TRUMP DANS L’EAU CHAUDE

Do­nald Trump dé­nonce une «chasse aux sor­cières» après la pu­bli­ca­tion de mé­mos conte­nant des ren­sei­gne­ments com­pro­met­tants sur sa vie in­time, ses fi­nances et ses liens avec la Rus­sie

Le Soleil - - LA UNE - IVAN COU­RONNE Agence France-Presse

«Fausses in­for­ma­tions, une chasse aux sor­cières to­tale!» a ré­agi le mil­liar­daire sur Twit­ter, écri­vant la to­ta­li­té de son mes­sage en lettres ca­pi­tales.

La c haîne CNN et d’a ut r es mé­dias ont rap­por­té mar­di l’exis­tence d’un do­cu­ment de 35 pages, com­po­sé d’une sé­rie de notes da­tées de juin à dé­cembre 2016 et ré­di­gées par un an­cien agent du contre- es­pion­nage bri­tan­nique, ju­gé cré­dible par le ren­sei­gne­ment amé­ri­cain, pour le compte d’op­po­sants po­li­tiques à Do­nald Trump.

Se­lon ces mé­dias, dont CNN et le New York Times, les chefs du ren­sei­gne­ment amé­ri­cain ont pré­sen­té au pré­sident dé­si­gné un ré­su­mé de deux pages de ces 35 pages, en même temps qu’ils lui dé­taillaient leur rap­port, par­tiel­le­ment dé­clas­si­fié ven­dre­di, ré­ca­pi­tu­lant l’en­semble des opé­ra­tions russes de pi­ra­tage in­for­ma­tique et de dés­in­for­ma­tion aux États-Unis.

Le fait que ce ré­su­mé ait été pré­sen­té à Do­nald Trump, Ba­rack Oba­ma et plu­sieurs res­pon­sables du Congrès sou­ligne l’im­por­tance ac­cor­dée à ces do­cu­ments par les chefs es­pions.

Les 35 pages ont été pu­bliées mar­di par le site d’in­for­ma­tion Buzz­Feed, qui a ce­pen­dant pré­ci­sé qu’il n’était pas en me­sure de les au­then­ti­fier. Leur conte­nu n’a pas plus été cer­ti­fié par des sources of­fi­cielles. Les notes, qui cir­cu­laient par­mi les mi­lieux po­li­tiques et mé­dia­tiques à Wa­shing­ton de­puis plu­sieurs se­maines, dé­taillent no­tam­ment :

— des in­for­ma­tions pré­sen­tées comme com­pro­met­tantes sur Do­nald Trump, comme l’exis­tence al­lé­guée d’une vi­déo sexuelle fil­mée clan­des­ti­ne­ment lors d’une vi­site à Mos­cou en 2013 par les ser­vices russes dans le but d’en faire un moyen de chan­tage;

— des i nfor­ma­tions sur des échanges de ren­sei­gne­ments sup­po­sés pen­dant plu­sieurs an­nées entre Do­nald Trump, ses proches et l e Krem­lin, dans l es deux di­rec­tions.

« Ce ne sont que des sources ano­nymes » , a re­je­té Kel­lyanne Con­way, conseillère du ré­pu­bli­cain, sur NBC.

Mi­chael Co­hen, avo­cat du mil­liar­daire et vice-pré­sident de l’or­ga­ni­sa­tion fa­mi­liale, a re­je­té les notes qui évoquent à plu­sieurs re­prises et de fa­çon dé­taillée un voyage de lui-même à Prague fin août ou dé­but sep­tembre pour y ren­con­trer des in­ter­lo­cu­teurs russes. «Je ne suis ja­mais al­lé à Prague de ma vie», s’est-il dé­fen­du sur Twit­ter.

LIENS AVEC MOS­COU

Ces i nfor­ma­tions, mal­gré l es zones d’ombre, ont pro­vo­qué le trouble à Wa­shing­ton, et no­tam­ment au Congrès.

«Si ces al­lé­ga­tions d’une coor­di­na­tion entre la cam­pagne de Trump et des agents russes sont avé­rées, et les al­lé­ga­tions se­lon les­quelles les Russes ont com­pro­mis l’in­dé­pen­dance du pré­sident dé­si­gné Trump, ce se­rait vrai­ment cho­quant. Ce se­rait ex­plo­sif », a ré­agi sur CNN le sé­na­teur dé­mo­crate Ch­ris Co­ons.

— Do­nald Trump sur Twit­ter

L’an­cien porte-pa­role d’Hilla­ry Clin­ton, Brian Fal­lon, a ap­pe­lé le chef ré­pu­bli­cain du Sé­nat, Mitch McCon­nell, à au­to­ri­ser une com­mis­sion d’en­quête spé­ciale.

L’exis­tence de liens entre l’en­tou­rage de Do­nald Trump et le pou­voir russe avait dé­jà fait l’ob­jet de ru­meurs pen­dant la cam­pagne élec­to­rale, no­tam­ment via le rôle trouble d’un conseiller en po­li­tique étran­gère proche de Mos­cou, Car­ter Page.

L’ex- chef de file des sé­na­teurs dé­mo­crates, Har­ry Reid, qui avait ac­cès à des in­for­ma­tions clas­sées se­crètes, s’en était pu­bli­que­ment alar­mé à mots cou­verts au­près du di­rec­teur du FBI, James Co­mey, en août et en oc­tobre.

« Il est main­te­nant clair que vous pos­sé­dez des in­for­ma­tions ex­plo­sives sur les liens étroits et la coor­di­na­tion entre Do­nald Trump, ses proches conseillers et le gou­ver­ne­ment russe», a écrit M. Reid le 27 août, exi­geant le lan­ce­ment d’une en­quête par le FBI.

INIMITIÉ PER­SON­NELLE

Mar­di, le di­rec­teur du FBI, in­ter­ro­gé au Congrès, n’a ni confir­mé ni dé­men­ti l’exis­tence d’une telle en­quête.

Le consen­sus des ser­vices de ren­sei­gne­ment amé­ri­cain est que Vla­di­mir Pou­tine a or­don­né une cam­pagne d’in­fluence aux ÉtatsU­nis en pi­ra­tant no­tam­ment des cour­riels de res­pon­sables dé­mo­crates afin de dis­cré­di­ter Hilla­ry Clin­ton, en­vers qui il nour­ri­rait une inimitié per­son­nelle de­puis qu’elle a été chef de la diplomatie amé­ri­caine ( 2009- 2013), et afin de do­per les chances de Do­nald Trump.

Le suc­ces­seur de Ba­rack Oba­ma, élu en no­vembre, a fait cam­pagne en prô­nant un rap­pro­che­ment avec Mos­cou. Il a long­temps re­fu­sé d’ac­cep­ter la conclu­sion de l’ad­mi­nis­tra­tion Oba­ma sur l’in­gé­rence russe.

Après avoir re­çu le rap­port des ser­vices de ren­sei­gne­ment, ven­dre­di der­nier, il a ad­mis que la Rus­sie, par­mi d’autres ac­teurs éta­tiques et pri­vés, avait lan­cé des cy­be­rat­taques aux ÉtatsU­nis, no­tam­ment contre le Par­ti dé­mo­crate.

Le Krem­lin ré­fute ces ac­cu­sa­tions d’in­ter­fé­rence.

Ces dé­ve­lop­pe­ments de­vraient oc­cu­per une par­tie de la confér ence de presse que Do­nald Trump doit te­nir mer­cre­di ma­tin à New York, sa pre­mière de­puis son élec­tion.

Fausses in­for­ma­tions, une chasse aux sor­cières to­tale!

— AP PHO­TO AP, EVAN VUCCI

WA­SHING­TON — Les chefs du ren­sei­gne­ment amé­ri­cain ont in­for­mé Do­nald Trump la se­maine der­nière de l’exis­tence d’in­for­ma­tions com­pro­met­tantes qui au­raient été re­cueillies pen­dant des an­nées par la Rus­sie sur le mil­liar­daire ré­pu­bli­cain, et ras­sem­blées dans des notes confi­den­tielles cir­cu­lant à Wa­shing­ton. Plu­sieurs mé­dias amé­ri­cains ont rap­por­té mar­di l’exis­tence d’un do­cu­ment de 35 pages com­po­sé d’une sé­rie de notes re­cueillies par Mos­cou, da­tées de juin à dé­cembre 2016, et ré­di­gées par un an­cien agent du contre- es­pion­nage bri­tan­nique, ju­gé cré­dible par le ren­sei­gne­ment amé­ri­cain, pour le compte d’op­po­sants po­li­tiques à Do­nald Trump.

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