Mike Ville­neuve, l’homme qui plan­tait des arbres

Le Reflet (The News) - - PORTRAIT - PROFILE -

Le pre­mier mi­nistre Jus­tin Tru­deau était au ren­dez-vous lors des High­land Games qui se tiennent chaque an­née à Max­ville dé­but août, sur une pé­riode de deux jours. Donc, en ce bel après-mi­di du ven­dre­di 4 août, la foule se pres­sait à l’en­trée prin­ci­pale, au­tour du Glen­gar­ry Sports Hall of Fame, es­pé­rant l’aper­ce­voir.

Par la même oc­ca­sion, j’ai eu le plai­sir d’in­ter­vie­wer Mike Ville­neuve, pré­sen­te­ment di­rec­teur des ter­rains et édi­fices ( Grounds & Buil­dings chair­man). M. Ville­neuve est un homme très spé­cial puis­qu’il est le seul fran­co­phone à di­ri­ger l’un des 50 co­mi­tés qui se réunissent men­suel­le­ment. De­puis 1979, M. Ville­neuve ha­bite, avec son épouse Su­san, une belle mai­son his­to­rique au centre du vil­lage de Max­ville. De­puis ce temps, il s’im­plique dans sa com­mu­nau­té. Grand et fort, dur à l’ou­vrage, c’est pour cette rai­son qu’il a d’abord été em­bau­ché aux Jeux en 1979. Né à Dun­ve­gan le 17 jan­vier 1953, sur la ferme fa­mi­liale, il était un ha­bi­tué du tra­vail ro­buste et des 100 mé­tiers. Le plus jeune d’une fa­mille de 10 en­fants (9 gar­çons, 1 fille), il a hé­ri­té de la mai­son de son père, à Max­ville, en 1979.

Son pre­mier em­ploi était avec Bell Ca­na­da, comme ou­vrier de ligne puis spé­cia­liste des fibres op­tiques pen­dant 31 ans. Il a en­tre­te­nu une pé­pi­nière à Four­nier pen­dant 11 ans, de 1995 à 2006, avant de la lé­guer à son fils. Me mon­trant au loin les beaux érables et frênes, son bras dé­cri­vant un de­mi-cercle, il a ra­con­té comment tous ces arbres avaient été plan­tés par ses soins sur les mon­ti­cules en­tou­rant l’ovale des Jeux. En 1979, il n’y avait que deux arbres sur ce vaste ter­rain ! Plus de 250 arbres ont été plan­tés de­puis... Ar­ri­vés à ma­tu­ri­té, ils em­bel­lissent le pay­sage en­vi­ron­nant par leur vi­ta­li­té et leurs belles cou­leurs. C’est la contri­bu­tion dont Mike est le plus fier, je crois. Il est donc connu ici comme «l’homme qui plan­tait des arbres».

Bé­né­vole, il a tou­ché à tout: pein­ture, érec­tion de clô­ture, etc. M. Ville­neuve se lève tôt le ma­tin, vers quatre heures, pour l’ar­ro­sage des 18 bacs à fleurs dis­sé­mi­nés à l’en­trée et au­tour du ter­rain, et voir à l’en­tre­tien du ga­zon, si né­ces­saire. Ce­la prend une à deux heures de son temps chaque ma­tin, en été sur­tout. Il doit faire ce tra­vail tôt puis­qu’en­suite il se rend à Cas­sel­man pour

Inau­gu­rés pour la 1re fois le 31 juillet 1948, les Jeux de Max­ville fêtent cette an­née leur 70e an­ni­ver­saire. Mike Ville­neuve, lui, y est em­bau­ché de­puis 1979. On le voit ici à bord de son ca­brio­let SSR jaune vif 2005. Grand ama­teur de mo­tos, M. Ville­neuve tra­vaille pré­sen­te­ment comme ven­deur au­to­mo­bile chez La­plante Che­vro­let Buick GMC de Cas­sel­man.

son em­ploi ré­gu­lier de ven­deur d’au­to­mo­biles et de ca­mions chez La­plante Che­vro­let Buick GMC. Semble-t-il que la re­traite n’est pas loin! Ce­pen­dant, Mike ne se­ra pas long­temps in­ac­tif...

Au bout d’une heure d’en­tre­vue, M. Ville­neuve m’a em­me­né en voi­tu­rette de golf vi­si­ter le Jar­din de la Mé­moire ( Me­mo­rial Gar­den) si­tué près de l’en­trée prin­ci­pale, non loin du Mu­sée des sports de Glen­gar­ry. Grâce à son ini­tia­tive, des ar­bustes ont été plan­tés en ce bel en­droit om­bra­gé où des bancs en gra­nite per­mettent aux vi­si­teurs de se re­po­ser. Dis­po­sés en de­mi-cercle, ces bancs ho­norent la mé­moire d’an­ciens di­rec­teurs des Jeux. Des plaques en gra­nite noir, dis­po­sées en de­mi-lune sur le sol, sont gra­vées au nom de per­sonnes qui ont lar­ge­ment contri­bué au suc­cès des Jeux au cours des ans.

Inau­gu­rés pour la 1re fois le 31 juillet 1948, les Jeux de Max­ville fêtent cette an­née leur 70e an­ni­ver­saire. Dans le Jar­din de la Mé­moire, une plaque com­mé­mo­ra­tive re­con­naît la contri­bu­tion de tous les bé­né­voles qui se sont suc­cé­dés sur ce très bel em­pla­ce­ment na­tu­rel. (Le sta­tion­ne­ment est gra­tuit dans les champs qui en­tourent cet im­mense «ter­rain de jeux».) Plus de 400 bé­né­voles se dé­vouent chaque été pour gé­rer cette grande en­tre­prise que sont de­ve­nues les Glen­gar­ry High­land Games de Max­ville. Les gens ar­rivent de par­tout pour par­ti­ci­per/ voir & en­tendre la cor­ne­muse, le vio­lon, les com­pé­ti­tions de danse écos­saise, etc. Par exemple, des bé­né­voles de la foire de Ri­ce­ville étaient très oc­cu­pés à di­ri­ger les ar­ri­vants vers les sta­tion­ne­ments ap­pro­priés. (La foire de Ri­ce­ville au­ra lieu pro­chai­ne­ment, soit les 25, 26 et 27 août 2017.)

M. Ville­neuve te­nait à sou­li­gner la par­ti­ci­pa­tion de tous ces gens. « Je ne suis pas plus im­por­tant que les autres ici, m’a–t-il dit sé­rieu­se­ment. Tout de même, je te­nais à men­tion­ner que je suis un cas spé­cial aux Jeux, le seul di­rec­teur fran­co­phone et le seul Ca­na­dien fran­çais à être élu comme pré­sident pour un man­dat de deux ans, soit en 2002 et en 2003. L’ex­pé­rience a été très en­ri­chis­sante. »

À ce su­jet, il m’a ra­con­té une anec­dote émou­vante. « Avec un nom comme Ville­neuve, évi­dem­ment que je n’avais pas de cou­leurs pour mon kilt. » Donc, Su­san et lui-même ont fait en­re­gis­trer, en Écosse, un très beau mo­tif de tar­tan bleu royal et rouge clair. Ces cou­leurs ont fait sen­sa­tion et, par la suite, ont été adop­tées comme cou­leurs of­fi­cielles des High­land Games de Max­ville. Le mot de la fin ap­par­tient à Mike: « Les fran­co­phones qui viennent ici une fois y re­viennent en­suite chaque an­née. » Il a bien rai­son: de­puis ma pre­mière vi­site en 2009, j’y re­viens avec bon­heur et en­thou­siasme chaque an­née ! Si­tués non loin de Cas­sel­man, Saint-Al­bert et Moose Creek, les Jeux de Max­ville nous per­mettent de voya­ger en Écosse à peu de frais. L’at­mo­sphère y est très spé­ciale, croyez-moi.

Pour ter­mi­ner cet après-mi­di en beau­té, j’ai eu droit à une pro­me­nade dans la cam­pagne en­vi­ron­nante à bord du su­perbe ca­brio­let SSR jaune vif 2005 de M. Ville­neuve (voir pho­to). Grand ama­teur de mo­tos, il a pos­sé­dé, jus­qu’à ré­cem­ment, une BMW 1250 Tou­ring, « la Ca­dillac des mo­tos », m’a-t-il dit avec fier­té. Ébou­rif­fée et éner­gi­sée par mon tour en dé­ca­po­table, je me suis ren­due au mar­ché lo­cal du ven­dre­di, près de la voie fer­rée, ache­ter un gâ­teau aux fram­boises et quelques sa­chets de la­vande. Mer­ci M. Ville­neuve pour un bel après-mi­di en­so­leillé passé en votre com­pa­gnie ! Mi­chelle Bé­lisle Col­la­bo­ra­tion spé­ciale au Re­flet

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