L’in­té­gra­tion, la clé du suc­cès

Une tren­taine d’im­mi­grants à la re­cherche d’un em­ploi stable dans la ré­gion

Le Quotidien - - LA UNE - RO­GER BLACK­BURN rblack­burn@le­quo­ti­dien.com

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Ils étaient 32 im­mi­grants de toutes ori­gines, ven­dre­di, à l’hô­tel Le Mon­ta­gnais de Chi­cou­ti­mi, pour pas­ser des en­tre­vues avec des re­pré­sen­tants de 28 com­pa­gnies dif­fé­rentes, afin de pour­voir à des postes et de pal­lier le manque de main-d’oeuvre criant au sein des en­tre­prises ré­gio­nales.

Tao Zho Jun, un doc­teur en gé­nie mé­ca­nique ori­gi­naire de Chine et ins­tal­lé au Qué­bec de­puis quatre ans, ai­me­rait bien trou­ver un poste d’in­gé­nieur mé­ca­nique au Sa­gue­nay. Georges Om­bin­da, ori­gi­naire de la Ré­pu­blique du Con­go, pos­sède des qua­li­fi­ca­tions comme soudeur et ai­me­rait bien dé­ni­cher un em­ploi pour s’in­té­grer dans la ré­gion. « Dans mon pays, je vi­vais dans de grands es­paces avec des arbres. Je re­trouve ça ici, au Sa­gue­nay. Que ce soit dans une grande in­dus­trie ou une pe­tite en­tre­prise, l’im­por­tant, c’est de trou­ver sa place et de s’in­té­grer à la culture. Si d’autres im­mi­grants se sont adap­tés au froid, alors pour­quoi pas moi. Il suf­fit de s’ajus­ter et de se vê­tir en consé­quence », dit-il.

Ab­der­raz­zak Bou­gal­la, ori­gi­naire du Ma­roc, est prêt à s’ins­tal­ler au Sa­gue­nay avec sa conjointe et ses deux en­fants, s’il est en­ga­gé comme in­gé­nieur dans la ma­chi­ne­rie in­dus­trielle. « Ça fait quatre ans que je suis au Qué­bec. À Mont­réal, c’est dif­fi­cile pour un im­mi­grant de trou­ver un em­ploi. J’ai l’im­pres­sion que ce se­ra plus fa­cile en ré­gion », consi­dère le dé­ten­teur d’un bac­ca­lau­réat en gé­nie mé­ca­nique.

Isi­dore Dé­si­ré Mou­kam, spé­cia­liste en en­vi­ron­ne­ment, est ré­cem­ment ar­ri­vé au Qué­bec. Il a tra­vaillé pen­dant huit ans au Ca­me­roun et ai­me­rait faire de même, dans son do­maine, au Sa­gue­nay. « Ce n’est pas qu’un pro­jet d’em­ploi, c’est un pro­jet de fa­mille, un pro­jet de vie, avec mon épouse et mes trois en­fants », a-t-il com­men­té.

Iva­nei Frank, ori­gi­naire du Bré­sil, est au Qué­bec de­puis deux ans. Le spé­cia­liste en té­lé­com­mu­ni­ca­tion a tra­vaillé à Mont­réal, mais sou­haite s’ins­tal­ler en ré­gion, où le coût de la vie

est moins éle­vé.

TRIÉS SUR LE VO­LET

« Ce sont 32 per­sonnes triées sur le vo­let qui sont in­té­res­sées à s’éta­blir au Sa­gue­nay et qui cor­res­pondent aux be­soins des en­tre­prises sé­lec­tion­nées dans le cadre du pro­gramme Un em­ploi en sol qué­bé­cois, une ini­tia­tive de la Fé­dé­ra­tion des chambres de com­merce du Qué­bec », ex­plique Ka­ri­na Trem­blay, res­pon­sable des com­mu­ni­ca­tions à la Chambre com­merce et d’in­dus­trie Sa­gue­nay–Le-Fjord (CCISF).

« Ce sont prin­ci­pa­le­ment des im­mi­grants dé­jà ins­tal­lés au Qué­bec de­puis au moins cinq ans. Ils vivent dans la ré­gion de Mont­réal et pos­sèdent des com­pé­tences dans des do­maines par­ti­cu­liers. Ils ne connaissent pas beau­coup les ré­gions du Qué­bec. La dé­marche a donc pour but de les mettre en contact avec des em­ployeurs d’ici », fait va­loir Ka­ri­na Trem­blay.

« C’est une dé­marche sé­rieuse d’em­ploi et d’im­mi­gra­tion. Nous avons re­cru­té des tra­vailleurs au Sa­lon de l’em­ploi de Mont­réal. On leur a pré­sen­té la ré­gion et mon­tré les pos­si­bi­li­tés d’em­ploi. Nous avions le nom de 400 tra­vailleurs in­té­res­sés à ve­nir chez nous. Nous en avons fi­na­le­ment pré­qua­li­fié 32 qui avait un pro­fil in­té­res­sant et qui pou­vait ré­pondre aux be­soins des en­tre­prises », ex­plique San­dra Ros­si­gnol, di­rec­trice gé­né­rale de la CCISF.

Les can­di­dats sont ar­ri­vés à Ba­got­ville ven­dre­di ma­tin par avion. La plu­part parlent fran­çais et ont été in­for­més des réa­li­tés ré­gio­nales, comme le cli­mat, la langue et l’éloi­gne­ment des grands centres que sont Mont­réal et Qué­bec.

FREIN AU DÉ­VE­LOP­PE­MENT

Pour cette jour­née de re­cru­te­ment, 57 en­tre­prises de la ré­gion avaient ma­ni­fes­té leur in­té­rêt, et seule­ment 28 ont été re­te­nues, en fonc­tion des qua­li­fi­ca­tions des cher­cheurs d’em­plois.

Les re­pré­sen­tants de Cou­pe­sag et de PCP Alu­mi­nium es­pé­raient trou­ver des tra­vailleurs pou­vant com­bler leur be­soin. « Pour nous, pré­sen­te­ment, le manque de maind’oeuvre est de­ve­nu un frein à notre dé­ve­lop­pe­ment. On ne ré­pond plus à la de­mande et on com­mence à dire non à cer­tains pro­jets », confie Noé­mie Mo­rin, co­or­don­na­trice aux res­sources hu­maines chez Cou­pe­sag.

« Nous sommes confiants. Nous avons dé­jà des tra­vailleurs étran­gers et nous avons même re­cru­té en Tu­ni­sie ré­cem­ment. Il nous a fal­lu neuf mois de dé­marches ad­mi­nis­tra­tives pour trou­ver des tra­vailleurs », in­dique la femme d’af­faires.

Fré­dé­ric Dal­laire, de l’en­tre­prise Tur­bo MS, a un be­soin urgent de mé­ca­ni­ciens et de ma­chi­nistes. « Nous avons de la dif­fi­cul­té à ré­pondre à la de­mande de nos clients et nous vou­lons ou­vrir un en­tre­pôt à To­ron­to, fait va­loir l’em­ployeur. Nous avons dé­jà em­bau­ché un Mexi­cain, il y a un an. Plus ça va, plus il parle bien le fran­çais. Le couple a trois en­fants. Leur der­nière est née ici, au Sa­gue­nay. Il aime la ré­gion et son tra­vail. »

Ce n’est pas qu’un pro­jet d’em­ploi, c’est un pro­jet de fa­mille, un pro­jet de vie, avec mon épouse et mes trois en­fants. — Isi­dore Dé­si­ré Mou­kam

— PHO­TO LE PRO­GRÈS, MI­CHEL TREM­BLAY

Ab­der­raz­zak Bou­gal­la, ori­gi­naire du Ma­roc, est prêt à s’ins­tal­ler au Sa­gue­nay avec sa conjointe et ses deux en­fants.

MI­CHEL TREM­BLAY — PHO­TO LE PRO­GRÈS,

Pour cette jour­née de re­cru­te­ment, 28 en­tre­prises ré­gio­nales ont été re­te­nues, en fonc­tion des qua­li­fi­ca­tions des cher­cheurs d’em­plois.

PRO­GRÈS, MI­CHEL TREM­BLAY — PHO­TO LE

Les can­di­dats sont ar­ri­vés à Ba­got­ville ven­dre­di ma­tin par avion.

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