus d’as­sem­blage.

« Je pense que nous sommes les seuls au monde à cal­cu­ler le fac­teur Q. Ça nous per­met de connaître, se­lon l’éner­gie qu’on lui donne, ce que le bois va pou­voir nous rendre, et à quel type de re­gistre il nous le ren­dra », a ajou­té le luthier. Alex Bou­dreau a mis près de cinq ans pour dé­ve­lop­per ce cal­cul.

À L’IN­TER­NA­TIO­NAL

Le luthier se pro­mène main­te­nant à la gran­deur de la pla­nète, pour pré­sen­ter ses oeuvres d’art, qui sont aus­si utiles qu’élé­gantes. Il se rend en Al­le­magne, plu­sieurs fois aux États-Unis, et par­court le Qué­bec, afin d’ex­po­ser ses der­nières gui­tares.

« Ce n’est pas ce que je pré­fère. Je suis pas mal plus heu­reux quand je suis dans mon ate­lier avec un ra­bot et une pièce de bois », a ce­pen­dant lais­sé tom­ber l’ar­ti­san.

— PHO­TO LE PRO­GRÈS, JEAN­NOT LÉ­VESQUE

Be­noît La­voie s’im­plique dans toutes les étapes de la concep­tion des ins­tru­ments. Il crée les pièces à par­tir de mor­ceaux de bois qu’il as­semble en­suite.

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