Une ré­fé­rence na­tio­nale

Le Quotidien - - ENCORE PLUS - MÉLYSSA GA­GNON mga­gnon@le­quo­ti­dien.com

Deux ans plus tard, la tem­pête du ver­glas a tou­ché des cen­taines de mil­liers de Qué­bé­cois. «On m’a en­voyée en Ou­taouais et en Mon­té­ré­gie pour dé­ployer des ser­vices et for­mer des bé­né­voles», met en contexte la di­rec­trice du ser­vice de ges­tion des ur­gences à la Croix-Rouge ca­na­dienne.

À par­tir de ce mo­ment, et dans la fou­lée du dé­pôt du rap­port Ni­co­let, après le dé­luge, il est de­ve­nu im­pé­ra­tif que le gou­ver­ne­ment du Qué­bec se dote d’un plan d’in­ter­ven­tion en bonne et due forme en cas de si­nistre ma­jeur. La CroixRouge, son sa­voir-faire et son ar­mée de bé­né­voles dé­voués sont de­ve­nus des in­con­tour­nables.

En 2000, Clau­die La­berge était ba­sée à Chi­cou­ti­mi. Ses pa­trons lui ont de­man­dé d’agir comme ex­perte-conseil en si­tua­tion d’ur­gence. Pen­dant un an, elle a fait la route Sa­gue­nay-Mont­réal pour oc­cu­per cette fonc­tion cen­trale au dé­ve­lop­pe­ment des pro­grammes de for­ma­tion et du re­cru­te­ment. C’était un rôle-clé pour celle qui était alors âgée de 36 ans.

«On as­sis­tait à un chan­ge­ment ma­jeur au Qué­bec. L’in­ter­ven­tion d’ur­gence de­ve­nait un pro­gramme phare. À l’époque, on cou­vrait à peu près 300 si­nistres par an­née. Il faut com­prendre que 90 pour cent de ces si­nistres sont des in­cen­dies ré­si­den­tiels. Même si ça peut pa­raître pe­tit, pour les per­sonnes af­fec­tées, qui se re­trouvent à la rue et par­fois sans as­su­rances, c’est une tra­gé­die», fait va­loir la di­rec­trice. À titre com­pa­ra­tif, ces si­nistres sont au­jourd’hui au nombre d’en­vi­ron 1100 an­nuel­le­ment, soit l’équi­valent de quatre par jour au Qué­bec.

NOM­MÉE EN 2008

Clau­die La­berge s’est his­sée à la barre de son ser­vice en 2008. Cinq ans plus tard, le dé­raille­ment d’un train à LacMé­gan­tic al­lait chan­ger le cours de sa vie. Ce fut une ex­pé­rience char­nière, au­tant au plan pro­fes­sion­nel qu’hu­main.

«Ç’a été mar­quant pour moi en rai­son de l’am­pleur des dom­mages, mais aus­si pour tous les im­pacts que cette tra­gé­die a eus sur la com­mu­nau­té. Ça a vrai­ment dé­mon­tré la force des lea­ders lo­caux. La mai­resse de l’époque, Clau­dette RoyLa­roche, a été l’une des per­son­na­li­tés les plus im­por­tantes que j’ai ren­con­trées dans ma car­rière. Elle est de­ve­nue une icône au Qué­bec et elle est re­con­nue par­tout dans le monde. J’ad­mire cette femme», confie Clau­die La­berge, qui ajoute que La Dame de gra­nit, comme on connaît main­te­nant l’ex-mai­resse, siège à cer­tains co­mi­tés de la CroixRouge ca­na­dienne.

Cinq ans après les évé­ne­ments de Mé­gan­tic, l’or­ga­nisme af­fiche tou­jours une pré­sence dans la mu­ni­ci­pa­li­té pour ai­der au dé­ploie­ment de pro­grammes psy­cho­so­ciaux en sou­tien aux vic­times.

Quand la tra­gé­die est sur­ve­nue, Clau­die La­berge était à Chi­cou­ti­mi et a gé­ré l’opé­ra­tion à dis­tance. Quatre jours plus tard, elle était dans l’oeil du cy­clone. Ja­mais elle n’ou­blie­ra les gens de l’en­droit.

«Ce n’est pas fi­ni. On est tou­jours pré­sents là-bas», dit-elle.

À l’époque, on cou­vrait à peu près 300 si­nistres par an­née. — Clau­die La­berge

— COUR­TOI­SIE

Le dé­luge du Sa­gue­nay fut sans contre­dit le si­nistre le plus mar­quant pour Clau­die La­berge, qui s’est ra­pi­de­ment re­trou­vée au coeur de l’in­ter­ven­tion de la Croix-Rouge.

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