Les élus doivent «don­ner l’exemple»

Le Soleil - - ACTUALITÉS - JEAN-MARC SALVET jm­sal­vet@le­so­leil.com

Le mi­nistre Fran­çois Blais in­vite la classe po­li­tique à «bais­ser le ton» et à «mon­trer des signes d’ou­ver­ture». Son col­lègue Mar­tin Coi­teux af­firme qu’elle doit «don­ner l’exemple». Le res­pon­sable de l a ca­pi­tale na­tio­nale au sein du gou­ver­ne­ment Couillard se dit très in­quiet de­vant la mon­tée de l’in­to­lé­rance et l a per­pé­tra­tion de cri mes contre la com­mu­nau­té mu­sul­mane à Qué­bec.

« Ce sont des évé­ne­ments qui s’ad­di­tionnent et il y a des rai­sons en ce mo­ment de s’in­quié­ter dans la ré­gion de Qué­bec de tout ce qui s’est pas­sé de­puis quelques mois», a dé­cla­ré Fran­çois Blais en com­men­tant l’in­cen­die ayant dé­truit la voi­ture du pré­sident du Centre cultu­rel is­la­mique de Qué­bec.

Les res­pon­sables po­li­tiques doivent « ex­pli­quer aux gens la com­plexi­té des choses, l’im­por­tance d’al­ler vers les autres, de com­prendre et d’ac­cep­ter la dif­fé­rence. Ce sont des choses comme cel­les­là que la classe po­li­tique peut faire pour don­ner un coup de main».

La di­ver­si­té ne re­pré­sente ni une me­nace, ni un dan­ger, a-t-il te­nu à dire.

Le mi­nistre de l a Sé­cu­ri­té pu­blique, Mar­tin Coi­teux, a pris soin de pré­ci­ser que rien ne prouve en­core qu’il s’agit d’un crime hai­neux, mais que ce se­rait grave si c’était le cas. «Un crime, c’est inac­cep­table, mais un crime hai­neux, c’est en­core plus inac­cep­table», car il vise des gens pour leur ap­par­te­nance à une com­mu­nau­té, à une re­li­gion ou en rai­son de la cou­leur de leur peau, a-t-il ex­pli­qué.

Les res­pon­sables po­li­tiques doivent «don­ner l’exemple, c’est très im­por­tant », se­lon M. Coi­teux. Ils doivent «faire va­loir cette idée d’ou­ver­ture, de to­lé­rance et d’in­clu­sion».

Lui et M. Blais ont évi­té d’iden­ti­fier des res­pon­sables po­li­tiques qui n’agi­raient pas à leurs yeux comme ils le de­vraient.

DÉ­NON­CIA­TIONS ET IN­QUIÉ­TUDES

Pour le pé­quiste Jean-Fran­çois Li­sée, c’est «un geste de vio­lence inac­cep­table » qui a été com­mis contre l e pré­sident du Centre cultu­rel is­la­mique de Qué­bec, Mo­ha­med La­bi­di. C’est ce qu’il a dé­cla­ré sur Twit­ter en ap­pe­lant les Qué­bé­cois à être «unis dans la dénonciation».

En point de presse, M. Li­sée a évo­qué une éven­tuelle ré­cu­pé­ra­tion po­li­tique par ses ad­ver­saires de tels actes de vio­lence.

Dans un mes­sage éga­le­ment lan­cé sur Twit­ter, le chef de la Coa­li­tion ave­nir Qué­bec, Fran­çois Le­gault, a dit «dé­non­cer ce geste ré­pu­gnant ».

Qué­bec so­li­daire croit que le Par­ti qué­bé­cois et la Coa­li­tion ave­nir Qué­bec ont mi­ni­mi­sé la pro­gres­sion de l’ex­trême droite au Qué­bec. Aux yeux de la dé­pu­tée Ma­non Mas­sé, sa « mon­tée » est «in­dé­niable». Elle en ap­pelle à une mo­bi­li­sa­tion de la classe po­li­tique.

«Cette ac­cu­mu­la­tion d’in­ci­dents hai­neux en­vers la com­mu­nau­té mu­sul­mane de Qué­bec dans les der­niers mois est an­gois­sante. Estce que je dois rap­pe­ler que cette même com­mu­nau­té a été vic­time d’un at­ten­tat ayant coû­té la vie à six per­sonnes pas plus tard qu’en jan­vier der­nier?»

« Il ne fait au­cun doute que l’ex­trême droite existe au Qué­bec » , dit Ma­non Mas­sé en pres­sant tous les po­li­ti­ciens «d’agir ré­so­lu­ment contre la haine».

— PHO­TO LE SO­LEIL, CA­RO­LINE GRÉ­GOIRE

Com­men­tant l’in­cen­die ayant dé­truit la voi­ture du pré­sident du Centre cultu­rel is­la­mique de Qué­bec, le mi­nistre Fran­çois Blais s’est dit très in­quiet de la mon­tée de l’in­to­lé­rance dans la ré­gion de Qué­bec.

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